Il faut posséder un peu, voire beaucoup de folie pour se lancer dans la production simultanée de sept créations, et tout ça, dans l'espace d'un été seulement. L'homme de théâtre Jimmy Doucet est le premier à s'en amuser et c'est d'ailleurs cette belle folie qui semble propulser son équipe.

Jimmy Doucet et les sept pièces

Il faut posséder un peu, voire beaucoup de folie pour se lancer dans la production simultanée de sept créations, et tout ça, dans l'espace d'un été seulement. L'homme de théâtre Jimmy Doucet est le premier à s'en amuser et c'est d'ailleurs cette belle folie qui semble propulser son équipe.
Sans grande surprise, le temps est une ressource rare et précieuse pour Jimmy Doucet. Il était donc tout à fait logique qu'un des seuls moments dont il puisse bénéficier afin de s'entretenir avec le Progrès-Dimanche allait être sur la route, entre deux premières. Au bout du fil, Jimmy Doucet a levé le voile avec grand plaisir sur son parcours peu commun.
«Ç'a commencé avec des shows d'humour que nous faisions au secondaire, de se remémorer Doucet. Comme il y avait de la danse dans ces spectacles, les filles vendaient énormément de billets et on se retrouvait alors à jouer devant des assistances de 2000 et même 3000 personnes. Mes amis et moi, on faisait aussi de l'impro.»
Emporté par la fièvre de la scène, Doucet est bien décidé à faire carrière dans le théâtre. Inquiets par un tel choix professionnel, ses parents le mettent en garde. Afin de rassurer ses parents, le futur auteur se lance dans l'écriture et la production d'un premier spectacle, alors qu'il n'est âgé que de 18 ans. Il proposera ainsi deux représentations devant des foules très considérables à l'auditorium Jean-Dolbeau. L'opération aura évidemment réussi à convaincre les parents de Doucet.
Au fil des années, Jimmy Doucet met donc en place sa compagnie qui célèbre cette année ses 15 ans d'existence. S'étant taillé une place bien à part dans le milieu théâtral de la région, Doucet a donc construit son propre réseau en périphérie des autres productions. «Je n'ai pas décidé d'être à part du milieu théâtral. Ça s'est vraiment fait par la force des choses.»
De son propre aveu, Jimmy Doucet aime s'entourer d'artistes qui aiment vivre des expériences différentes, mais surtout, ne jamais perdre de vue que la priorité est d'avoir du plaisir en groupe. Cette énergie positive est d'ailleurs très palpable lorsqu'on assiste aux productions de l'équipe. «On oblige les employés à garder l'attitude la plus positive qui soit, sinon on ne peut pas faire ça!»
À cet effet, l'équipe de comédiens qui l'entoure a aussi la chance de s'investir complètement dans l'odyssée théâtrale de Doucet. L'imagination de ceux-ci est notamment mise à contribution dans l'écriture des nombreuses pièces du créateur. «Comme toutes les ententes avec les diffuseurs se signent principalement entre janvier et mars, et que nous ne sommes que deux à diriger la compagnie, Melissa Parent et moi, on doit tout d'abord s'occuper de toute la charge administrative que cela peut impliquer. À partir d'avril, je me lance dans l'écriture et j'aime avant tout m'inspirer des comédiens qui seront sur scène. C'est pourquoi dès le début des répétitions en mai, c'est très fréquent que selon le jeu des comédiens, je revienne plusieurs fois avec de nouveaux ajouts de textes. De plus, en tenant compte que je dois être à plus de 250 textes d'écrits en carrière, je dois être ouvert à un tel échange avec les comédiens si je désire me renouveler en tant qu'auteur. Évidemment, quand j'engage des comédiens, je prends bien le temps de les avertir que ma méthode de travail est vraiment absurde!»