Ventes au détail dans les centres commerciaux : une situation « plus difficile »

Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Les commerces situés à l’intérieur des centres commerciaux connaissent une situation « beaucoup plus difficile » que les autres entreprises de détail de la province, constate Détail Québec. Les centres commerciaux devront miser davantage sur l’expérience client pour attirer les consommateurs, estime le directeur général de l’organisation.

L’été n’a jamais été une période charnière pour les centres commerciaux, mais l’achalandage a connu une chute « drastique » depuis leur réouverture en juin, souligne le directeur général de Détail Québec, Manuel Champagne.

« Les centres d’achats sont quand même déserts, ce qui fait en sorte que ç’a un effet très négatif sur les détaillants qui s’y retrouvent, notamment tout ce qui est lié à la mode », explique le dirigeant du comité sectoriel de main-d’oeuvre du commerce de détail.

L’autorisation de réouverture des portes des centres commerciaux après celle des commerces ayant un accès extérieur direct a eu un impact sur les détaillants qui s’y trouvent. « On voit que c’est beaucoup plus difficile, et ce, à plusieurs points de vue. »

La situation est difficile autant pour les entreprises « confinées dans un centre d’achats », de même que pour les grands propriétaires des centres commerciaux, soulève-t-il.

Les détaillants qui se trouvent dans les centres commerciaux, en particulier ceux du secteur de la mode, sont plus affectés par la crise, constate le directeur général de Détail Québec.

Les gestionnaires doivent faire face à plusieurs fermetures annoncées ou restructuration de grandes bannières.

Malgré l’aide d’urgence gouvernementale pour soutenir les locataires et propriétaires d’immeubles commerciaux, la situation de plusieurs détaillants demeure précaire. « C’est certain que les détaillants, petits, moyens – même les grands –, n’ont pas les reins solides. C’est vraiment une question de liquidités et de loyer à payer. »

Expérience client

Plusieurs commerçants portent maintenant leurs espoirs sur la rentrée scolaire pour la relance de leurs affaires dans leurs boutiques situées dans les centres commerciaux.

Tabler uniquement sur l’achalandage amené par les périodes comme le printemps, la rentrée et le temps des Fêtes ne sera cependant plus suffisant à l’avenir, estime Manuel Champagne. Pour ramener les familles à dépenser dans les centres commerciaux, les gestionnaires des espaces locatifs devront innover et investir dans leurs installations, malgré les difficultés financières.

« Malgré les mesures sanitaires, malgré le climat qui est un peu aseptisé, quand les gens se déplacent, il faut qu’ils vivent une expérience agréable au niveau de l’expérience client », souligne-t-il.

Les gestionnaires doivent se tourner vers la transformation des foires alimentaires, l’aménagement d’attractions familiales et de centres d’amusement, tout en misant sur les technologies et l’expérience numérique. Et ce, en tenant compte des mesures sanitaires.

Un « défi monstre », convient le directeur général, pour qui la crise représente « probablement le plus grand défi jamais rencontré par les entreprises du détail ».