Jean-Pierre et Benoît Girard ont poursuivi la modernisation de la scierie acquise de leurs parents en 2002. Ils ont réalisé un investissement de 6 M $ (aucune subvention) pour moderniser la ligne principale de sciage de l'usine et ainsi optimiser de 12 à 15 % l'utilisation de la ressource.

Investissements de 6M$: la Scierie Girard accroît sa production

La Scierie Girard de Shipshaw a un nouveau coeur finlandais commandé par un cerveau beauceron. Des investissements de 6 M $ permettront d'améliorer significativement l'efficacité des opérations tout en augmentant de 12 à 15 % la production de bois d'oeuvre avec le même volume de matière première.
« On ne se lève pas le matin en disant qu'il faut investir 6 M $ pour le plaisir », mentionne Jean-Pierre Girard. La dernière crise du bois d'oeuvre a été difficile pour l'industrie et les entreprises ont réussi à garder la tête hors de l'eau sans être en mesure de procéder aux modernisations nécessaires.
Benoît Girard et son frère Jean-Pierre ont rapidement compris que pour traverser la prochaine crise et assurer la pérennité de l'entreprise acquise de leur parent en 2002, ils devaient moderniser la ligne de sciage principale de l'usine. Ils ont fait le tour du Québec pour évaluer les technologies disponibles sur le marché.
« Nous avons fait un choix en fonction des paramètres de nos approvisionnements forestiers. Pour le bois de petite taille, le fabricant HewSaw finlandais proposait la meilleure solution avec sa gamme R2001.1. C'est vrai que c'est une technologie finlandaise, mais elle est aussi équipée d'un système de contrôle (optimisation, informatique, robotique) québécois conçu par Prologic », explique Benoît Girard, qui dirige les opérations d'usine.
La nouvelle ligne de sciage a été mise en marche il y a à peine un mois et lors du passage du Quotidien, les opérations fonctionnaient rondement. Benoît Girard affirme que le démarrage de la nouvelle unité de sciage s'est bien déroulé malgré certains problèmes techniques mineurs. L'entreprise travaille à amener les équipements à leur productivité optimale tout en procédant à la formation du personnel.
Les spécialistes de la Beauce et de la Finlande sont quant à eux branchés en temps réel sur les équipements informatiques de l'unité de sciage afin de suivre l'évolution et d'apporter les correctifs nécessaires. Vendredi, la ligne de sciage transformait à la vitesse de 600 pieds linéaires minute (1200 arbres à l'heure). L'objectif est d'atteindre 650 pieds linéaires minute.
Le fonctionnement de la nouvelle ligne de sciage diffère des technologies traditionnelles. L'arbre entre dans la partie centrale de la ligne et est scié d'un seul trait par des rouleaux munis de scies multiples. Lorsque l'arbre sort au bout de la ligne, il est divisé en différentes dimensions en fonction de la taille du billot et de sa forme. Ce sont les équipements d'optique installés à l'entrée du billot sur la ligne qui communiquent en une fraction de seconde les commandes de sciage qui permettent d'utiliser au maximum la ressource pour la transformation en planches et madriers.
« C'est préférable de produire plus de bois d'oeuvre et moins de copeaux. Le marché des copeaux est difficile et les prix ont baissé alors que le prix pour le bois d'oeuvre est supérieur », affirme Jean-Pierre Girard.
Dans l'industrie forestière, les opérations d'usine constituent la seule étape où une entreprise est en mesure de contrôler la totalité de ses coûts de production. En amont, les opérations forestières sont soumises à des variables impossibles à prévoir et en aval, ce sont les lois du marché qui font foi de tout.
« Quand vous avez un été pluvieux comme l'an dernier, ça coûte une fortune de récolter et transporter le bois. Dans certaines circonstances, c'est la qualité du bois qui est problématique et ainsi de suite. »
La Scierie Girard a investi 6 M $ pour augmenter l'efficacité des opérations.
Du bois d'oeuvre prêt pour les grandes chaînes
La Scierie Girard de Shipshaw est la seule usine de transformation de bois au Saguenay qui est en mesure de livrer du bois d'oeuvre prêt pour les cours à bois des grandes chaînes de matériaux de construction.
L'entreprise possède des séchoirs ainsi qu'une usine de préparation.
Jean-Pierre Girard considère que cette réalité doit amener les élus à s'interroger sur ce que nous devons faire avec les volumes de bois toujours disponibles.
Il considère nécessaire de cesser d'autoriser la récolte de bois rond dans la région pour l'expédier vers des usines situées dans les autres régions.
«Lorsque nous laissons partir le bois rond à l'extérieur, nous exportons des emplois», dit Jean-Pierre Girard.
La Loi sur les forêts stipule que le gouvernement doit accorder des volumes de bois lorsque les usines sont en mesure de les transformer et non sur d'éventuelles promesses d'investissements.
L'entreprise de Shisphaw a réalisé les investissements nécessaires et aura besoin à terme de garanties d'approvisionnements additionnels qui se transformeront en emplois.
L'entreprise, avec ses opérations en usine et en forêt, génère 150 emplois directs ou près de 500 emplois directs, induits et indirects.
Un merci spécial à Serge Simard
Les propriétaires de la Scierie Girard ont tenu à souligner le travail du député de Dubuc, Serge Simard, qui a d'une certaine façon rendu possibles les investissements. Jean-Pierre Girard n'avait aucun problème à mettre en évidence le rôle joué par le député, qui a toujours accompagné l'entreprise auprès des instances gouvernementales.
Lors de la fermeture de la Scierie Saint-Fulgence, celle de Shipshaw comptait sur des garanties d'approvisionnement de l'ordre de 100 000 mètres cubes par année. Il n'est pas certain que les institutions financières auraient accepté de s'associer à un projet industriel de 6 M $ dans un secteur aussi difficile que celui de la forêt avec une garantie de seulement 100 000 mètres cubes de bois.
« Serge Simard a toujours été à nos côtés. Il a ouvert les bonnes portes quand c'était le temps et nous a permis de parler au ministre lorsque nous avons sollicité des augmentations d'approvisionnement. Aujourd'hui, nous avons une garantie d'approvisionnement de 170 000 mètres cubes et on peut opérer sur deux factions. »
Dans le secteur forestier, les garanties d'approvisionnement jouent pratiquement le même rôle que les quotas de lait pour les producteurs agricoles. La valeur d'une entreprise forestière est associée à ses droits sur la forêt publique.