Pour conserver sa position comme chef de file et pour s'assurer une place dans le marché mondial, l'Usine Alma se spécialise dans les produits d'aluminium à valeur ajoutée, c'est-à-dire qu'ils demandent un peu plus de manipulation.

Dans les murs de l'Usine Alma

Au cours des 13 dernières années, plus de 7000 personnes ont pu découvrir les installations de Rio Tinto à Alma.
Parmi toutes les usines de la multinationale dans le monde, l'aluminerie d'Alma est la seule à permettre des visites gratuites de ses bâtiments, pour que la population puisse découvrir ses opérations. Du lundi au vendredi, deux fois par jour, une dizaine de personnes peuvent donc visiter les installations de la compagnie.
Les visites sont offertes en partenariat avec l'organisme Tourisme Alma. D'après la coordonnatrice au tourisme, France Coulombe, il existe un véritable engouement pour le tourisme industriel. 
« L'idée était un peu de développer notre patrimoine industriel. En 2003, lorsqu'on a commencé les visites, on avait déjà développé l'Odyssée des bâtisseurs. Donc le partenariat avec Rio Tinto venait compléter cette offre-là, pour montrer comment la région s'est développée, et comment on se développe encore », explique Mme Coulombe.
Comme la plupart des visiteurs sont originaires de l'extérieur du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le guide fait également un retour sur l'histoire de l'usine et la place de l'aluminium dans l'économie de la région.
Puisque l'usine est toujours en fonctionnement, Tourisme Alma et Rio Tinto ont dû trouver le moyen de faire voir le plus de choses possible aux visiteurs, tout en garantissant leur sécurité et en s'assurant de ne pas nuire aux opérations.
« Il y a une relation de confiance qui a été établie à travers les années. C'est un partenariat qui est peu commun, alors pour nous c'est important de conserver cette confiance. On le fait en étant rigoureux, en s'assurant de respecter les normes de sécurité. On applique les règles qui nous sont imposées tout le temps », assure la coordonnatrice au tourisme.
L'activité, d'une durée de deux heures environ, permet aux visiteurs de découvrir les endroits où se déroulent les principales opérations de l'usine. Dès le début de la visite, le guide leur explique quelles sont les règles de sécurité à respecter, et donne à chaque personne un casque, des lunettes de protection et une veste orange fluo.
Le point de rencontre étant aux bureaux de Tourisme Alma, c'est en autobus que le groupe se rend à l'usine. Une fois sur place, les visiteurs commencent par découvrir l'endroit où sont construites les anodes, de gros blocs composés d'un mélange de coke et de brai (deux substances dérivées du pétrole), qui produisent la chaleur nécessaire à la transformation de l'alumine en aluminium en se consumant.
Même si on ne peut pas entrer dans ce bâtiment directement, on peut voir, de l'extérieur, les anodes et la structure qui permet de les descendre dans les cuves. Le tout est plus grand qu'un homme, et lorsqu'on apprend qu'il y en a 20 par cuve, on réalise l'ampleur des opérations qui se déroulent à l'usine.
Puis, les visiteurs peuvent voir l'une des quatre salles de cuves, où se déroule le processus de transformation d'alumine en aluminium. Cette fois, on peut entrer brièvement dans la bâtisse et voir l'effet du champ magnétique utilisé pour chauffer les anodes dans les cuves. Chaque participant se voit en effet remettre une chaîne en métal et peut s'amuser à tester les différents objets autour de lui. Les visiteurs sont seulement à l'entrée du bâtiment, mais le guide, lui, peut s'approcher d'une cuve avec sa chaîne pour démontrer que plus on s'approche des cuves et du centre, plus l'effet est important.
Ensuite, le guide dirige le groupe dans le secteur des fours, où l'aluminium en fusion est transféré dans de gigantesques fours, pour ensuite être transformé dans les différents produits offerts par l'Usine Alma. Lors de la visite du Quotidien, le groupe a justement pu voir la manoeuvre être réalisée. C'est ainsi que la visite se termine.
« En 2016, on a pu faire une étude d'achalandage pour avoir un bon portrait de notre clientèle. On a remarqué que 93 % des gens qui viennent font la visite pour la première fois. Il y a donc un engouement qui est toujours là et la clientèle se renouvelle chaque année ! Et évidemment, il y a des retombées économiques dans le milieu. Juste pour les visites de Rio Tinto, on parle de plus de 270 000 $ qui sont des retombées directes dans le réseau commercial et d'hébergement au Saguenay-Lac-Saint-Jean », conclut France Coulombe.
