Céline Larouche et Abdelmadjid Adour, viennent d'écrire le roman «Alger-Montréal, le vent de l'aube»

À quatre mains sur deux continents

Est-il possible d'écrire un roman à quatre mains, alors que les auteurs résident aux antipodes? La réponse est oui, ainsi que l'ont démontré l'Almatoise Céline Larouche, et l'Algérien Abdelmadjid Adour. Ils viennent de lancer Alger-Montréal, le vent de l'aube, une histoire policière sur fond de terrorisme international.
À l'origine de ce projet, on retrouve un texte rédigé par Abdelmadjid Adour il y a deux ans. Cet écrit formait un tout cohérent, mais l'idée est venue à sa partenaire, qui possède une longue feuille de route à titre de poète, entre autres, d'ajouter un volet québécois. Sur le principe de l'aller-retour entre Alger et Montréal, elle a brodé une trame étroitement maillée à l'oeuvre existante.
D'un chapitre à l'autre, on passe ainsi de l'Algérie au Québec, au fil de deux enlèvements commis par une organisation inféodée à Al-Qaïda. Comme en font foi les notes publiées à la fin du livre, le duo n'a pas laissé filer son imagination à l'aveuglette. «C'est fictif, mais très documenté», confirme Céline Larouche.
Publié chez SM, Alger-Montréal, le vent de l'aube a été inspiré par le souvenir d'une triste époque vécue aux premières lignes par Abdelmadjid Adour. C'est ce qu'on a appelé la décennie noire, amorcée en 1990 et marquée par un combat à finir entre le gouvernement algérien et des opposants issus de la mouvance intégriste.
«Ce fut la page la plus sombre depuis que le pays a accédé à l'indépendance. Je ne crois pas qu'on reviendra à une telle situation, mais dans le roman, j'ai voulu établir un lien entre cet épisode du passé et le contexte dans lequel on se trouve aujourd'hui», fait remarquer l'auteur.
Complémentarité culturelle
Abdelmadjid Adour et Céline Larouche se connaissent depuis 2010. Lui aimerait s'installer au Québec, mais en attendant d'obtenir les autorisations nécessaires, il passe le plus clair de l'année en Algérie. C'est pour cette raison, d'ailleurs, que le travail d'écriture s'est fait à distance. Ça aurait été plus simple si les auteurs avaient résidé sous le même toit.
Pour que ce jumelage fonctionne, il a fallu beaucoup d'échanges, de négociations. «Mon écriture laisse du champ au lecteur et elle a permis à Céline d'inclure ses idées. Il y a une complémentarité au plan culturel. Ce fut un choc positif», note l'Algérien. «On n'a pas toujours les mêmes idées, mais on est arrivés à un consensus», ajoute sa complice.
L'un des points de convergence au sein du duo est Albert Camus, dont il est souvent question au fil de l'histoire. C'est l'auteur préféré d'Abdelmadjid Adour et Céline Larouche et ils ont profité de leur projet pour adresser un clin d'oeil au Nobel de littérature originaire d'Algérie.
Ils s'entendent aussi pour revenir à leurs premières amours, soit l'écriture en solo. Elle planche sur un recueil de poèmes, tandis que lui entend explorer le comportement des gens de pouvoir, à l'intérieur de son pays. «Je veux montrer comment ils se métamorphosent», indique le romancier.
En attendant, le duo rappelle que son livre est disponible à la Librairie Harvey d'Alma, la Librairie Marie-Laura de Jonquière, ainsi que Les Bouquinistes de Chicoutimi. On peut également se procurer la version virtuelle en visitant le site de L'Entrepôt numérique.