Le premier ministre Philippe Couillard était présent à la 63e Traversée internationale du lac Saint-Jean samedi, où il a accepté de commenter la fin de l'exploration des hydrocarbures sur l'île d'Anticosti.

Anticosti: Couillard «sensible à l'idée» d'un traversier

Le premier ministre Philippe Couillard est «sensible à l'idée» d'un traversier reliant l'île d'Anticosti au reste de la Côte-Nord, maintenant que la zone est soustraite à l'exploration gazière et pétrolière.
Le gouvernement provincial a mis fin aux recherches sur les hydrocarbures sur ce territoire vendredi par un arrêt ministériel. Celui qui est aussi député de Roberval ne s'est pas étendu sur la possibilité de donner le même statut aux baies gaspésiennes et à la vallée du Saint-Laurent. «Je laisserais les citoyens décider», a-t-il indiqué.
Au lieu du pétrole et du gaz de schiste, Québec veut miser sur une demande à l'UNESCO pour faire reconnaître Anticosti au patrimoine mondial. Aussitôt, les communautés locales, innues et environnementales se sont réjouies. Le maire de L'Île-d'Anticosti John Pineault désire un fonds pour le développement touristique et la mise en place d'un traversier.
«On veut axer nos activités sur le développement régional et on a plein d'idées pour aller plus loin. Anticosti est un des plus beaux sites au Québec pour le tourisme en nature. Je suis sensible à l'idée d'un traversier, mais je ne dis pas qu'on va le faire absolument. Il faut des études, voir combien de personnes traverseraient, combien ça coûterait, etc.», a commenté Philippe Couillard en marge de la 63e Traversée internationale du lac Saint-Jean à Roberval.
Le gouvernement est toujours en négociation avec des compagnies pétrolières qui étaient impliquées dans le projet et qui doivent se retirer, soit Trans American et Petrolia. Junex, Corridor et Maurel & Prom ont déjà reçu une compensation de 41,4 millions $. L'aventure initiée par les péquistes en 2014 risque de coûter plus de 100 M$ à la province.
«Je n'étais pas content quand j'ai vu cette entente sur mon bureau», s'est rappelé Philippe Couillard.
Même si la nouvelle de vendredi a fait bien des heureux, le regroupement d'entreprises Québec inc. s'inquiète du message «négatif» que la décision envoie aux investisseurs et des potentiels impacts sur le développement économique. Le premier ministre a balayé leurs craintes. «Nous sommes pour le développement économique et des ressources naturelles, mais de façon responsable, pas aux dépens du milieu», a-t-il déclaré.
Philippe Couillard insiste que la décision était nécessaire pour ne pas entrer en contradiction avec le projet de reconnaissance par l'UNESCO. «J'ai une petite-fille et j'espère que dans 20 ans, elle pourra aller sur les plages d'Anticosti et dire que son grand-père a contribué à préserver cet environnement.»