De jeunes garçons disent avoir été abusés par Sébastien Tremblay. Des allégations que conteste l'ancien moniteur du camp de vacances.

Des jeunes «agités» et un «arrogant»

C'était au tour de la défense, jeudi, de faire entendre ses témoins dans le procès du moniteur de nuit du Centre du Lac Pouce, Sébastien Tremblay, accusé de contacts sexuels et de voyeurisme sur huit jeunes garçons. Deux anciens collègues de « Pellicule » sont venus raconter l'ambiance qui régnait le soir du mercredi 31 juillet 2013 dans le chalet principal du camp de vacances. Il s'agirait de la veille des dénonciations des jeunes contre l'accusé, si on se fie au témoignage d'une monitrice, entendue l'automne dernier. Des jeunes se sont plaints à elle le matin du 1er août 2013.
« Il y en a seulement un qui parlait. Il m'a dit que "Pellicule" était allé le voir lorsqu'ils se sont couchés. "Pellicule" leur a flatté le dos ou le ventre, je ne me souviens plus, et il serait descendu plus bas, sans en dire plus », a expliqué « Cheerios », dans son témoignage entendu le 7 octobre dernier au Palais de justice de Chicoutimi.
Les moniteurs « Bonzaï » et « Buzzer » ont quant à eux raconté les événements survenus la veille, avant leur départ du camp. Les deux ont indiqué que les enfants de la chambre numéro 8 étaient particulièrement turbulents. En moins d'une trentaine de minutes, les moniteurs ainsi que « Pellicule » ont dû intervenir près de cinq fois pour les calmer. Les jeunes voulaient d'ailleurs fermer complètement la porte, ce que le règlement du Lac Pouce interdit. Selon le témoignage de « Buzzer », « Pellicule » aurait même prévenu les enfants qu'ils devaient laisser la porte ouverte, car ça serait « dangereux pour son emploi ».
« Les enfants étaient plus agités. C'était difficile de faire de la discipline. Un était même arrogant. Il riait de l'autorité. On a dû intervenir à plusieurs reprises », a raconté « Bonzaï ».
Les deux moniteurs n'ont toutefois pas commenté les gestes reprochés à Sébastien Tremblay. Ils ont quitté les lieux aux alentours de 22 h, cette soirée-là, laissant le moniteur de nuit seul sur les lieux.
Sébastien Tremblay témoignera pour la première fois, vendredi matin, devant le juge Paul Guimond.