Le fer est la principale activité de Rio Tinto.

Charge fiscale de Rio Tinto: en baisse partout sauf au Québec

Au cours des six dernières années partout dans le monde et au pays, Rio Tinto a payé de moins en moins de taxes, impôts et redevances aux gouvernements en raison principalement de la baisse du prix du fer. Cependant, la charge fiscale est demeurée stable au Québec, avec sa spécialisation sur la production d'aluminium.
C'est ce qui ressort d'une compilation effectuée par Le Quotidien à partir des rapports publiés par la multinationale chaque année sur son site Internet. Ces documents annuels en anglais sont intitulés Taxes paid et indiquent les montants payés aux différents gouvernements à travers la planète. Les six derniers sont toujours disponibles (de 2011 à 2016). Tous les montants sont en dollars américains.
Ainsi, Rio Tinto avait payé près de 11 milliards de dollars en taxes et impôts partout sur la planète en 2011. Cinq ans plus tard, ce montant atteignait un peu moins de quatre milliards. 
«Les impôts sur le revenu payés et les redevances payées qui se calculent sur le profit ou sur le prix de vente sont directement liés au prix des ressources. Le fer est le principal produit vendu par Rio Tinto, suivi par le cuivre et par l'aluminium (bauxite et aluminium). Le prix du minerai de fer (livré en Chine) qui était de 160$ américains par tonne a baissé jusqu'à 46$. Il est actuellement d'environ 63$. La baisse du prix du fer explique l'essentiel de la baisse des taxes et impôts payés par Rio Tinto», a répondu par courriel Claudine Gagnon, directrice Relations médias et communications pour le Canada chez Rio Tinto.
Situation semblable
Au Canada, la situation a été semblable alors que le prix du fer a eu un impact majeur, particulièrement à Terre-Neuve-et-Labrador. En 2011, Rio Tinto avait versé un quart de milliard de dollars au gouvernement terre-neuvien. L'an dernier, ce montant avait chuté à 25 M$, soit 10 fois moins. Rio Tinto produit du fer à son installation de Mines IOC à Labrador City. La seule autre installation reliée au fer au Canada est le complexe portuaire située à Sept-Îles. 
Le total en taxes, impôts et redevances versés à tous les paliers au Canada est passé de 709 M$ en 2011 à seulement 249 M$ l'an dernier, soit une baisse de 65% en cinq ans. Il faut noter cependant que la multinationale a bénéficié d'un retour d'Ottawa de 31 M$ en impôts corporatifs en 2016. Auparavant, elle avait payé 75, 90, 153, 223 et 187 millions lors des cinq années précédentes.
Le Québec à part
Au Québec, le montant payé aux divers paliers de gouvernement (Québec, municipalités et commissions scolaires) en 2016 a été à la hauteur de la moyenne des six dernières années, soit 173 millions de dollars, alors que la moyenne était de 172,5 M$. La plus grosse année fut 2013 avec 229 M$ et la plus petite, 134 M$, en 2011. Dans la province, Rio Tinto compte surtout sur sa division aluminium. En plus de son port de Sept-Îles, elle exploite le complexe métallurgique de Fer et Titane à Sorel-Tracy, de même qu'une mine d'ilménite à Havre-Saint-Pierre.
La baisse au Canada et à la stabilité au Québec ont amené la part payée dans la province à augmenter fortement depuis. En 2011, Rio Tinto avait fait au Québec (province, municipalités et commissions scolaires) 18,9% de ses paiements pour tout le Canada. En 2016, c'était près de 70% de tout l'argent versé au Canada qui avait abouti au Québec.
Transparence
Selon Claudine Gagnon, l'entreprise se fait un devoir d'être transparente sur ce qu'elle paie aux gouvernements. «Il est très important pour nous de respecter les lois et de payer les impôts que l'on doit payer. Rio Tinto a été un précurseur dans la publication des sommes payées aux gouvernements. Nous produisons notre rapport sur les impôts payés depuis de nombreuses années», a-t-elle fait part.
