La formation Guerilla Poubelle souhaite notamment briser le mythe entourant le rapport de force entre les artistes et les fans.

Engagés pour la cause du punk

Fort de son dernier album intitulé Amor Fati, le groupe punk rock parisien Guerilla Poubelle est de passage dans la région pour deux soirs. Hier, ses membres étaient en concert à Chicoutimi et voilà que mardi prochain, ce sera au tour du Café du Clocher de les accueillir à Alma.
Till, le chanteur de Guerilla Poubelle, a accordé une entrevue téléphonique au Progrès-Dimanche alors que le groupe revenait tout juste d'un spectacle à Toronto. Jusqu'au 11 août prochain, la formation donnera donc plus de 30 concerts an Amérique du Nord, et ce, en à peine un peu plus d'un mois.
Au cours des dernières années, Guerilla Poubelle a multiplié les visites en sol québécois. Depuis son tout premier passage en 2005, le groupe collabore désormais avec l'étiquette québécoise Slam Disques, un joueur d'importance au sein de la musique indépendante. «On a rencontré l'équipe de Slam Disques en 2005 quand on a fait notre première tournée ici, de se remémorer Till. On avait tout fait nous-mêmes et on a fait la connaissance d'un groupe d'ici qui s'appelle Éric Panic. On avait fait quelques concerts avec eux et on avait bien sympathisé. Comme ils étaient chez Slam Disques, on a débuté ensemble une collaboration et ça fait déjà près de neuf ans que ça se poursuit et on espère bien que ça continuera ainsi.»
Malgré une armée de fans en France comme au Québec, Guerilla Poubelle rejette du revers de la main le mythe entourant la vie de musicien. Aux dires de Till, c'est une infime partie de l'industrie musicale qui peut se permettre de vivre selon les standards très glamours qui sont véhiculés. Aucunement amer quant à ce phénomène, le groupe assume très bien son choix de se tenir à l'écart d'un tel système. «Les seuls moments où je constate un certain choc des idées par rapport à notre positionnement, c'est lorsqu'au travail, je discute avec des collègues et qu'ils me font part de leurs souhaits que je puisse un jour vivre de la musique. Ils me demandent si on va passer un jour à la télé et si on a des groupies. Je leur réponds alors que ce n'est pas ça le monde de la musique. Enfin, pour 99% des gens qui font de la musique, tout ça n'existe pas!»
Selon Till, s'il y a un grand responsable quant à cette image faussée du monde de la musique, il s'agit des médias de masse. «Ils adorent entretenir ce mythe. Il y a toujours cette dissociation entre la réalité et le glamour. Et même en dehors de ça, qui a décidé que c'était un métier de faire le guignol avec une guitare? Il y a aussi tout ce mythe entourant le rapport de force entre les artistes et les fans qui ne devrait pas exister.»
Mardi soir, c'est donc en compagnie de la formation saguenéenne Crash ton Rock, Noé Talbot et d'Occult Tofu Soup que Guerilla Poubelle partagera l'affiche. Le coût d'entrée sera de dix dollars. Du coup, un tel tarif respectera les principes de Guerilla Poubelle, reconnu pour fixer des plafonds quant au prix d'admission lors de leurs concerts.