Les paysages urbains façonnés par les usines, barrages hydroélectriques et autres ouvrages industriels doivent être mis en valeur, croit l'historienne Lucie K. Morisset.

Arvida: un séminaire sur le patrimoine industriel

Comment préserver et valoriser le patrimoine industriel? Un séminaire régional réfléchira sur la question le 24 août, à Arvida. L'événement se veut un lieu de rassemblement autant pour des spécialistes du domaine que pour la population en général.
Le Séminaire régional sur le patrimoine industriel est organisé par la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l'Université du Québec à Montréal, dirigée par la professeure Lucie K. Morisset.
L'événement tombe à point, peu après l'annonce de la reconnaissance prochaine d'Arvida comme site patrimonial par Québec. Le ministre de la Culture et des Communications, Luc Fortin, a signé la recommandation en ce sens, au début du mois de juillet. 
«Arvida deviendrait ainsi le 13e site patrimonial au Québec et le seul site industriel protégé de la sorte au Canada et en Amérique du Nord», a souligné Mme Morisset, en entrevue téléphonique avec le Progrès.
La beauté de l'industriel
Si la construction en 135 jours des 270 maisons de la ville de compagnie a attiré l'attention jusqu'à maintenant, les infrastructures industrielles ne doivent pas être oubliées pour autant, croit la spécialiste. Les paysages urbains façonnés par les usines, barrages hydroélectriques et autres ouvrages industriels doivent être mis en valeur.
Aux yeux de l'historienne de l'architecture et de l'urbanisme, ces paysages sont beaux. Beaux non seulement par leur architecture, mais par l'héritage qu'ils représentent et le lien identitaire qu'ils ont avec la population. «Les usines, ce n'est pas seulement économique. Les gens doivent en arriver à se dire: les usines, c'est nous», a-t-elle plaidé.
Le séminaire sera l'occasion de réfléchir aux façons de mettre en valeur le patrimoine industriel de la cité de l'aluminium. L'aménagement d'une route du patrimoine industriel dans la région, comme cela se fait en Europe, fait partie des idées sur la table, un projet qui intéresse notamment l'Association québécoise du patrimoine industriel, qui sera présente le 24 août. Différentes initiatives en Allemagne, en Italie et en France et d'ailleurs au pays seront aussi présentées.
Sites désaffectés
La préservation du patrimoine urbain de sites désaffectés sera aussi à l'ordre du jour. Même si les murs des usines fermées sont synonymes de souvenirs douloureux pour les communautés, il ne faut pas les abattre pour autant, souligne l'historienne.
«Comment peut-on préserver la mémoire sans tout démolir? On ne peut pas imaginer conserver de grandes structures aux frais de l'État. Mais la tendance est de démolir les sites. On ne parle plus d'histoire, on parle de pollution industrielle. Avec cette vision négative, c'est aussi l'histoire des régions entières et des personnes qui est touchée», plaide-t-elle.
Les personnes qui souhaitent s'inscrire au séminaire régional qui se déroulera à la salle Orphée peuvent le faire via le site de l'événement: sites.grenadine.co/sites/patrimoine/fr/semreg-patrind. Il en coûte 10$ par personne, et 5$ pour les personnes à faible revenu.