Le porte-parole de l’événement, Marc Savard, président directeur général de TMA et Fonderie Saguenay, et le directeur général du CMQ, Gheorghe Marin.

Vers une métallurgie intelligente

Trois-Rivières — Les principaux représentants de l’industrie métallurgique du Québec sont réunis à Trois-Rivières pour deux jours afin de définir une stratégie de métallurgie intelligente.

Ce quatrième colloque du genre, qui se termine vendredi, est organisé par un collectif d’organisations dont le Centre de métallurgie du Québec (CMQ). D’ailleurs, son directeur général, Gheorghe Marin, n’était pas peu fier de recevoir les quelque 200 participants.

Ceux-ci réfléchissent et discutent des stratégies à adopter pour que le secteur métallurgique québécois progresse et continue à se démarquer malgré une concurrence accrue, notamment en provenant de la Chine, de rareté de main-d’oeuvre et des enjeux liés à l’intégration des nouvelles technologies dans la façon de faire des entreprises.

«Le secteur de la métallurgie n’est pas le seul à être bousculé par la pénurie de main-d’œuvre ainsi que les changements technologiques et c’est précisément pourquoi l’industrie se concerte», explique le porte-parole de l’événement, Marc Savard.

Selon lui, bien que le secteur de la métallurgie se soit modernisé considérablement depuis les dernières années, il n’en reste pas moins que pour assurer la croissance du secteur, «nous devons adapter certaines de nos pratiques et prendre exemple de l’aluminium qui a su regrouper les intérêts des différentes organisations autour d’objectifs communs».

Celui-ci précise donc que l’objectif derrière cette mobilisation est d’enrichir les connaissances tangibles et tacites de l’industrie pour un meilleur pilotage stratégique.

«En considérant que l’intelligence est la capacité de comprendre, de réfléchir, d’apprendre et de s’adapter à des situations nouvelles, la mobilisation de l’ensemble des acteurs de l’industrie permet d’identifier des objectifs et de travailler conjointement à propulser le secteur de la métallurgie vers des technologies plus modernes et plus vertes tout en se dotant d’une main-d’œuvre flexible et agile», a ajouté M. Savard.

Bref, dit-il, qu’elle soit d’ordre technologique, technique ou encore dans l’adaptation et la création de nouveaux modèles de gestion des ressources, l’innovation joue un rôle central.

«Et Trois-Rivières, qui détient des institutions de premier plan en matière d’innovation métallurgique, se positionne au cœur du savoir-faire métallurgique d’aujourd’hui et de demain», renchérit le président directeur général de TMA et Fonderie Saguenay, faisant référence notamment à l’expertise du CMQ.

Par ailleurs, la concertation et l’échange entre les acteurs permettent d’innover aussi en matière de formation. En ce sens, le Comité sectoriel de main-d’œuvre collabore avec les entreprises du secteur pour mettre en œuvre des modèles adaptés à leurs besoins comme le DEP-Fonderies qui bénéficie d’un financement de 738 967 dollars pour former un peu moins d’une centaine de travailleurs sur les lieux du travail. Cette formation contribuera aussi à rendre la métallurgie plus intelligente.

D’ailleurs, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, abordera la question de la main-d’œuvre lors de son allocution prévue vendredi en décrivant son plan d’action.

«Avec près de 16 500 emplois et 166 entreprises au Québec dans le milieu de la première transformation des métaux, ce secteur occupe une place importante dans notre économie. En 2018, la valeur de la production représentait 3,4 % du PIB du Québec», se plaira-t-il à rappeler.

De plus, le ministre Boulet entend leur parler d’automatisation et de numérisation pour une industrie plus productive et concurrentielle. «S’ils souhaitent prendre le virage vers l’industrie 4.0 pour générer plus de richesse et pour réduire leurs besoins de main-d’œuvre, le gouvernement peut les aider», fera-t-il savoir.

D’autres personnalités figurent au programme du colloque tel que Frédérick Gagnon, titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand et directeur de l’Observatoire sur les États-Unis, Audrey Murray, présidente de la Commission des partenaires du marché du travail, Jean Simard, président-directeur général de l’Association de l’aluminium du Canada, Julie Carignan, psychologue organisationnelle et associée chez SPB, Loïc Tassé, politicologue, chroniqueur et professeur à l’Université de Montréal et Geneviève Fournier d’Hydro-Québec.