Mélanie Joly était de passage à Saguenay jeudi.

Crise des journaux: la politique connue en septembre

Mélanie Joly refuse pour l'instant de promettre une aide financière aux journaux, se limitant à dire qu'elle ferait connaître sa position en septembre.
«Notre question fondamentale comme gouvernement, c'est comment on peut s'assurer d'avoir un secteur journalistique qui est fort tout en maintenant son indépendance», a répondu la ministre du Patrimoine canadien, laissant sous-entendre qu'un financement d'Ottawa direct ne serait pas la solution.
La ministre reconnaît que les journaux connaissent une baisse importante des revenus, mais elle a tenu à ajouter que la radio est en augmentation au pays, tout comme les plateformes numériques.
«Il va de soi que pour nous les médias sont importants. Ils jouent un rôle important pour la démocratie. On investit de deux façons, via Radio-Canada/CBC et par le Fonds des périodiques du Canada. À la fin septembre, je vais arriver avec une vision pour les secteurs autant de l'information que du divertissement», a-t-elle répété.
Une crise des revenus frappe actuellement les médias écrits, entre autres, alors qu'un glissement des revenus publicitaires se fait au profit des géants d'Internet, comme Google et Facebook. 
Rappelons qu'au cours des dernières années, le Saguenay-Lac-Saint-Jean a vu disparaître les journaux Le Réveil et Le Courrier du Saguenay, alors que Le Quotidien a retranché une journée de publication. 
Récemment, le Comité permanent du patrimoine canadien a déposé un rapport sur la question. Il avait mené des consultations pendant plus d'un an sur l'accès aux médias locaux et régionaux et sur la concentration des médias ainsi que leur numérisation.
À Silicon Valley
Mélanie Joly s'est rendue à Silicon Valley en mai pour rencontrer les responsables de Google, Facebook et Netflix, pour entamer «une conversation» avec eux. «L'objectif est d'avoir des ententes avec ces plateformes», a-t-elle spécifié. Par contre, elle a rappelé qu'il n'est pas question pour son gouvernement de taxer ces diffuseurs de contenu numérique pour financer la création de contenu canadien. «On est contre une taxe à Netflix», a-t-elle exposé. Elle entend aussi travailler fort avec sa collègue Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères, pour préserver la clause d'exception culturelle lors de la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain qui approche. Cette clause permet de protéger l'industrie culturelle en ne la soumettant pas aux dispositions incluses dans l'ALÉNA.