Le maire de Saint-Honoré Bruno Tremblay, le brasseur Francis Laberge, les propriétaires du Pub Le Laser Frédéric Laberge et Laurie Côté, ainsi que l’analyste financier de la SADC Marc Gagnon, posent dans les locaux de la Microbrasserie Saint-Honoré.

Une relève qui brasse

Quand Frédéric Laberge et Laurie Côté ont ouvert leur bar à Saint-Honoré en 1994, celle-ci était enceinte de leur garçon Francis. Une vingtaine d’années plus tard, le jeune homme est maintenant partie prenante dans la modernisation de l’entreprise, renommée Pub Le Laser, en y greffant la Microbrasserie Saint-Honoré.

Diplômé de la première cohorte du Cégep de Jonquière en Techniques de production en microbrasserie, Francis Laberge avoue qu’il ne serait sûrement pas impliqué dans l’entreprise familiale sans la possibilité de développer sa passion, la fabrication de bières.

« Si ça n’avait pas été de ce volet, probablement que je n’aurais pas fait ça », admet le brasseur sous le regard fier de sa mère.

« C’est un vent de changement pour nous », se réjouit cette dernière.

Les deux entreprises sont distinctes, mais en totale symbiose, explique Francis Laberge. Le pub de la rue de l’Hôtel-de-Ville a été complètement réaménagé et de nouvelles lignes de fût seront ajoutées. Elles seront alimentées par la microbrasserie, qui produira la bière dans les locaux du deuxième étage. Deux cervoises devraient être prêtes au début de 2018, une blanche et une blonde.

« On commence par quelque chose d’accessible pour faire la transition, précise le jeune homme. Après, je veux me laisser aller et faire des recettes le fun, des bières de qualité à 100 % de malt d’orge et de blé. Les possibilités sont infinies. L’eau ici est parfaite pour brasser, elle nous vient de la nappe phréatique qui descend des monts Valins. »

Francis Laberge songe ensuite à des partenariats locaux pour des bières aux petits fruits ou aux épices boréales. Après être capable de fournir Le Laser, le brasseur voudrait approvisionner des commerces locaux à moyen terme. Pas mal pour celui qui a commencé à fabriquer de la bière avec un ami derrière sa maison, « un peu en cachette ».

Les parents et leur fils souhaitent se mettre au goût du jour. « Les gens sont éduqués de plus en plus pour acheter local. Notre concept rejoint tous les groupes d’âge », considèrent-ils. Ils pénètrent sur un marché en pleine ébullition, avec une douzaine de microbrasseries seulement au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« Les travaux vont bien. On est déjà prêt à procéder pour la partie brasserie, il n’y a que le côté cuisine qui demande un peu plus de temps », indique Frédéric Laberge.

Aide de la Ville

Rencontré lors d’une soirée de promotion au Laser, le maire de Saint-Honoré Bruno Tremblay était très heureux de la conversion en pub et de l’avènement de la microbrasserie. La Ville a même contribué financièrement au projet.

« Nous avons un fonds pour le développement d’entreprises. Selon l’ampleur du projet, on peut donner jusqu’à 60 000 $, et la MRC du Fjord-du-Saguenay peut fournir un autre 20 000 $. C’est une belle claque sur l’épaule, image-t-il. J’aime ce créneau des microbrasseries. En avoir une, ça crée un sentiment d’appartenance dans la communauté autour. »

Le Pub Le Laser et la Microbrasserie Saint-Honoré ont aussi été soutenus par la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC) du Haut-Saguenay.

Le directeur général de la SADC André Boily, Frédéric Laberge, Laurie Côté et Francis Laberge du Pub Le Laser et de la Microbrasserie Saint-Honoré, le vice-président Gilles Lapointe et le président Jean Foster du camping La Rocaille, ainsi que l'écoconseillère Valérie Dubé, membre du comité de la Coopérative jeunesse de services de Laterrière, représentent la 13e cohorte en développement durable de la SADC du Haut-Saguenay.

Une cohorte active en développement durable

Avec le camping La Rocaille et la Coopérative jeunesse de services de Laterrière, le Pub Le Laser et la Microbrasserie Saint-Honoré font partie de la 13e cohorte en développement durable de la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC) du Haut-Saguenay.

Ce programme leur permet d’être accompagnés par l’écoconseillère Valérie Dubé, qui pose un diagnostic et soutient les entreprises dans leurs démarches de développement durable. Par exemple, le Pub Le Laser a refait son système électrique afin d’être moins énergivore. La microbrasserie compte aussi redonner les grains de blé et d’orge, nécessaires à la fabrication de la bière, à un producteur local pour qu’il puisse nourrir son bétail.

«On a déjà aidé une soixantaine d’entreprises», affirme Mme Dubé.

Le camping La Rocaille, sur le chemin Portage des roches Nord, a pu réduire de presque la moitié sa facture en gestion de déchets en changeant un bac de poubelles pour un bac de recyclage. 

«On pensait qu’on manquerait de place ou que les clients trieraient mal, mais les gens sont bons et sensibilisés», analyse le président de l’entreprise familiale Jean Foster.

Le système d’assainissement des eaux usées est aussi en cours de révision. Le camping profite d’un tarif avantageux pour un prêt, grâce à leur participation à la cohorte de la SADC.

Du côté de la coopérative, les jeunes employés ont été formés l’été passé dans le cadre d’un projet-pilote. 

L’organisme veut à présent aller plus loin en offrant des services axés sur le développement durable à leurs clients, comme proposer l’herbicyclage pour la tonte du gazon.