Stéphan Tremblay, responsable du développement régional chez Énergie Saguenay, a mentionné que l’entreprise a décidé de relever un important défi qui se veut une première mondiale.

Une usine carboneutre pour Énergie Saguenay

La société Énergie Saguenay prend les devants dans la lutte aux émissions de gaz à effet de serre (GES). Elle s’engage à ce que sa future usine de liquéfaction de gaz naturel, érigée à Grande-Anse au coût de 7 milliards $, soit carboneutre dans les années suivant sa mise en service. C’est pourquoi elle a confié le mandat à une équipe de la Chaire de recherche en éco-conseil de l’UQAC et à son directeur, Claude Villeneuve, de lui suggérer des solutions pour atteindre cet objectif.

En entrevue, Stéphan Tremblay, responsable du développement régional chez Énergie Saguenay, a mentionné que l’entreprise a décidé de relever un important défi qui se veut une première mondiale tout en reconnaissant qu’elle sera une nouvelle joueuse sur l’échiquier des émetteurs de GES au Québec. M. Tremblay n’était pas en mesure de préciser combien de tonnes de GES émettra l’usine annuellement pour liquéfier 42,5 millions de mètres cubes de gaz quotidiennement, une information qui sera contenue dans l’étude d’impact environnemental qu’elle déposera dans les prochains jours auprès du ministère de l’Environnement.

« On croit que l’atteinte de la carboneutralité est une chose possible parce que nous sommes au Québec. L’utilisation de l’hydroélectricité pour la liquéfaction du gaz fait qu’elle émettra 84 % moins de GES qu’une autre usine ailleurs qui serait alimentée au charbon ou au pétrole. On est déjà en haut du podium », précise M. Tremblay.

La décision d’utiliser une torchère au sol plutôt qu’en hauteur et la possibilité que GNL élimine l’utilisation d’une quantité importante de charbon quelque part dans le monde constituent d’importantes victoires dans l’atteinte de la carboneutralité. Il espère que toutes les mesures aident à l’atteinte de l’acceptabilité sociale du projet puisqu’Énergie Saguenay ambitionne de produire le gaz naturel liquéfié le plus vert au monde.

Mandat

Le mandat confié à l’équipe de recherche en éco-conseil devra comprendre une évaluation quantifiée des GES évités, les actions nécessaires à l’atteinte de la carboneutralité, les éléments pertinents pouvant appuyer l’entreprise dans son analyse des coûts et bénéfices des solutions ainsi qu’un ordre de priorité entre les solutions proposées.

Parmi les solutions qui pourront être étudiées dans les années suivant la mise en service de l’usine figurent la séquestration du carbone par la plantation d’arbres au Québec ou ailleurs, l’ajout de gaz naturel renouvelable dans son approvisionnement ou encore la substitution de carburants pétroliers par du gaz naturel dans le transport lourd, la marine marchande ou les processus industriels.

L’équipe de recherche sera formée de Claude Villeneuve, Patrick Faubert, biologiste, Rémi Morin Chassé, Ph. D., professeur au Département des sciences économiques, Hélène Côté, ingénieure en génie chimique et éco-conseillère ainsi que Pierre-Luc Dessureault, géographe et éco-conseiller.

L’équipe de chercheurs aura jusqu’au 1er septembre pour remplir son mandat confié au coût de 50 000 $.

+

CLAUDE VILLENEUVE A RELEVÉ LE DÉFI

Le directeur de la Chaire en éco-conseil de l’UQAC, Claude Villeneuve, a accepté d’assumer le mandat d’Énergie Saguenay parce qu’il croit que les travaux de recherche qui seront réalisés seront susceptibles de faire avancer la science pour l’ensemble du Québec.

En entrevue, M. Villeneuve a indiqué que le mandat a été entériné par la direction de l’UQAC, lundi dernier.

Il a expliqué qu’Énergie Saguenay a approché la chaire en faisant part de son intention noble d’opérer une usine de liquéfaction carboneutre en se demandant combien d’arbres il faudrait planter annuellement. « Selon le dernier rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), il faut que le monde entier soit carboneutre à partir de 2050 pour tous les émetteurs de GES, peu importe qu’ils soient nouveaux ou anciens. Les nouveaux, il ne faudrait pas qu’ils existent », affirme-t-il.

Il avoue que la venue d’un nouveau promoteur désireux d’implanter une usine de liquéfaction du gaz naturel carboneutre pose un défi pour le chercheur qu’il est. 

Le travail qu’auront à réaliser les chercheurs permettra à Énergie Saguenay de faire le point sur les principes de compensation, les marchés volontaires, la captation géologique dans d’anciens sites miniers, la captation biologique, la plantation sur d’anciennes terres agricoles, etc. Une analyse des solutions applicables au projet Énergie Saguenay par des crédits compensatoires sur le Système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre du Québec (SPEDE) sera aussi réalisée.

Le document permettra d’établir si le Québec peut inclure de nouveaux émetteurs de GES et de fournir à Énergie Québec un menu à la carte contenant les solutions variées possibles.