L'entreprise Air Saguenay n'interdit pas l'accès au lac Sébastien. Le directeur Jean Tremlbay affirme que la mesure adoptée a pour but de contrôler l'accès à la mise à l'eau utilisée pour les hydravions et aussi contrôler d'une certaine façon le comportement des plaisanciers qui partagent le plan d'eau avec les hydravions.

Falardeau: l'accès aux lacs maintenant payant

Le dernier accès gratuit à un plan d'eau est devenu payant, à Saint-David-de-Falardeau, qui compte plusieurs lacs à proximité. Cette décision a été prise pour des raisons de sécurité et, d'une certaine façon, sans qu'il s'agisse d'une raison officielle, pour limiter le nombre d'embarcations de toutes sortes, dont les motos marines qui font un bruit assourdissant.
Grace Lapierre et Luc Gravel considèrent que les plans d'eau de Saint-David-de-Falardeau sont devenus inaccessibles pour les plaisanciers qui souhaitent faire du bateau.
C'est un couple installé depuis quelques années dans le rang 4 à proximité du lac Sébastien qui a informé Le Quotidien de cette situation. Ils ont appris avec surprise qu'ils allaient maintenant devoir payer 30 $ par jour pour utiliser la rampe de mise à l'eau de la compagnie d'hydravion Air Saguenay qui avait toujours accepté que les plaisanciers utilisent ces installations gratuitement.
« Ils ont tout simplement kidnappé le lac Sébastien. C'est ce qu'ils ont fait. C'est assez cher, 30 $ par jour et il faut que le bateau soit sorti pour 18 h », insiste Luc Gravel. Lui et sa conjointe, Grace Lapierre, ont même fait l'acquisition d'un bateau pour profiter du plan d'eau et n'ont d'autre choix aujourd'hui que de débourser 30 $ pour être en mesure de mettre leur bateau à l'eau.
Le couple espérait que le projet de construction d'un terrain de camping à proximité de leur résidence principale se réalise. Ils auraient de cette façon pu compter sur un accès public au lac Sébastien, mais la municipalité n'aurait pas été en mesure de s'entendre avec le propriétaire du Zoo de Falardeau, Daniel Gagnon, qui souhaitait agir à titre de promoteur pour développer cette infrastructure sur la cession ou la location des terrains.
Le site du camping est aujourd'hui à l'abandon et il ne reste que les fondations des bâtiments qui ont abrité le centre de recherche sur la tordeuse du bourgeon de l'épinette du docteur Smirnoff. Des gens ont depuis longtemps fait brûler ces bâtiments.
« L'été, à Saint-David-de-Falardeau, il y a des plans d'eau. Mais les gens du village ne peuvent plus en profiter sans avoir à payer. Ce n'est pas normal que les gens du village ne puissent pas avoir accès aux lacs qui appartiennent à tout le monde », reprend Luc Gravel.
Ce dernier ne nie pas le droit au propriétaire d'Air Saguenay de mettre des conditions pour l'utilisation de sa rampe de mise à l'eau. Il doute toutefois que l'action soit uniquement commandée pour des raisons de sécurité avec les hydravions. Il est persuadé qu'il y a une entente tacite avec les membres de l'association pour restreindre volontairement l'accès au lac Sébastien.
Plage sur les terrains de Résolu
Le couple avait aussi l'habitude de fréquenter un autre secteur du lac Sébastien. Il s'agit d'une petite plage située sur les terrains de la papetière Résolu qui exploite les centrales d'Adam-Cunningham et de Chute-aux-galets. La plage n'est maintenant plus accessible. Des patrouilleurs de la firme de sécurité privée Garda se rendent régulièrement dans le secteur pour surveiller les ouvrages et n'hésitent pas à ordonner aux personnes qui utilisent la plage de quitter les lieux puisqu'il s'agit d'un terrain privé.
Le couple a eu une autre surprise quand il a voulu brancher une roulotte sur les installations septiques d'un garage situé sur le terrain de leur propriété. « On a installé la roulotte pour recevoir notre fille et ses enfants pendant l'été. On a reçu une lettre de la municipalité qui stipulait qu'il était interdit de brancher notre roulotte à la fosse septique du garage et aussi qu'il était interdit de connecter l'eau de la résidence et l'électricité à la roulotte. Ça commence à faire beaucoup de restrictions », tranche Grace Lapierre qui n'écarte pas la possibilité d'aller s'installer dans un autre secteur comparable.
Air Saguenay est dans son droit
La mairesse de Saint-David-de-Falardeau, Catherine Morissette, respecte le principe de la propriété privée et considère que l'entreprise Air Saguenay est dans son droit quand elle réclame des frais de 30 $ par jour pour l'utilisation de sa rampe de mise à l'eau.
Dans le même élan, elle souligne que les personnes qui utilisent le camping l'Oasis géré par la municipalité doivent payer pour les terrains et ceux qui se rendent à la plage ont également à débourser un montant. La municipalité a jugé opportun d'imposer un tarif de 30 $ par jour pour l'utilisation de la rampe de mise à l'eau.
Catherine Morissette répondait ainsi aux arguments des citoyens qui dénoncent le fait que les accès publics gratuits pour les lacs ne sont plus disponibles dans la municipalité. À titre d'exemple, les mises à l'eau du Club de yacht de Chicoutimi, du lac Kénogami et de pratiquement toutes les mises à l'eau situées sur le pourtour du lac Saint-Jean sont accessibles à tout le monde gratuitement.
La mairesse ne démord pas du choix de la municipalité. Elle signale que les lacs cités par Le Quotidien sont de grands lacs alors que les lacs sont beaucoup plus petits dans sa municipalité. De plus, le lac Sébastien sert de base d'hydravion et pose donc un problème spécifique de sécurité.
La mairesse ne cache pas qu'il y a beaucoup de bateaux sur les plans d'eau et que ça cause certains problèmes. Par contre, il n'y a aucune réglementation quant à la puissance des moteurs.
Roulottes et installations septiques
Saint-David-de-Falardeau n'a pas l'intention de permettre le branchement de roulottes sur les installations septiques dans les secteurs de villégiature. Le directeur général de la municipalité, Daniel Hudon, insiste sur la Loi sur la qualité de l'environnement. Les certificats de conformité des installations septiques sont accordés en fonction du nombre de chambres dans une maison et il est tout simplement illégal de brancher une roulotte additionnelle.
La municipalité n'a pas plus l'intention d'aménager de mise à l'eau au lac Sébastien. Le projet du terrain de camping a été remis à plus tard, mais il y a toujours de l'intérêt pour ce site. La municipalité a effectivement refusé de céder gratuitement les terrains au promoteur. Elle voulait procéder par location.
Air Saguenay
Le directeur général et actionnaire d'Air Saguenay, Jean Tremblay, affirme qu'il n'avait plus le choix pour la rampe de mise à l'eau utilisée pour ses hydravions. Il a choisi d'imposer une tarification afin de mieux contrôler la circulation en bateau dans les corridors des hydravions.
« Ça n'avait plus de sens. Les gens se louent des motomarines et débarquent ici sans aucun contrôle. Ils circulent un peu partout et font des vagues quand ils arrivent à proximité des quais. Pour nous, c'est une question de sécurité et ce sont nos terrains », a déclaré Jean Tremblay.
Les personnes qui souhaitent avoir accès au lac ont maintenant l'obligation de respecter un certain nombre de comportements sur l'eau, dont celui d'éviter les corridors des appareils quand ils sont en approche ou au décollage.