Jean-Christophe Pedneault-Bolduc

Jean-Christophe Pedneault-Bolduc condamné à 90 jours de détention

Le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, envoie Jean-Christophe Pedneault-Bolduc derrière les barreaux pour une période de 90 jours de détention, lui impose 240 heures de travaux communautaires, lui donne une probation de trois années et lui interdit de conduite pour une période d'une année.
Le jeune homme a plaidé coupable à une accusation de conduite dangereuse causant des lésions, à un bris d'engagement et à un bris de probation. Il passera la prochaine période des Fêtes derrière les barreaux. Il y sera pour un total de 45 fins de semaine.
Me Mélanie Renaud, en défense, demandait une sentence suspendue et des travaux communautaires, alors que Me Jean-Sébastien Lebel, pour la Couronne, suggérait davantage neuf mois de détention.
«Si je devais envoyer M. Pedneault-Bolduc pour une longue période de détention, ça viendrait anéantir les efforts déployés depuis les 15 derniers mois. Ça pourrait faire en sorte qu'il redevienne égocentrique. Il s'est repris en main et a fait des efforts pour aller de l'avant. En raison de ses démarches exceptionnelles, j'estime que ça mérite une mesure exceptionnelle», a lancé le juge Daoust.
Dans la sentence (90 jours pour la conduite dangereuse et 60 jours pour les bris), le président du tribunal a tenu compte des 21 jours de détention effectués et de la thérapie de 30 jours. Le magistrat soutient que la preuve ne démontre pas que ce fut un geste volontaire
Le juge a précisé que la victime de cette malheureuse histoire a joué un rôle de premier plan dans la réhabilitation de l'accusé et elle a probablement contribué au fait qu'un événement comme celui-là ne se reproduise jamais.
Au moment de rendre la sentence, le juge Daoust s'est aussi attardé aux cinq rapports qui lui ont été soumis. Il a précisé que les conclusions sont solides dans la majorité des cas, que l'on peut noter la différence entre les premiers et les derniers rapports.
«Au début, on parlait d'un jeune homme qui avait bien des intentions, mais qui ne mettaient pas les efforts pour y parvenir. À la fin, on avait remarqué une prise en main, que les mesures carcérales l'avaient changé et qu'il était moins centré sur lui-même.»
«Quant au rapport de l'experte de la défense, Marie-Pierre Houde, je vais rester prudent avec ses conclusions. Je ne peux m'y fier, car elle n'a pas utilisé la bonne place pour dire que la prison n'est pas appropriée. Elle n'a pas raison de dire que les deux rapports présentenciels n'ont pas tenu compte des forces de l'accusé notamment», a conclu le juge.
L'accusé possède des antécédents de bris de probation et d'engagement et de conduite dangereuse alors qu'il était d'âge mineur, de même que de voies de fait et de bris chez les adultes.
«Je regrette ce qui s'est passé»
«J'aurais aimé ça que Marie-Kim soit ici afin que je puisse m'adresser à elle. Je ne pourrai probablement jamais le faire, mais je veux dire que je regrette ce qui s'est passé. Je lui souhaite le meilleur pour la vie et qu'elle puisse réaliser ce qu'elle veut.»
Jean-Christophe Pedneault-Bolduc s'est adressé au tribunal dans les heures qui ont précédé le prononcé de la sentence. Il a tenu à exprimer ses regrets.
«Marie-Kim, je la connais personnellement. J'ai vécu de beaux moments avec elle et je peux comprendre les problèmes qu'elle a vécus après l'accident. Je sais que le côté esthétique est important pour une femme et je sais qu'elle aura une cicatrice (lèvre) pour toujours», a ajouté le jeune homme de 22 ans.
Ce dernier dit ne pas avoir mesuré l'importance de la publication d'une vidéo où il s'est vidé le coeur, en reprochant une partie des événements à la victime. Il ne cache pas qu'il a agi égoïstement et n'a pas pensé aux conséquences de cette publication sur la victime.
Pedneault-Bolduc dit avoir compris bien des choses depuis les 28 derniers mois. Il affirme qu'il n'est plus le même individu qu'à sa première présence devant un tribunal. Il a pris de la maturité.
«Dans le passé, tout ce qui comptait, c'était de faire à ma tête. Je me foutais de tout, même des conditions de remise en liberté. Mais lorsque je me suis retrouvé seul en cellule en 2015, j'ai réalisé que ce n'est pas le mode de vie que je voulais avoir. J'y ai été durant 63 jours. J'ai eu le temps de réfléchir.»
«Je me suis rendu compte de tout le mal que je faisais autour de moi. Ma mère a fait une tentative de suicide lorsque j'étais en prison. Je sais que j'ai du potentiel pour réussir des choses dans la vie et c'est vers là que je veux aller», mentionne l'accusé.
Habitué à tout faire seul et à ne jamais demander d'aide, Jean-Christophe Pedneault-Bolduc a réalisé, derrière les barreaux, la véritable source de ses problèmes.
«Je n'arrivais pas à gérer ma colère et mes émotions. Des gens qui se font insulter, ça arrive tous les jours. On ne peut pas péter les plombs chaque fois. Je me suis réveillé à minuit moins une. Je crois que je peux avancer.»
«Je ne suis pas parfait, mais je veux m'améliorer. J'ai toujours eu une passion pour le hockey et j'ai toujours rêvé de jouer professionnellement. J'ai joué mon premier match où j'ai été rémunéré. J'en suis très fier», dit-il.