Jocelyn Robert et Pauline Lapointe assument la présidence et la vice-présidence de Culture Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ils préparent le 40e anniversaire de cet organisme, qui sera célébré l'an prochain.

Culture Saguenay-Lac-Saint-Jean: 40 ans d'arts, ça se souligne

Culture Saguenay-Lac-Saint-Jean prépare son 40e anniversaire, qui sera célébré l'an prochain. Au lieu d'organiser un party, le personnel et les membres du conseil d'administration participent à une série de rencontres avec les groupes qu'ils représentent. Elles ont pour but de cerner leurs besoins, d'identifier quelles priorités mériteront d'être portées à l'échelon suivant: les instances politiques.
«Par souci d'efficience, nous donnons la parole au milieu. Nous sommes prêts à nous remettre en question pour que l'équipe réponde encore mieux aux besoins», a expliqué le président Jocelyn Robert lors d'une entrevue accordée au journal. Il précise que les premières rencontres ont eu lieu à l'automne, tandis qu'une nouvelle séquence, engagée récemment, a permis de recueillir des commentaires à Chicoutimi, Saint-Félicien et bientôt à Alma (le 21 mars à 19h, au 20 rue Saint-Joseph).
Parmi les sujets qui semblent porteurs de changements, il mentionne les tables de compétences. Elles fonctionnent bien, mais il y a des secteurs qui restent à couvrir, notamment le patrimoine. Le rôle public de Culture Saguenay-Lac-Saint-Jean est aussi remis sur la table. Y a-t-il trop d'interventions ou pas assez? Sont-elles suffisamment appuyées? «Nous sommes en réflexion là-dessus. Exercer du leadership peut passer par la prise de parole», avance Jocelyn Robert.
Un autre désir exprimé par la direction se rapporte au recrutement. On croit qu'il y aurait moyen d'attirer plus d'individus et d'organismes, alors que les effectifs plafonnent à 200. Dans la même foulée, l'ancien Conseil régional de la culture estime que le moment est venu de hausser son profil et, partant, celui du secteur qu'il représente.
«Nous devons nous affirmer davantage. Dans la région, il y a 2000 travailleurs culturels et ils génèrent un chiffre d'affaires supérieur à celui du monde agricole. De surcroît, la culture est un secteur en croissance, un milieu d'entrepreneurs, de compagnies qui sont responsables de leur développement, autant que de leur gestion», plaide Jocelyn Robert.
Rebâtir les ponts
Enracinée dans le Haut-du-Lac, plus spécifiquement à Dolbeau-Mistassini, la vice-présidente Pauline Lapointe insiste sur une autre priorité: le partage du savoir. «On veut éviter le travail en silo. Il faut travailler pour contrer l'isolement», fait-elle observer. La même logique incite Jocelyn Robert à insister sur l'arrimage des différents territoires, ainsi que de leurs activités. «Chacun possède ses réseaux, ses scènes et ses points forts», énonce-t-il.
Des secteurs ont connu une croissance spectaculaire depuis la fondation du Conseil régional de la culture, les cas les plus évidents étant ceux du cinéma, du théâtre et des arts visuels. Le contexte actuel n'est pas idéal, cependant, en raison des compressions qui ont été imposées par le gouvernement du Québec et de la mise au rancart de la Conférence régionale des élus, un précieux interlocuteur qui avait l'avantage de rameuter l'ensemble des décideurs politiques.
Prenant acte de cette disparition, le président parle de rebâtir des ponts, une MRC à la fois. Des échanges ont été engagés à cette fin, mais le travail n'est pas complété, loin s'en faut. «Nous devons mieux faire connaître la culture au niveau politique et pour y arriver, nous nous associerons à des organisations bien implantées dans leur milieu», annonce Jocelyn Robert.