Gabriel «Mohammed» Boulanger s'est caché le visage à sa sortie de la prison de Chicoutimi pour effectuer une visite au Palais de justice de Chicoutimi. Il demeure incarcéré jusqu'à la tenue de son enquête de remise en liberté, mercredi.

Boulanger reste en prison

Gabriel « Mohammed » Boulanger demeure incarcéré au moins jusqu'à mercredi, alors que le juge Pierre Simard entendra les représentations des avocats sur la possibilité de remettre en liberté l'homme de La Baie.
Durant toute la journée de lundi, l'avocat de la défense, Me Luc Tourangeau et la représentante du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Mélanie Paré, ont multiplié les rencontres afin de faire avancer le dossier.
Gabriel Boulanger, père de quatre jeunes enfants, a été arrêté la semaine dernière pour avoir publié une vidéo jugée comme étant une incitation publique à la haine envers les chiites de la Syrie et de menaces de mort envers ce même groupe.
L'une des problématiques venait du fait que Boulanger, âgé de 27 ans, est en attente d'une sentence dans le dossier de l'opération Insuline. Il a fait face à des accusations reliées aux stupéfiants. Et comme le représentant de la Couronne dans ce dossier se trouve à Québec, il a fallu prendre le temps d'obtenir toutes les informations avant de procéder, surtout que l'avocate de la capitale avait demandé le retrait de la libération de Boulanger.
Hier après-midi, l'accusé a comparu durant quelques instants à peine devant le juge Simard de la Cour du Québec afin d'apprendre que son enquête de remise en liberté a été fixée à mercredi.
« L'accusé se trouvait devant le tribunal pour son enquête caution, mais sans assignation. Comme de nouvelles accusations ont été portées contre lui et que celles-ci s'ajoutent à un autre dossier qui dépend du BLACO (Bureau de lutte au crime organisé), qui relève de Québec, j'ai dû avoir des discussions avec ma collègue de Québec, surtout que l'accusé a brisé ses conditions de remise en liberté », de dire Me Paré.
Mercredi matin, les deux représentantes de la Couronne seront au Palais de justice de Chicoutimi pour la tenue de l'enquête de remise en liberté dans les deux dossiers.
Optimiste
De son côté, Me Luc Tourangeau a bon espoir d'obtenir la remise en liberté de son client.
« Je pense avoir les garanties nécessaires. Nous pourrions offrir que la seule liberté qu'il puisse avoir soit celle de travailler, alors qu'il devrait passer le reste du temps chez lui. Nous pourrions aussi obtenir une certaine garantie financière et demander à ce qu'il se rapporte à la police tous les deux jours. Je ne crois pas qu'il représente un danger pour la population », indique Me Tourangeau.
Ce dernier croit qu'il y aura une ordonnance de non-publication sur le contenu de la vidéo. « Nous voulons nous assurer que la vidéo n'a pas été modifiée. Je voudrais voir la vidéo originale que mon client a tournée », mentionne l'avocat de la défense.
Car il se pourrait que le contenu de la vidéo ait été modifié. Il faut se souvenir que c'est la police belge (travaillant pour un réseau de surveillance sur le web) qui a mis la puce à l'oreille des autorités canadiennes.
En visionnant la vidéo de sept minutes, les policiers de la Belgique ont arrêté un autre individu en Belgique, qui aurait trouvé la vidéo de Boulanger et l'aurait diffusé en Europe.
« Ce serait un autre groupe qui aurait repris la vidéo de mon client et qui aurait pu la modifier. Nous voulons nous assurer que les propos tenus et déposés en preuve sont les bons », a conclu Me Tourangeau.
Boulanger a comparu en matinée le vendredi 25 juillet pour cette histoire et est revenu devant la juge Micheline Paradis en après-midi pour les représentations sur sentence dans le dossier de l'opération Insuline. La sentence devrait être connue le 7 ou le 8 août. La défense propose de 18 à 20 mois en société, alors que la Couronne réclame 48 mois d'incarcération.