Les dirigeants de l'entreprise Norbord intensifient les démarches pour relancer la production de panneaux OSB à l'usine de Chambord qui a été acquise dans un échange de propriété avec Louisiana-Pacific.

Ancienne usine Louisiana-Pacific: Norbord intensifie les démarches pour relancer la production

L'augmentation de la possibilité forestière de 100 000 mètres cubes par année dans l'essence du peuplier, annoncée par le Forestier en chef, arrive à point nommé au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les dirigeants de l'entreprise Norbord intensifient les démarches pour relancer la production de panneaux OSB à l'usine de Chambord qui a été acquise dans un échange de propriété avec Louisiana-Pacific et qui nécessitera des investissements de plusieurs dizaines de millions de dollars.
Joint alors qu'il inspectait des travaux réalisés à l'usine de La Sarre en Abitibi, le directeur général de Norbord pour le Québec, Alain Légaré, qui supervise les démarches de relance de l'usine de Chambord, confirme que plusieurs rencontres ont eu lieu depuis l'annonce de la transaction pour faire avancer de front les différentes composantes du projet de relance. Au cours de l'entretien avec Le Quotidien, ce dernier a identifié les deux volets du projet.
«Il est important dans un premier temps de nous assurer de régler tout le volet des approvisionnements forestiers pour nous permettre de reprendre la production sur une base stable. Nous avons eu des rencontres avec les représentants du gouvernement, ainsi que ceux du bureau du premier ministre. La semaine prochaine, je serai dans la région avec notre responsable des approvisionnements et nous allons rencontrer le Syndicat des producteurs de bois du Saguenay-Lac-Saint-Jean», explique le directeur général qui reste prudent dans ses commentaires.
Garantie perdue
L'usine détenait une garantie d'approvisionnement de 350 000 mètres cubes par année avant que le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs décide de retirer le volume à Louisiana-Pacific afin de l'offrir à des entreprises ayant des projets pour transformer le tremble. Depuis, aucun projet majeur n'a été annoncé de telle sorte que le volume retiré à Louisiana-Pacific est en partie disponible. Le Syndicat des producteurs de bois du Saguenay-Lac-Saint-Jean a quant à lui déjà livré 200 000 mètres cubes de tremble et peuplier par année à l'usine de Chambord et tout indique qu'il pourrait reprendre rapidement les approvisionnements. La capacité de transformation de l'usine est de l'ordre de 700 000 mètres cubes par année et le responsable du projet explique que l'objectif est d'en arriver à une production élevée pour baisser les prix du panneau et ainsi avoir des coûts de production permettant de traverser les moins bonnes situations de marché.
«On l'a déjà dit et on l'a mentionné lors de nos rencontres avec les représentants municipaux et syndicaux. Notre objectif est de relancer la production sur une longue période à Chambord», insiste Alain Légaré, ce qui nécessite un approvisionnement correspondant à la capacité de production des équipements.
Le maire confiant
Au cours d'un bref entretien, le maire de Chambord, Gérard Savard, a attiré l'attention du Quotidien sur tout le tremble qui n'a pas été récolté depuis la fermeture de l'usine. Selon lui, ce bois pourrait constituer une bonne réserve afin d'assurer un approvisionnement à long terme pour l'usine de panneaux OSB. Le maire Savard est confiant de voir la fumée sortir de la cheminée de l'usine à moyen terme.
La relance de la production à l'usine de Chambord aura un effet multiplicateur pour les autres entreprises de sciage de la région. En ce moment, les scieurs récoltent très peu de feuillus en raison de l'absence d'un marché intéressant. Avec l'ouverture de Chambord, ils pourront récolter le tremble et ainsi diminuer les coûts de production pour les opérations forestières alors que Norbord aura besoin de matière première. Certains espèrent même que Norbord introduise dans sa production une certaine quantité de copeaux de résineux alors que la demande est de plus en plus faible pour ce produit.
Deux scénarios à l'étude
Norbord travaille sur des scénarios « courts » et « longs » pour la relance de la production de panneaux OSB à son usine de Chambord. Elle doit améliorer ses équipements pour le traitement des rejets atmosphériques afin de répondre aux nouvelles exigences du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Changements climatiques.
Au moment de sa fermeture il y a sept ans, l'usine de Chambord connaissait des problèmes en matière d'épuration d'air, principalement pour le rejet des particules dans l'environnement. L'entreprise Norbord était au fait de cette situation lors de l'échange des usines et a l'intention de corriger cette situation.
Le responsable du projet, Alain Légaré, a donc fait état de deux scénarios envisagés par la direction. Dans un premier temps, Norbord pourrait procéder à l'ensemble des travaux pour rendre les équipements conformes aux exigences. On parle ici d'une ouverture dans deux ans si tout se déroule normalement.
L'autre scénario consiste à obtenir du gouvernement du Québec une permission spéciale pour reprendre la production avec les équipements actuels et de procéder aux modifications pour atteindre les nouvelles normes d'émissions atmosphériques à l'intérieur d'un délai fixé par les parties. Il ne s'agit pas d'une première puisque Québec a accordé une extension à la compagnie Rio Tinto pour prolonger l'exploitation des cuves précuites à Jonquière en attendant la construction de la prochaine phase de la technologie AP60.
Le second scénario permettrait une reprise de la production dans un délai plus rapide. Norbord doit malgré tout procéder à des réfections même si Alain Légaré considère que le « coeur » de l'usine est en bon état. Louisiana-Pacific a maintenu ses actifs en bon état depuis les sept dernières années. Les travailleurs toujours à l'emploi de Louisiana-Pacific en ce moment deviendront des employés de Norbord le 1er janvier.
Au moment de la fermeture, 170 personnes travaillaient à l'usine de Chambord. Le syndicat Unifor de l'usine a signé une convention collective qui est transférée au nouvel employeur.