Actuellement, les passagers pour les vols régionaux sont surtout des travailleurs et des gens d’affaires.

Voyager en avion coûte 55% plus cher au Québec

Aller-retour Montréal-Rouyn-Noranda : 567,11 $. Aller-retour Toronto-Timmins : 235,32 $. Aller-retour Montréal-Gaspé : 563,66 $. Aller-retour Calgary-Fort St.John : 336,26 $. Pour des vols semblables, les Québécois paient 55 % plus cher leur billet d’avion pour voyager d’une région à l’autre, comparativement aux autres Canadiens.

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) et l’Alliance de l’industrie touristique du Québec tenteront de comprendre pourquoi, lors d’une mission économique qui se tiendra jeudi et vendredi. L’objectif de cette mission est d’être capable, enfin, de rendre plus accessibles les billets d’avion aux Québécois. 

« Après avoir analysé plus de 600 billets d’avion, nous avons démontré que nous payons 55 % plus cher nos billets d’avion pour voyager à l’intérieur du Québec. C’est pourquoi nous partons en mission pour rencontrer divers transporteurs canadiens. Il faut les inviter à mieux desservir notre territoire, car présentement, on observe une situation quasi monopolistique pour 67 % des destinations québécoises. Les grands transporteurs canadiens offrent déjà des liaisons aériennes vers des municipalités de moins de 15 000 habitants dans d’autres provinces et nous voulons comprendre les raisons pour lesquelles ces entreprises ne font pas de même au Québec », a déclaré le président de l’UMQ, Alexandre Cusson. Ce dernier sera accompagné du président du conseil d’administration de l’AITQ, Éric Larouche, du maire de Gaspé, Daniel Côté, et du vice-président marketing de l’Alliance, Sébastien Viau, lors de la mission. 

Selon le maire de Gaspé, l’un des plus grands freins au développement des régions demeure le prix trop élevé des billets d’avion. 

Cette mission économique vise notamment à comprendre la quasi-absence des transporteurs WestJet Airlines et Porter Airlines au Québec et à inviter les compagnies aériennes à faire des études de marché pour des liaisons saisonnières ou annuelles au Québec. 

Presque un monopole, selon Éric Larouche

« De janvier à octobre 2017, le Québec a connu des arrivées de touristes internationaux plus importantes que celle de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et de l’ensemble du Canada. Nous séduisons les touristes avec des expériences distinctives. Le développement d’une desserte aérienne régionale est donc essentiel. Là, il faut comprendre pourquoi ce qui fonctionne ailleurs au Canada ne fonctionne pas ici. Personne n’ose le dire, mais il y a un monopole qu’il faut briser. Et c’est un cercle vicieux. Les transporteurs disent qu’il n’y a pas assez de volume de clients, alors les prix sont plus élevés. Mais s’il n’y a pas assez de clients, c’est parce que les prix ne sont pas abordables. Baissez les prix et le volume va monter », a affirmé Éric Larouche, lors d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien. 

Établir un prix plancher, amener de nouvelles compagnies aériennes au Québec ou se tourner vers le Fonds de soutien à la commercialisation pour les avionneurs sont des solutions envisagées, ajoute-t-il. « Mais on va commencer par aller voir les compagnies établies ailleurs au Canada pour bien comprendre », a précisé M. Larouche. 

Selon lui, toutes les régions du Québec ont quelque chose à gagner. « C’est vraiment le temps que ça change pour le développement touristique et économique des régions. Et nous voudrions que ça se fasse le plus rapidement possible. On rêve de voir les prix descendre dès cet été », a ajouté l’homme d’affaires. 

En faisant une petite recherche via Internet on constate qu’un aller-retour Bagotville-Montréal se chiffre à 511 $ dans le moins cher des cas. Si un Saguenéen veut aller visiter la Côte-Nord, il lui en coûtera 556 $ pour se rendre à Sept-Îles et pour revenir, en faisant toutefois une escale à Montréal.

Actuellement, les passagers pour les vols régionaux sont surtout des travailleurs et des gens d’affaires. Toutes les compagnies aériennes québécoises, notamment Air Creebec et Air Inuit, dans le Nord-du-Québec, seront sollicitées. 

« C’est le temps que tout le monde en fasse une priorité et il y a déjà une belle réponse », a ajouté Éric Larouche.

Cette mission économique est le prélude au Sommet sur le transport aérien régional, qui aura lieu le 2 février, à Lévis. 

Le président du conseil d’administration de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, Éric Larouche (à l’avant-plan), estime qu’il est plus que temps de comprendre pourquoi les Québécois paient plus cher leur billet d’avion pour voyager d’une région à l’autre. Il est ici accompagné du maire de Gaspé, Daniel Côté, et du président de l’Union des municipalités du Québec, Alexandre Cusson.

Une étude sur le coût des billets

Afin de mieux comprendre pour quelles raisons les billets d’avion entre les régions sont plus chers au Québec qu’ailleurs au Canada, l’UMQ a mandaté la firme Octant Aviation, qui s’est chargée d’analyser l’offre des billets. On y apprend d’ailleurs que les Québécois utilisent trois fois moins l’avion comme moyen de transport entre les régions qu’ailleurs au Canada. 

« Parmi les facteurs pouvant expliquer en partie la tarification plus élevée au Québec, il faut noter la présence plus élevée de concurrence sur le marché canadien. Il est aussi important de souligner que les frais aéroportuaires imposés aux transporteurs aériens sont plus élevés au Québec qu’ailleurs au Canada. À cela s’ajoute le fait que certaines provinces n’appliquent pas la taxe de vente provinciale sur l’achat de billets d’avion, contrairement au Québec », peut-on lire dans l’étude d’Octant Aviation.