Retenues à la source: hausse dans la province
Depuis 2011, les retenues à la source sont en baisse de 13 % parmi toutes les entreprises qui sont la propriété de Rio Tinto sur la planète. Par contre, au Québec, elles sont en hausse de 8,67 % par rapport à 2011, mais stables en comparaison à la moyenne des six dernières années.
En 2011, les employés de la multinationale avaient payé un total de 1,62 milliard de dollars américains contre 1,41 l'an dernier. Au Québec, le chiffre est passé de 150 M $ à 163 M $, pour une moyenne de 162 M $. 
Cet indicateur permet grossièrement d'évaluer la taille de l'effectif de la multinationale ainsi que la courbe des salaires. Fait à noter, le chiffre n'inclut pas les retenues à la source des sous-traitants engagés par Rio Tinto, a confirmé la porte-parole, Claudine Gagnon. D'après elle, la baisse s'explique non pas par une diminution d'employés dans les installations existantes, mais plutôt par une diminution du nombre d'unités exploitées par la minière. « Rio Tinto a vendu certaines unités d'affaires situées à l'extérieur du Canada. Les unités d'affaires canadiennes qui ont été vendues étaient relativement petites par rapport aux alumineries ou aux mines exploitées par Rio Tinto au Canada et au Québec », a indiqué Mme Gagnon. Selon elle, les principales ventes se sont produites dans la production d'aluminium aux États-Unis ainsi que dans la production de certains types de charbons aux États-Unis et en Australie.
Impôts élevés
La part du montant payé au Canada est plus élevée que la part du nombre d'employés au total dans le monde. « Parmi les pays où l'on fait affaire, le taux d'impôt sur le revenu des particuliers au Canada est le plus élevé », a poursuivi la porte-parole. À titre comparatif, Rio Tinto a payé 215 M $ au gouvernement chilien en 2016 et les retenues à la source n'étaient que de 16 M $.
25 M $ à Saguenay
Depuis 2012, les montants payés par Rio Tinto à Saguenay et Alma ont été stables.
Rio Tinto a fait des paiements approximatifs de 26, 31, 33, 27 et 25 millions (évalués en dollars américains dans les rapports) à Saguenay. Pour Alma, ils furent de 10, 11, 11, 11 et 9 millions. À titre de comparaison, le district de Kitimat, en Colombie-Britannique, a reçu 11 millions en 2016.
La multinationale possède trois alumineries à Saguenay (Arvida, Grande-Baie et Laterrière, en plus de l'Usine Vaudreuil) et une à Alma, tout comme à Kitimat. À Saguenay, elle possède les centrales Chute-à-Caron et Shipshaw ainsi que celle d'Isle-Maligne à Alma. L'aluminerie de Kitimat bénéficie de la centrale Kemano. Il ne faut pas oublier également les installations portuaires à La Baie et les voies ferrées de Roberval-Saguenay.
Dans la région en 2016, Rio Tinto a payé également des montants aux commissions scolaires Rives-du-Saguenay, De La Jonquière, du Lac-Saint-Jean, à la MRC du Fjord-du-Saguenay et à la municipalité de Sainte-Monique. Les rapports annuels publiés font état de sommes arrondies à un million, mais les montants précis ne sont pas fournis.
Dans 24 pays
Partout dans le monde, Rio Tinto possède des installations liées à la production de fer, d'aluminium, de cuivre, de diamants, d'énergie, de charbon, d'uranium et de sel entre autres. En 2016, elle a payé des sommes à pas moins de 24 pays. Les pays sont en ordre de sommes payées (par la compagnie et les employés) l'Australie (3,6 G$US), le Canada (650 M$), la Mongolie (228), le Chili (218), les États-Unis (201), l'Afrique du Sud (117), la Guinée (68), le Royaume-Uni (66), la France (61), Singapour (25), l'Islande (17),la Namibie (15), la Nouvelle-Zélande (15), le Brésil (13), les Pays-Bas (10), le Pérou (10), la Chine (5), l'Inde (4), le Japon (4), la Belgique (4), Madagascar (3), l'Allemagne (1), la Suisse (1) et l'Indonésie.