Êtes-vous de ceux qui souhaitent changer d'emploi?

Les statistiques m'ont surprise. Cinquante pour cent des Canadiens veulent changer d'emploi et 60 pour cent des Québécois souffrent de «solitude de carrière». Est-il possible qu'autant de gens soient à ce point malheureux au travail? C'est pourtant ce que dit l'Ordre des conseillers d'orientation du Québec.
Le terme «solitude de carrière» m'était totalement inconnu jusqu'à ce que je tombe sur le communiqué transmis par les conseillers d'orientation qui tiendront, cette semaine, des ateliers pour aider les gens à faire le point sur leur situation professionnelle. Et ce que j'ai encore appris, c'est que ces 2,4 millions de personnes qui vivent cette «solitude de carrière» risquent de basculer du côté des 20 pour cent de travailleurs qui se trouvent en «souffrance de carrière». Une autre formule pour parler, cette fois-ci, de problèmes qu'on connaît bien, soit l'épuisement professionnel, la dépression et la difficulté de maintien en emploi. Peut-être êtes-vous de ceux-là?
25 ans... et une montre
En lisant l'info des conseillers en communication, cela m'a rappelé une conversation avec le vice-président d'une importante compagnie canadienne. Sa femme avait reçu une montre pour souligner ses 25 ans de carrière dans la même entreprise. En souriant, il me dit: «Moi, mon objectif est plutôt de changer 25 fois d'emploi au cours de ma vie professionnelle». La meilleure façon, selon lui, de vivre le «succès de carrière» une autre expression à la mode c'est de relever de nouveaux défis, d'où l'importance de ne pas s'incruster trop longtemps dans le même emploi. Facile à dire...
S'agissant de ce VP, dans la jeune cinquantaine, on comprend qu'il n'entre pas dans la même catégorie que la majorité des travailleurs. Il fait probablement partie des meilleurs talents dans son domaine recrutés par les chasseurs de têtes. C'est un cas rare. Reconnaissons que la plupart des gens ne sont pas dans la mire des conseillers en recrutement.
Au travail et heureux
Ceux qui ont la nausée à la seule pensée de rentrer au boulot le lundi matin tentent souvent désespérément de trouver un autre emploi.
À défaut d'un changement, persister dans son travail, tout en étant fonctionnel, peut représenter une rude épreuve. Apparemment, le présentéisme au travail tant qu'à être dans les termes à la mode coûterait 150 milliards$ aux entreprises américaines. C'est dire qu'il y a un nombre inouï de travailleurs qui se voient carrément ailleurs.
Le présentéisme, on l'explique comme étant l'envers de l'absentéisme. L'employé est présent physiquement, mais son esprit est ailleurs. Forcément, il est inefficace au travail. Ce phénomène serait aussi important sinon plus que l'absentéisme au travail. Pour un employeur, c'est franchement préoccupant parce qu'une entreprise, pour prospérer, a besoin d'un personnel productif. Pour l'employé, aussi bien dire qu'il vit un calvaire. Tout le monde est perdant.
Trouver un bon équilibre au travail semble de plus en plus complexe en raison des nouvelles technologies et d'un environnement de travail continuellement en changement et particulièrement exigeant. Il n'est pas rare de voir des quadragénaires vivre une crise professionnelle pendant que les quinquagénaires se sentent talonnés par une jeunesse fougueuse. Quant aux sexagénaires, qui ont souvent l'impression d'avoir été pressés comme des citrons pendant toute leur vie active, ils se sentent poussés vers la porte. Certains y sont préparés, d'autres entrent dans une période de déni, voulant rester dans le coup à tout prix.
Pas d'âge pour...
Selon les conseillers en orientation, il n'y a pas d'âge pour se maintenir en état d'équilibre au travail, il n'y a pas d'âge pour se questionner, il n'y pas d'âge non plus pour reprendre le pouvoir sur sa vie et établir des priorités. Ils avancent même que 80 à 85 pour cent des quinquagénaires ayant suivi une formation sur la recherche d'emploi après 50 ans en dénichent un. Quand même, il y a de l'espoir!
MAIRE OU DÉPUTÉ
Sous le coup de la colère, Jean Tremblay a lancé qu'il tenterait de déloger le péquiste Stéphane Bédard si son gouvernement limitait à trois le mandat des maires. Avec une cote de popularité toujours au zénith après quatre mandats, gageons qu'il lui donnerait du fil à retordre.