Baisse du revenu net des agriculteurs

Le revenu net des agriculteurs devrait reculer en 2016 et en 2017, tandis que les éleveurs de bétail accusent le coup de l'offre croissante de viande en Amérique du Nord.
Dans l'ensemble, le revenu net du secteur agricole devrait s'être effrité de deux pour cent pour s'établir à 14,8 milliards $ en 2016. Le rapport d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, dévoilé vendredi, anticipe une chute de sept pour cent en 2017, qui l'abaisserait à 13,8 milliards $.
Selon les perspectives du ministère, les recettes du secteur des grains progresseront pour ces deux années grâce à la mise en marché de la récolte abondante de l'automne dernier. À l'opposé, les éleveurs risquent de perdre du terrain.
Les recettes des cultures devraient grimper de deux pour cent en 2016, pour atteindre 32,6 milliards $, et d'un pour cent en 2017 jusqu'à 32,9 milliards $.
Du côté du bétail, les recettes auraient fléchi de sept pour cent en 2016 pour atteindre 23,9 milliards, puis devraient diminuer d'un autre quatre pour cent en 2017. Le rapport explique cette faiblesse du marché par l'offre croissante de viande aux États-Unis, qui exerce une pression à la baisse sur le prix de la viande rouge à travers l'Amérique du Nord.
La récolte des principales cultures en 2016 est estimée à 91,7 tonnes, soit la deuxième en importance jamais enregistrée, avec la production de 97,8 millions de tonnes en 2013. Les ventes devraient ainsi progresser cette année, tandis que la majeure partie de cette récolte y sera écoulée.
Les dépenses d'exploitation des fermes devraient pour leur part avoir diminué d'environ un pour cent en 2016 pour s'établir à 44,2 milliards $, et augmenter de deux pour cent en 2017 pour atteindre 45,1 milliards $.
L'an dernier, des dépenses moindres sur les plans de l'essence, de l'engrais et du bétail ont apporté un contrepoids aux coûts de la main-d'oeuvre et des aliments industriels destinés aux animaux.
Le rapport du ministère précise que les perspectives à long terme sont de bon augure grâce aux populations grandissantes et à l'accroissement des salaires dans les économies en développement, qui font augmenter la demande pour les produits agricoles. Le taux de change et la variation du prix du pétrole, eux, incarnent plutôt une menace pour les recettes, de même que les coûts d'exploitation.
Le repli des prix des produits aux États-Unis, en 2015, n'aurait pas affecté les agriculteurs canadiens en raison de la perte de valeur du huard. Or, en 2016-2017, le taux de change devrait demeurer stable et rendre les producteurs canadiens plus vulnérables à la fluctuation du prix des produits à l'étranger.