Le journaliste du Quotidien a reçu un le premier appel téléphonique via la technologie LiFi au Saguenay. Il a été fait par Dany Pedneault, analyste en intégration de systèmes chez Devicom.

Internet par la lumière

Il arrive parfois de pouvoir assister à des démonstrations de nouvelles technologies. Souvent, c'est intéressant, mais sans plus. En de très rares occasions, on voit le futur. C'est justement ce que possède dans ses bureaux l'entreprise Devicom. Le nouveau gadget transmet Internet... par les lumières du plafond !
L'entreprise informatique d'innovation de la rue Racine à Chicoutimi a en main un prototype de la technologie Li-Fi, grâce à une collaboration établie avec l'entreprise montréalaise Global LiFi Tech. Le Li-Fi c'est comme du Wi-Fi (transmission sans fil), mais par la lumière. Et contrairement à la fibre optique, la lumière n'est pas transmise sur un support physique.
C'est ce capteur qui permet de transformer la lumière émise par l'ampoule en signal Internet. Éventuellement, ils seront intégrés dans les téléphones intelligents et les tablettes.
La technologie Li-Fi permet aussi la géolocalisation. Cette application est déjà utilisée dans certains musées français, car la tablette sait exactement sous quelle ampoule LED elle se trouve, ce qui permet à une application de jouer la vidéo appropriée à l'oeuvre.
Le Quotidien a assisté lundi à une démonstration faite par Dany Pedneault, analyste en intégration de systèmes, et Michel Gravel, leader en solutions d'affaires, tous deux chez Devicom. Il y avait au plafond une ampoule LED, tout à fait semblable à n'importe quelle autre ampoule. Sur la table, un petit capteur était relié à un ordinateur par un port USB. Une fois activé, le système permet une vitesse Internet d'un mégaoctet par seconde. Sur l'ordinateur jouait une vidéo sur YouTube, le tout sans fil. « Le débit va être de 20 mégaoctets dès cet automne », a annoncé Michel Gravel.
Le principe est le suivant. Lorsqu'un ordinateur transmet des données, il le fait avec une succession de 0 et de 1. C'est le même principe avec l'ampoule LED. Allumée, c'est un 1, éteinte c'est un 0. « Le LED peut ouvrir et éteindre à une vitesse non perceptible. En éteignant et ouvrant rapidement, on passe une panoplie d'informations. On peut faire fermer et ouvrir des ampoules des centaines de milliers de fois par seconde », a poursuivi M. Gravel.
Plusieurs applications
Ainsi, la technologie possède plusieurs utilisations possibles. « Le Wi-Fi, on vient avec une saturation des bandes passantes. En Li-Fi, on n'a pas d'interférences radio, car le spectre de lumières est plus large que les fréquences radio », a expliqué Dany Pedneault. Pour comprendre la saturation des bandes passantes, il suffit de voir à quel point les compagnies de téléphones cellulaires se battent pour obtenir des fréquences pour exploiter leur réseau.
Le Li-Fi offre aussi de grandes possibilités du côté de la sécurité. Comme la connexion Internet n'est accessible que sous la lampe DEL, il serait par exemple possible de ne plus devoir sécuriser des réseaux informatiques internes, comme dans une banque par exemple, car quiconque se trouverait à l'extérieur des murs ne pourrait tout simplement le capter d'aucune façon.
Aussi, dans le cas d'une ville intelligente poussée à l'extrême, tous les lampadaires pourraient offrir des connexions Internet, ou même des informations sur les horaires d'autobus, de déneigement ou autres.
Une démonstration mercredi
C'est pour semer des graines dans la tête des entreprises régionales que Devicom tiendra deux démonstrations mercredi. Elles auront lieu à 14 h et 17 h et il faut s'inscrire au préalable. « La première étape est de faire découvrir le produit. Si les clients trouvent des applications, la technologie va prendre son envol », a indiqué France Lavoie, présidente-directrice générale de Devicom, en ajoutant qu'il s'agit uniquement d'un prototype pour l'instant et qu'il n'est pas à vendre. Mais l'entreprise prépare simplement le futur...