Finale en tirs de barrage

La région aura-t-elle perdu ses trois ministres après le dépouillement du scrutin, tard ce soir, ou les aura-t-elle échangés pour un candidat qui aspire à diriger l'État du Québec?
C'est la question qui surgit spontanément dans l'imaginaire collectif régional au terme d'une campagne électorale définitivement pas comme les autres. Le PQ occupait la pôle position le 5 mars dernier quand la première ministre Pauline Marois a déclenché les élections générales. Mais les machines des trois principaux partis ont circulé dans toutes les directions en heurtant de nombreux obstacles pendant que Québec solidaire, le parti de l'est montréalais, avançait à pas de tortue malgré l'impressionnante agitation verbale de ses deux leaders, Françoise David et Amir Khadir.
Le Québec des grands centres
Pour la première fois de l'histoire politique du Québec, la campagne électorale s'est concentrée dans la métropole et sa périphérie en raison surtout de l'attrait qu'exercent les réseaux d'information dont la direction est installée évidemment dans quelques tours du centre-ville de la métropole.
Si Québec et sa région ont mérité une attention soutenue, c'est essentiellement parce que les gens de notre Capitale nationale sont, en politique, d'éternels insatisfaits. L'appareil gouvernemental leur assure pourtant la stabilité économique. Mais même dans une situation de plein emploi, de la présence d'un chantier perpétuel consacré à peaufiner l'attraction de Québec, l'une des plus belles villes du continent, ils ne seront heureux... qu'au retour des Nordiques. Dans l'immédiat, ils savourent le privilège de préparer la présentation, au printemps 2015, de la grande finale de la Coupe Memorial.
Le comité de sélection a accordé sa préférence aux Remparts. Une autre victoire éclatante remportée aux dépens des Saguenéens qui avaient pourtant monté une organisation fort crédible sous la direction conjointe de l'architecte Roger Fradette et d'Étienne Jacques, le grand patron de Rio Tinto Alcan, Métal primaire. On voulait effacer dans le souvenir du réseau junior majeur canadien la douloureuse expérience de 1988 alors que Chicoutimi avait accueilli la Coupe Memorial, mais sans l'avantage de participer au tournoi. À l'époque, faut-il le rappeler, l'équipe hôte devait mériter sa place en remportant le championnat de sa ligue. Premier au classement général, les Saguenéens avaient été éliminés en séries éliminatoires. Depuis cette époque, l'équipe hôte participe automatiquement au tournoi de la Coupe Memorial.
Déçus, mais confiants
La déception s'estompera rapidement. D'abord parce que malgré les bonnes cartes que les Saguenéens détiennent pour effectuer des transactions avec des choix de première ronde, le doute persiste dans l'esprit des partisans qui ont assisté à une fin de saison désastreuse après le départ de Charles Hudon, Sébastien Sylvestre, Loïk Léveillé et Thomas Gobeil. Certes, Marc Fortier disposera d'éléments précieux l'automne prochain, mais suffiront-ils à la formation d'une équipe aussi flamboyante que celles des années 1990 qui ont bataillé à trois reprises pour la conquête de la Coupe Memorial sous l'autorité de Marc Tremblay, Benoît Boulianne et Yvon Bouchard?
Entre temps, constatons que ce deuxième refus de la LHJMQ nous laisse la grande consolation d'un Centre Georges-Vézina rénovée. Des améliorations majeures sont apportées aux chambres des joueurs, aux salles de toilettes et au Salon des visiteurs et des célébrités. La ville, propriétaire de la franchise, utilise ainsi à bon escient les quelque 2,5 millions$ que les propriétaires de l'équipe lui auront versés durant les cinq années de leur contrat de location.
Revenons à la campagne électorale qui aura infligé aux chefs un rythme infernal. Où puisent-ils une telle énergie? La soirée des élections sera palpitante, car tout peut se produire... même l'élection de Philippe Couillard à Roberval contre l'invincible Denis Trottier et la célébration d'un premier ministre dans une circonscription semi-rurale du Québec profond.
Une issue qui provoquerait tout un traumatisme au Plateau Mont-Royal. La campagne se termine en tirs de barrage. La victoire appartiendra au meilleur buteur.