Produits forestiers Résolu ralentit la cadence de production dans ses scieries du Lac-Saint-Jean et 1000 travailleurs seront touchés.

Des pertes de 47 millions $ pour Produits forestiers Résolu

Même si Produits forestiers Résolu a généré des bénéfices de 20 M $ dans le secteur du bois d'oeuvre, elle enregistre de pertes de 47M $ pour le premier trimestre 2017.
Il s'agit d'un des secteurs avec celui de la pâte commerciale qui ont montré les plus belles perspectives pour la multinationale. Et l'annonce de l'imposition d'une surtaxe sur le bois d'oeuvre par les Américains risque d'anéantir cette embellie causée par une augmentation des mises en chantier aux États-Unis.
« Cette situation cause beaucoup d'incertitude sur les marchés depuis l'annonce de l'imposition. On ne vend à peu près plus de bois, car tout le monde est un peu mêlé. Ça devrait se replacer, mais par contre ça demeure très préoccupant. On se retrouve dans une situation pas très confortable. Ce qui risque d'arriver, c'est que certaines compagnies vont essayer de vendre sur les marchés canadiens, ce qui devrait faire chuter les prix. Il risque d'avoir des réductions de faction dans les scieries et peut-être un retard dans les opérations en forêt », mentionne le président et chef de direction de PFR, Richard Garneau.
Il affirme que son entreprise se prépare à se défendre et démontrer que la surtaxe de 12,8 % n'est pas justifiée et « immorale ». Une soixantaine de personnes sont à rassembler les faits et développer les arguments qui permettront de démontrer que l'entreprise ne reçoit pas d'aide du gouvernement. « On va démontrer qu'ils ont sous-estimé les sommes de 16 M $ versées sur les droits de coupe notamment pour la SOPFIM et SOPFEU », exprime-t-il.
Tout n'est pas noir cependant. « Grâce à la réponse rapide du gouvernement du Québec à mettre en place un programme de garanties de prêt, nous allons pouvoir continuer à exporter aux États-Unis. Cette aide est primordiale et va nous permettre d'éviter des mises à pied massives. Ces mesures vont nous permettre de souffler et continuer à opérer et patienter d'avoir gain de cause dans cette crise du bois d'oeuvre et récupérer les sommes laissées en fiducie », exprime M. Garneau.
Le secteur Produits du bois a donc dégagé un bénéfice d'exploitation de 20 M $ pour le trimestre, ce qui représente une amélioration de 3 M $ par rapport au trimestre précédent. Les volumes expédiés ont augmenté, atteignant 505 millions de pieds mesure de planche (pmp), malgré les conditions météorologiques défavorables ayant entraîné des problèmes logistiques de livraison.
Papier surcalandré
Le secteur Papiers pour usages spéciaux a dégagé un bénéfice d'exploitation de 4 M $ au premier trimestre, soit 1 M $ de plus qu'au quatrième trimestre de 2016. Le prix de vente moyen a diminué de 6 $ par tonne courte, ce qui s'explique en grande partie par la baisse de la demande de papiers surcalandrés et de papiers couchés.
Richard Garneau n'est pas très optimiste pour ce secteur. « Les ventes sont très difficiles dans ce secteur, surtout avec la présence de l'usine Port Hawkesbury. De plus, avec la surtaxe qui nous est imposée pour le surcalandré, il est difficile d'être compétitif. Ça affecte nos usines de Dolbeau et Kénogami et on ne pourra pas maintenir la production bien longtemps, si ça continue », confirme-t-il.
Seule lueur d'espoir pour éviter des fermetures ; bénéficier des garanties de prêt qui ont été accordées pour le bois d'oeuvre. « Ça reste à discuter avec le gouvernement. Nous sommes très proactifs. On a besoin aussi cette aide, car ce sont près de 1200 travailleurs qui pourraient être touchés par l'arrêt de production de ces deux usines », précise-t-il.
Pâte commerciale
Un des points positifs de ces résultats financiers se trouve du côté de la pâte commerciale. Elle a généré un surplus de 7 M $, soit 3 M $ de plus qu'au quatrième trimestre de 2016. Les prix réalisés ont graduellement augmenté au cours du trimestre pour s'établir à une moyenne de 593 $ par tonne métrique. « La demande est excellente et les prix devaient encore augmenter pour quelques mois. C'est très positif, notamment pour notre usine de Saint-Félicien.
Finalement, le secteur du papier journal a enregistré une perte de 4 M $. Pour ce qui est du papier tissu, il n'y a pas eu de profit ni de perte. La compagnie compte beaucoup se démarquer dans ce secteur avec le démarrage de la machine à papiers tissus de l'usine de Calhoun (Tennessee).
1000 travailleurs touchés
Les effets de la crise sur le bois d'oeuvre se font sentir. Produits forestiers Résolu ralentit la cadence de production dans ses scieries du Lac-Saint-Jean et 1000 travailleurs seront touchés.
Les scieries de Girardville, Mistassini et Saint-Félicien verront le nombre de factions passer de quatre à trois pour une période de six semaines à partir du 15 mai. Les factions de rabotage aux usines de Normandin et Saint-Thomas-Didyme seront réduites de trois à deux pour une période indéterminée.
Aussi, les opérations forestières seront retardées de deux semaines. Elles devaient débuter le 15 mai, mais s'amorceront le 29 mai.
Résolu a pris cette décision pour s'ajuster au marché. « Il s'agit d'un ajustement que nous faisons dans nos installations qui sont reliées à l'instabilité sur les marchés qui a été amplifiée par l'imposition des droits compensatoire sur le bois d'oeuvre. Les acheteurs sont sur les freins. Il faut donc réorganiser la production, car les inventaires ont augmenté », a expliqué le porte-parole de la multinationale Karl Blackburn.
Ce sont donc environ 1000 travailleurs qui se retrouveront au chômage ou qui verront leur début de travail retardé.
Ce ralentissement touche aussi la Côte-Nord. La scierie de Chute-aux-Outardes subira un arrêt de deux semaines.
Des entreprises américaines plaident pour des exemptions sur le bois d'oeuvre
(Presse Canadienne) - Plusieurs entreprises américaines qui dépendent du bois d'oeuvre canadien affirment que des milliers d'emplois aux États-Unis seront menacés si le département américain du Commerce ne les exempte pas des droits majeurs imposés sur les importations du Canada.
Les propriétaires américains de trois entreprises et fabricants de cadres de lit qui transforment le bois de cèdre jaune en produits haut de gamme ont appelé le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, à les exempter des droits compensatoires d'environ 20 pour cent et d'autres mesures imminentes antidumping sur les importations canadiennes.
Sans une exemption, ces entreprises affirment qu'elles seraient contraintes d'augmenter significativement leurs prix, risquant un déclin des ventes et des pertes d'emplois.
Stephen McLaughlin, vice-président chez Tempur-Pedic, une entreprise établie au Kentucky, a soutenu que des perturbations, même temporaires, « élimineraient des emplois aux États-Unis et nuiraient à la stabilité financière du secteur de fabrication de matelas ».
Ces entreprises ont affirmé que les scieries aux États-Unis ayant lancé l'action sur le front commercial contre le Canada appuient leur requête, mais le gouvernement a indiqué qu'il ne répondrait pas avant d'avoir livré ses décisions finales sur les droits compensatoires dans environ cinq mois.