Une dizaine de personnes ont participé à la visite des installations de l'usine d'Alma. Tous ont reçu l'équipement sécuritaire nécessaire pour l'activité.
Depuis quelques années, René Marchand assure l'animation lors des visites de l'Usine Alma.
De nouveaux employés, dont des étudiants
L'usine Rio Tinto d'Alma a procédé à l'embauche de 24 nouveaux employés depuis le début de l'année, en plus de 45 étudiants pour l'été.
« L'Usine Alma a bientôt 17 ans et a déjà vécu plusieurs cycles. On entre maintenant dans un autre cycle, avec une campagne de réfection de cuves qui va commencer prochainement. Cette campagne a des retombées tangibles et nous a permis de générer de nouvelles embauches », explique le directeur de la division, André Martel.
En plus des nouveaux emplois chez Rio Tinto, le projet de réfection des cuves, utilisées pour transformer l'alumine en aluminium, a permis à une firme externe qui s'occupe du projet d'embaucher une soixantaine de personnes.
Pour ce qui est des emplois étudiants, le programme s'adresse à tous les jeunes qui sont inscrits à des cours universitaires à temps plein. « C'est vraiment pour tout le monde et ce n'est pas pour aller chercher de futurs travailleurs, explique André Martel. En fait, ce qu'on veut, c'est donner la chance aux jeunes de subvenir à leurs besoins pendant l'année scolaire. »
Des étudiants de tous les domaines ont donc pu participer à une pige, pour ensuite travailler pendant tout l'été dans différents postes au sein de l'entreprise. Les autres usines de Rio Tinto dans la région offrent également ce programme. En tout, une centaine d'étudiants dans tout le Saguenay-Lac-Saint-Jean travaillent pour la multinationale pendant la saison estivale.
Selon André Martel, l'Usine Alma, qui utilise la technologie AP-30, continue de développer de nouvelles technologies, ce qui aide, dit-il, à consolider les emplois. « Les investissements qu'il y a eu l'année dernière nous permettent de continuer à développer nos produits et nos façons de faire, ce qui nous permet de rester chef de file dans notre créneau au niveau mondial. Ça nous permet de concrétiser les emplois actuels et d'en ajouter de nouveau. C'est vraiment le constat qu'on fait cette année », ajoute-t-il.
« On compte à peu près 830 employés qui travaillent pour nous. Ce sont des employés Rio Tinto et on a également une panoplie de prestataires de services qui nous donnent des services directement à l'intérieur de l'usine ou par leurs entreprises dans la région », explique André Martel.
L'usine de Rio Tinto produit entre 460 000 et 470 000 tonnes d'aluminium par année et l'usine comporte environ 432 cuves.
« On est très axés sur le produit de valeur ajoutée dans les marchés de niche, comme des tiges spécialisées pour des applications électriques, des lingots en T, des barres omnibus, qui sont un nouveau produit qu'on a commencé à développer cette année et qui nous permettent de nous démarquer dans de nouveaux marchés. Ça nous a permis d'aller chercher de nouvelles ressources », mentionne le directeur de l'usine.
Le directeur de l'usine d'Alma de Rio Tinto, André Martel, estime que l'entreprise a amené plusieurs retombées positives dans la région.
La coordonnatrice au tourisme de l'entreprise Tourisme Alma, France Coulombe, estime que le partenariat entre son organisme et Rio Tinto nécessite une très bonne relation de confiance.
Investissements
Au début du mois de juin, le PDG de Rio Tinto, Jean-Sébastien Jacques, était de passage au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il avait alors assuré que l'aluminium était important, que c'était l'un des pôles majeurs de l'entreprise.
« La situation économique, au niveau du marché global, continue d'être plus difficile. Jean-Sébastien Jacques a mentionné que des investissements se feraient lorsque la situation allait être plus favorable, et je pense que c'est à ce moment-là que la direction va devoir décider à quel endroit se feraient les investissements », ajoute André Martel.
L'Usine Alma attend depuis le début des années 2000 des investissements pour réaliser la phase II de son aluminerie, qui permettrait d'augmenter sa capacité de production.