Saint-Ambroise Mathieu Roy Hopéra Rang ouest Saint-AmbroisePhoto Rocket Lavoie

HopEra, la microbrasserie qui cultive ses légumes

L'autosuffisance alimentaire est de plus en plus populaire auprès des consommateurs et les dirigeants de la microbrasserie HopEra de Jonquière ne sont pas insensibles à ce phénomène. En effet, l'établissement met tout en oeuvre pour offrir ses propres produits à sa clientèle.
Les légumes récoltés par l'équipe de l'HopEra sont immédiatement utilisés pour des recettes afin qu'ils soient le plus frais possible.
Depuis près d'un an, l'équipe de L'HopEra a mis sur pied une production de légumes sous serre. «On veut s'assurer de la qualité des produits qu'on offre aux clients, explique le propriétaire de l'HopEra, Mathieu Roy. Les tomates qu'on achète au Mexique ou en Californie, on n'a aucun moyen de contrôler leur qualité.»
C'est sur le terrain de la ferme Accappella de Saint-Ambroise que les deux serres de la microbrasserie ont élu domicile. Depuis septembre 2016, les terres ont été labourées et l'équipe a fait l'acquisition de serres et d'équipements d'irrigation. Pour commencer, la microbrasserie vise essentiellement la production de légumes, notamment les tomates pour leurs sauces. Au total, près de 400 pieds de tomates poussent sous les serres, ainsi que des courgettes, des cornichons et des piments forts pour les sauces.
Plusieurs sortes de tomates sont plantées, dont les tomates San Marzano, idéales pour les sauces de pizza.
Impact environnemental
«C'est un gros projet, je ne savais pas trop dans quoi je m'enlignais au début, mais là on est extrêmement satisfaits. C'est un travail de tous les jours», décrit le propriétaire.
La plupart des plants ont été plantés début juin et la récolte a commencé début août. «On a déjà utilisé des tomates pour nos sauces, et là les courgettes que je récolte ce matin iront dans nos entrées du souper de ce soir», affirme Mathieu Roy pendant qu'il se faufile entre les plants de courgettes. Un système d'irrigation a d'ailleurs été installé sous les plants pour faciliter l'arrosage. De plus, un engrais dit «vert» est utilisé grâce à des plantes qui poussent sous la serre et qui vont produire un engrais naturel.
Partenariat
L'HopEra a conclu une entente de cinq ans avec la ferme Accappella pour l'installation des deux serres. Mathieu Roy espère que d'ici cinq ans, la microbrasserie aura atteint l'autosuffisance, même si ce n'est pas son objectif premier. «On sera sûrement devenus rentables d'ici là, mais ce n'est pas vraiment notre objectif. Nous on veut surtout s'assurer que nos produits soient de qualité supérieure et on veut être capables de contrôler ça», précise le propriétaire de l'HopEra.
Lors de l'installation en 2016, la microbrasserie a reçu l'aide des propriétaires des lieux, Jacynthe Martel et Rino Albert. «Quand on est arrivés, ils nous ont beaucoup aidés, ils ont même prévenu leurs amis qui sont venus pour l'installation aussi. On a reçu beaucoup d'aide», assure M. Roy, qui était néophyte dans le domaine de la production de légumes. La microbrasserie a embauché une jardinière pour s'occuper des plantations, faire du désherbage et s'assurer du bon développement des plants.
Pour l'instant, rien n'est spécifié dans les menus de l'établissement concernant la production locale qui en est à ses débuts, mais Mathieu Roy travaille sur des napperons qui expliqueront toute la démarche de l'HopEra. «C'est un peu comme un gros projet pilote. On a voulu explorer la faisabilité du projet et voir si on était capables de s'autosuffire, surtout en tomates pour nos sauces», conclut Mathieu Roy.
Des conserves à l'année
Afin de produire local à n'importe quelle période de l'année, l'HopEra prévoit faire de la fermentation et  mettre en conserve une partie de ses récoltes.
«On est conscients que l'autosuffisance est difficile à atteindre, mais ça fait 12 mois qu'on rêvait à ça», déclare le propriétaire de l'HopEra, Mathieu Roy. Le but des nouvelles installations est de s'autosuffire pour toute l'année. Pour ce faire, l'équipe fermente une partie de ses tomates afin de pouvoir l'utiliser l'hiver pour en faire des sauces. Les cornichons et les fèves sont aussi conservés pour une utilisation future.
Depuis bientôt un an, l'HopEra fait fumer ses viandes et ses poissons grâce à un fumoir installé dans l'établissement. «On fume nos produits, on commence aussi un peu la salaison des viandes», précise Mathieu Roy.
Pour continuer dans sa lancée du «fait maison», la microbrasserie projette peut-être de faire sa propre production de houblon pour le futur, mais ce n'est pas la priorité. «Le houblon c'est une autre science alors pour l'instant on se concentre sur les légumes. On est dans une optique de créer nos propres produits», conclut le propriétaire.