Le beurre a été vendu par la Commission canadienne du lait à la Fromagerie St-Laurent à la fin de 2016.

Du beurre américain au coeur de l'analyse

Un lot de 700 tonnes de beurre importé des États-Unis au début de 2016 par la Commission canadienne du lait est au coeur de l'analyse dans l'enquête menée par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) visant à déterminer les causes du rappel de trois marques de commerce produites par la Fromagerie St-Laurent de Saint-Bruno.
L'ACIA avait publié dans la première semaine de juillet un communiqué officiel pour le retrait préventif de certains lots de beurre portant les marques Perron, Beurre du Lac, St-Laurent et St-Laurent Léger et Nutrinor. Selon l'agence, ces produits présentaient un risque de présence de la bactérie Listeria monocytogenes à la suite de l'analyse de l'agence. Cette bactérie peut entraîner des problèmes de santé graves et des risques particuliers pour les femmes enceintes.
Selon la porte-parole de la Commission canadienne du lait, Chantal Paul, le beurre a été vendu par la commission à la Fromagerie St-Laurent à la fin de 2016. « Le beurre a été produit en octobre 2016 par l'un des plus importants producteurs de beurre des États-Unis », ajoute la porte-parole. 
Selon les informations recueillies par Le Quotidien, la Fromagrie St-Laurent a dû faire l'achat de beurre auprès de la Commission canadienne du lait pour combler ses besoins. Elle utilise le beurre en question qu'elle mélange à sa production avant de procéder au remoulage du produit fini et de l'emballer avec les étiquettes des différentes marques de commerce. Il s'agit d'un procédé généralisé dans l'industrie laitière canadienne depuis quelques années alors qu'une seule usine peut procéder à la préparation et l'emballage de plusieurs marques de commerce.
Dans la région, la Laiterie de La Baie est un important producteur de beurre. L'entreprise baieriveraine commercialise sa marque l'Étoile d'Or et produit une multitude d'autres marques pour des entreprises de l'extérieur de la région.
Dans le présent cas, la Commission canadienne du lait a importé un lot de beurre d'un exportateur américain avec qui elle a des relations d'affaires. La porte-parole mentionne que la commission a toujours en sa possession un certain nombre de caisses de beurre qui a été mis à la disposition de l'ACIA dans le cadre de son enquête. La commission loue des entrepôts et a des contrats avec les transporteurs pour la distribution des produits qu'elle doit importer pour combler la demande interne.
Toujours selon les informations obtenues par Le Quotidien, la Fromagerie St-Laurent aurait fait parvenir une mise en demeure à la commission. La porte-parole de l'organisme a confirmé la réception d'une correspondance de l'entreprise de Saint-Bruno sans toutefois préciser la nature de cette correspondance.
La réalisation de cette série de tests devrait permettre à d'identifier la source de la bactérie. La Commission canadienne du lait s'assure qu'elle importe des produits de qualité ayant fait l'objet de vérification et selon Chantal Paul, le test de détection de la listériose fait partie des exigences de la commission.
Par contre, il s'agit d'importation de milliers de tonnes de beurre par année depuis quelques années subdivisées en caisses de 25 kilogrammes (ou 56 livres). Ce ne sont évidemment pas toutes les caisses de beurre qui font l'objet de prélèvement aux fins d'analyses.
Le beurre importé par la commission pour compenser le manque de production de lait par les producteurs de lait canadiens est habituellement destiné aux très grandes entreprises de transformation.
« Dans notre jargon, le beurre importé va majoritairement aux surtransformateurs. Ce sont des entreprises qui l'utilisent à titre d'exemple dans des recettes pour la production de biscuits. Ou du fromage pour la production de linguine au fromage », précise la porte-parole de la commission Chantal Paul.
Le beurre est ainsi soumis à un traitement thermique qui fait en sorte d'éliminer la présence éventuelle de bactéries comme la Listeria. 
Ce n'est pas le cas quand il est tout simplement passé dans un mélangeur pour être remoulé et vendu sous des marques de commerce canadiennes comme c'est le cas avec les lots retirés du marché à la suite de l'intervention de l'ACIA. Le beurre est congelé et donc facile à conserver dans des entrepôts réfrigérés.
La Fromagerie St-Laurent n'a pas rendu l'appel du Quotidien.
L'enquête se poursuit
« L'enquête au sujet de diverses marques de beurre pouvant être contaminées par la bactérie Listeria monocytogenes se poursuit. L'ACIA travaille présentement avec l'industrie afin de s'assurer que les produits faisant l'objet du rappel soient retirés du marché. Aucun cas de maladie associé à la consommation de ces produits n'a été signalé », a déclaré au Quotidien Natasha Gauthier, des relations avec les médias de l'Agence canadienne d'inspection des aliments. Elle a ajouté que « l'enquête sur la salubrité des aliments pourrait entraîner le rappel d'autres produits. Tout autre rappel de produits à haut risque sera signalé au public au moyen d'une mise à jour de l'avis de rappel d'aliments »
Diminution significative
La Commission canadienne du lait a diminué significativement les importations de beurre au Canada. Selon les explications fournies par la porte-parole Chantal Paul, la production de lait a augmenté significativement depuis deux ans et l'industrie est donc en mesure de répondre à la demande pour le beurre. Il faut toujours une période de 18 à 24 mois d'ajustement entre la fluctuation de la demande en produits laitiers et l'ajustement de la production. L'augmentation de la production laitière passe par l'augmentation de quotas mis à la disposition des agriculteurs. Ces derniers doivent acheter le droit de produire pour augmenter leur livraison de lait. La règle du pouce dans l'industrie veut qu'il faille en moyenne 10 pintes anglaises de lait pour la production d'une livre de beurre.