Les opérations de l'usine Lajoie-Somec de Canmec, située sur le boulevard Saint-Paul, seront déménagées d'ici le 14 juillet prochain.

Canmec: vingt employés mis à pied

Les opérations de l'usine Lajoie-Somec de Canmec seront transférées dans les deux autres usines du groupe. Vingt employés perdent leur emploi.
Après 20 ans de discussions et de rencontres, une entente a été conclue entre Canmec et la Ville de Saguenay. Le bruit, la poussière et le va-et-vient de camions lourds perturbaient la quiétude des résidants du secteur depuis 1992. Le déménagement se fera au plus tard le 14 juillet prochain et Saguenay déboursera un montant de 500 000 $ pour aider la compagnie à déménager ses opérations (voir autre texte).
L'usine Lajoie-Somec est située sur le boulevard Saint-Paul, à proximité de la rue Voltaire. Possédant des droits acquis pour y mener des opérations industrielles, Canmec était en droit d'y opérer son usine. Toutefois, au fil des années, le carnet de commandes s'est garni et les opérations se poursuivaient souvent 24 heures sur 24. 
« J'essaie de régler ce problème depuis 20 ans. L'entreprise a toujours été très coopérative, mais la direction avait le droit de gérer son usine, rien ne l'obligeait à déménager », a expliqué le conseiller municipal du secteur, Jacques Cleary, lorsque rencontré par Le Quotidien, vendredi matin. 
Règlement
La Ville venait tout juste de faire adopter le règlement lors d'une séance du conseil exécutif. 
« Les résidants étaient à bout de nerfs et on les comprend. C'était 'bing bang' jour et nuit. On a longtemps essayé de trouver des solutions, mais déménager une industrie lourde, ce n'est pas une mince affaire. Mais là, c'est signé », a ajouté le maire de Saguenay, Jean Tremblay.
Les opérations devraient déménager dans l'une des deux autres usines du Groupe Canmec. L'une est située sur le chemin des Chutes à La Baie et l'autre sur la rue La Grande, dans le parc industriel de Chicoutimi.
Les employés oeuvrant dans la division Lajoie-Somec ont été rencontrés au cours de la journée de lundi, afin de leur annoncer la nouvelle. Certains seront transférés dans les deux autres usines, mais 20 travailleurs ont appris qu'ils perdaient leur gagne-pain. 
« Malgré tous les efforts déployés au cours des ans pour minimiser l'impact de ses activités industrielles sur les résidants à proximité, la cohabitation n'a jamais été parfaite. Afin de régler de façon permanente cette problématique, l'entreprise a pris la décision de transférer ses activités. Cette relocalisation touchera une vingtaine d'employés. Malheureusement, les conditions économiques actuelles ne nous permettent pas de garantir un nouvel emploi à tout le personnel qui sera touché, mais je tiens à souligner que nous avons mis en place un comité qui est là pour les aider et les supporter à trouver un nouvel emploi à l'intérieur du Groupe ou même à l'extérieur de notre organisation », a indiqué le président du Groupe Canmec, Rémi Roy.
Aide
Ce sont surtout des soudeurs qui se retrouveront au chômage, a ajouté la directrice des ressources humaines chez Canmec Industriel, Karyne Robillard. « Nous allons les aider à se trouver un emploi ailleurs », a-t-elle ajouté.
En ce qui concerne les installations de l'usine Lajoie-Somec, aucune décision n'a encore été prise. « Des solutions sont à l'étude. Une chose est certaine, à partir du 14 juillet, il n'y aura plus d'activités à cet endroit », a indiqué la directrice.
Le conseiller municipal Jacques Cleary travaillait à régler ce problème depuis 20 ans.
Le président du Groupe Canmec, Rémi Roy, a affirmé qu'une vingtaine d'employés seraient touchés par le déménagement.
Une aide d'un demi-million de Saguenay
Pour aider l'entreprise à plier bagage, Saguenay déboursera un montant de 500 000 $. « Nous étions prêts à faire un bout de chemin pour que l'usine cesse ses opérations à cet endroit, puisque rien n'obligeait les dirigeants à déménager », a indiqué le maire de Saguenay, Jean Tremblay. 
Ce dernier espérait régler cette situation, qui revenait sur le tapis depuis qu'il avait été élu la première fois, il y a 20 ans. « Disons que Jacques (Cleary) a travaillé fort sur ce dossier et qu'il m'a dit que ça devait être réglé avant que je parte ! », a lancé le maire Tremblay. 
Les résidants touchés ont évidemment poussé un soupir de soulagement en apprenant la nouvelle. 
Lise Girard demeure depuis les années 70 sur la rue Voltaire, tout juste derrière l'usine. « Le bruit, c'était inimaginable. 24 heures sur 24, sept jours sur sept. On n'en pouvait plus. On est vraiment soulagés », a indiqué la dame, lorsque rencontrée à sa résidence. 
Selon Jacques Cleary, la valeur des cinq résidences situées les plus près de l'usine avait baissé de 30 % au cours des dernières années, en raison du bruit. 
Le zonage sera également modifié par la municipalité. Il ne sera plus question qu'une industrie s'y installe. « Ça va pouvoir être un commerce, mais il n'y aura plus de zonage industriel ni de droits acquis. De plus, dans le contrat, la Ville aura un droit de regard sur le prochain propriétaire des terrains », a indiqué Jacques Cleary.