Renaud Gagné, directeur québécois du syndicat Unifor, était de passage à Saguenay, lundi, dans le cadre d’une tournée des régions. Une soixantaine de membres des sections locales étaient réunis au Delta Saguenay pour l’occasion.

Unifor définit ses priorités [VIDÉO]

Trois dossiers trônent au sommet des préoccupations d’Unifor au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Les taxes sur le bois d’œuvre et sur l’aluminium, de même que les emplois menacés par le dossier du caribou forestier dérangent le syndicat, qui interpelle les députés régionaux fédéraux afin qu’ils se prononcent sur les différents enjeux, à quelques mois des élections fédérales.

Renaud Gagné, directeur québécois du syndicat Unifor, était de passage à Saguenay, lundi, dans le cadre d’une tournée des régions qui en est à sa cinquième édition. « Il y a des priorités et des particularités dans chacune des régions. On est là pour faire avancer ces dossiers-là », a expliqué celui qui était accompagné d’une soixantaine de membres des sections locales, à l’hôtel Delta Saguenay d’Arvida.

L’aluminium retient particulièrement l’attention de Renaud Gagné, qui affirme que le dossier doit être remis à l’ordre du jour.

« Depuis l’automne dernier, après l’annonce de l’accord [Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACÉUM) ], on ne parle plus des tarifs sur l’aluminium. Ça coûte quand même 20 M$ par mois à Rio Tinto, et je ne parle pas des autres transformateurs. J’interpelle les députés régionaux, Mme [Karine] Trudel, M. [Richard] Martel et M. [Richard] Hébert. Ils doivent remettre ce dossier à l’ordre du jour. C’est fondamental. Il faut que ça se règle. On veut savoir comment chaque parti se positionne par rapport à ce dossier-là. »

Le directeur québécois d’Unifor revendique également une prise de position des députés dans le dossier du bois d’œuvre.

« Les droits compensatoires et antidumping sont toujours en place. Malheureusement, ça n’a pas fait partie de la négociation de l’accord. Et c’est toujours assez dramatique, d’autant plus que les prix ont baissé de façon importante depuis le mois d’octobre. Toute la question du caribou, qui pourrait créer de sérieux maux de tête aux entreprises et aux communautés, s’ajoute à ça. On veut vraiment interpeller nos députés régionaux pour qu’ils se positionnent. »

Caribou forestier

Unifor profite de sa tournée pour lancer une pétition dans le dossier du caribou forestier, lequel préoccupe particulièrement les travailleurs membres de la région.

« Nous voulons que les mesures de protection qui pourraient avoir un impact sur l’emploi soient mises en suspens, le temps d’obtenir les conclusions d’études scientifiques sur les raisons du déclin de certaines populations de caribous forestiers », explique Renaud Gagné.

Ce dernier se questionne notamment sur les inventaires effectués par le gouvernement du Québec, qui semblent révéler que « certains cheptels de caribous sont en déclin alors qu’il n’y a pratiquement pas de perturbation sur leur habitat et qu’il y a une augmentation du nombre de caribous dans la forêt aménagée au sud de la limite nordique, là où il y a de la perturbation ».

La pétition demande aux gouvernements que toute mesure de protection tienne aussi compte des répercussions socio-économiques sur les régions et que des mesures alternatives et/ou de transition pour soutenir les travailleurs et l’industrie soient mises en place en cas de besoin.

Ils demandent aux différents députés de définir les intentions de leur parti.

« Je pense qu’il y a beaucoup de questions à répondre avant d’imposer des mesures, avant de fermer des grands territoires », conclut le directeur québécois du syndicat, qui représente environ 4500 membres au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Renaud Gagné, directeur québécois d’Unifor, a présenté la liste de priorités du syndicat pour la région.