Selon les recommandations des vétérinaires, les nouveaux adoptants auraient dû prioriser un examen dans une clinique vétérinaire afin de le faire vacciner.

Acheter un animal et manquer de budget

PICOTTE / Juin 2016, un jeune couple déménage au Saguenay dans son premier appartement. N'ayant pas le droit aux chiens, ils se rendent à l'animalerie près de chez eux pour adopter des hamsters.
Retournant souvent à cet endroit pour voir les animaux, le 17 mars, en allant acheter des gâteries pour leur chaton adopté quelques mois auparavant, ils tombent sous le charme d'un joli chiot. « On déménage de là dans un mois et notre nouvel appartement accepte les chiens », réfléchissent les amoureux des animaux.
« C'est un beau croisé golden et labrador de huit semaines. Le dernier d'une portée de cinq. Il est en santé et, à part les vaccins, vous n'aurez aucune dépense à faire », mentionne la vendeuse. N'ayant pas prévu cette dépense dans leur budget, le couple débourse 370$ sur un coup de tête. Le montant inclut le chien, la cage, les jouets et la nourriture. Ils n'ont aucune idée des frais de vaccinations et de l'importance de la stérilisation. Ils ne se soucient pas non plus de leur milieu de vie pour un chien dont ils ignorent que le poids adulte dépassera les 70 livres.
Selon les recommandations des vétérinaires, les nouveaux adoptants auraient dû prioriser un examen dans une clinique vétérinaire afin de le faire vacciner. « J'ai souvent des clients qui ont mis tout l'argent sur l'achat du chien et qui n'ont plus le budget pour les frais suivants. Souvent même, ils le font reproduire pour récupérer l'argent du coût du chien », constate une vétérinaire du Lac-Saint-Jean. Le jeune couple est si énervé qu'ils retardent cette visite et socialisent leur chiot en l'amenant chez des amis qui ont des chiens. Certains les mettent même en doute sur le croisement de leur animal.
Une semaine après l'adoption du chiot, même si ce dernier semble en bonne santé, les propriétaires se présentent à une clinique vétérinaire pour un simple examen. Un montant de 160$ s'en suit et le chien n'est toujours pas vacciné.
Facebook
Dans un groupe Facebook, l'adoptante publie ce message : « Bonjour, il y a une semaine j'ai acheté mon chiot à l'animalerie. On m'a dit qu'il était vermifugé, qu'il n'avait pas de problème et que c'était un golden labrador. Le problème est que mon chien est un rottweiler mélangé. Le vétérinaire m'a dit qu'il n'a pas été vermifugé, qu'il a du sang dans ses urines, il a des parasites et a un taux élevé de sucre dans le sang. Qu'est-ce que je peux faire contre la vendeuse qui nous a fait de la fausse publicité et qui nous a vendu un chien plein de problèmes ? »
Même si le chien n'a aucun symptôme apparent de mauvaise santé, les commentaires haineux envers l'animalerie et les leçons de vie, provenant principalement de femmes, défilent. On spécule que cet endroit fait de la vente de chiots provenant d'usines à chiens. On lui suggère de porter plainte, de dénoncer et même de poursuivre l'entreprise. Le couple finit par être convaincu de s'être fait avoir et ils imaginent le pire pour leur chien. Leur situation financière étant précaire, les acheteurs décident de revendre leur animal.
Employé
Une employée de l'animalerie en question, travaillant à cet endroit depuis sept ans, avoue adorer les animaux. Elle rêvait même d'acheter l'entreprise.
« Mon rêve est terminé. J'ai fermé la porte au monde animal, car les clients sont trop difficiles à gérer. Ils n'écoutent rien et ce sont nous, les employés, qui mangeons la claque », explique l'employée qui dit vivre un stress extrême. À cet endroit, c'est clairement dit aux clients qu'aucun animal ne reçoit d'examen, de vermifuge ou de vaccin du vétérinaire.
« Ici, on ne court pas après personne pour acheter des chiots. Ça faisait presque trois mois qu'on n'avait pas eu de chiens à faire adopter. Une dame nous avait appelés pour nous confier les chiots alors qu'elle n'était plus capable de gérer la situation, car sa chienne avait eu une portée imprévue. Les quatre autres vont super bien. Avant d'exploser sur Facebook, le monde devrait attendre », poursuit l'employée qui se dit dépassée par les dérapages sur les réseaux sociaux.
Cette employée arrive au travail une heure avant l'ouverture de l'animalerie pour que tout soit impeccable, parce qu'elle sait que les gens font des plaintes pour tout. « Quand on a des portées de chatons à la porte, on ne peut pas les laisser mourir. Sauf qu'on ne sait plus quoi faire au niveau des risques de maladies », conclut-elle.