Mally-Tamara Morin Doré (ressources humaines) , Yaëlle-Marion Morin Doré (directrice générale) et Émilie Doré (ingénieure) sont à la tête des Industries MES et de Staca.

Une relève qui a de quoi rendre jaloux

Les soeurs Émilie Doré, Yaëlle-Marion Morin Doré et Mally-Tamara Morin Doré étaient encore adolescentes lorsqu’elles travaillaient chez Industries MES et Staca, fondées par leurs parents au tournant des années 90. Aujourd’hui, les trois soeurs sont à la tête des entreprises familiales, qui se spécialisent dans la récupération des résidus industriels et agricoles, en plus de préparer les matières premières des alumineries.

Les parents des trois soeurs, Marlène Morin et Bernard Doré, ont eu cinq filles. Trois d’entre elles ont été assez intéressées par les entreprises de leurs parents pour assurer la relève. Une statistique qui aurait de quoi rendre jaloux bien des entrepreneurs.

Depuis près de trois ans, elles sont maintenant propriétaires à 100 % des entreprises.

« Mon père travaillait pour Staca, avant qu’il l’achète. Il y a des travailleurs qui sont donc ici depuis 35 ans. Certains des gars nous ont vues naître ! Ils nous connaissent depuis qu’on est toutes petites. Et on a travaillé dans l’usine dès qu’on a eu 16 ans. La relève s’est faite tout naturellement », explique Mally-Tamara Morin Doré.

« On a grandi ici. Nos parents sont contents et assez fiers, parce qu’ils ont une relève de trois sur cinq, c’est pas mal ! », a ajouté Yaëlle-Marion Morin Doré.

Émilie est ingénieure, Yaëlle-Marion est directrice générale, alors que Mally-Tamara est directrice d’usine et responsable des ressources humaines.

Les trois soeurs n’ont pas de difficulté à s’entendre entre elles. Les valeurs familiales sont bien présentes au sein de l’entreprise.

« On se complète super bien et on s’entend bien aussi. Pour nous, ce qui est important, c’est le travail d’équipe. C’est certain qu’il y a parfois des prises de bec, mais c’est normal. On est quand même trois soeurs ! », lance Mally-Tamara Morin Doré.

Les trois entrepreneures, qui oeuvrent dans le domaine industriel, ont-elles eu à faire face à des préjugés en raison de leur sexe ?

« Non, on n’a jamais senti quoi que ce soit à ce niveau. C’est certain qu’on est dans un milieu d’hommes, mais nous avons vraiment une relation de confiance avec nos employés et nos clients, alors être une femme ou un homme, ça ne change rien », a affirmé la directrice générale, Yaëlle-Marion Morin Doré.

Réduire et valoriser les déchets

La mission de Staca et des Industries MES est de réduire, voire d’éliminer, l’enfouissement des matières résiduelles industrielles et agricoles.

Chaque année, les deux entreprises récupèrent 70 000 tonnes de matières résiduelles. De ce nombre, seulement 100 tonnes sont encore jetées, comme le plastique, notamment.

« On offre à nos clients d’améliorer leur efficacité par le conditionnement de la matière première et la revalorisation des résidus, comme les poussières, des granules, le bois, etc. Des modifications physiques sont également offertes par différents procédés, tels que le concassage, le tamisage, la décontamination et le tri », explique Mally-Tamara Morin Doré.

« Il est aussi possible de suggérer des pistes de valorisation des produits dans d’autres milieux ou de les conditionner par emballage ou ensachage », ajoute la copropriétaire. Les entreprises possèdent également un département de sciage de carbone, de graphite, de briques ou d’autres agrégats.

À l’ère où l’environnement et la production de déchets font de plus en plus partie de la culture des entreprises, les soeurs Morin Doré constatent une évolution rapide des mentalités.

« Nous avons des retours pour des soumissions qu’on a faites il y a un an. On voit que les gens sont de plus en plus conscientisés et qu’ils veulent limiter leurs déchets enfouis. Autant au niveau des industries que des particuliers », explique Yaëlle-Marion Morin Doré.

« Notre but est vraiment de récupérer et de valoriser les déchets généralement enfouis. Il y a quelques années, on entendait souvent les gens dire : ‘‘On va envoyer ça au site d’enfouissement.’’ C’est une phrase qu’on entend moins », ajoute Émilie Doré, ingénieure de formation.

À La Baie et à Jonquière

Les Industries MES sont situées à La Baie, sur le chemin Saint-Anicet. On s’y spécialise dans la préparation des matières premières des alumineries.

« Nous comptons les alumineries du Canada de Rio Tinto, d’Alcoa et d’Alouette parmi nos clients », spécifie Émilie Doré.

Chez Staca, située sur la rue Drake, à Jonquière, on se spécialise plutôt dans le traitement et la revalorisation des déchets.

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ENCORE LA MAIN-D'OEUVRE

Industries MES et Staca comptent une quarantaine d’employés.

À l’instar de bien d’autres entreprises, les Industries MES et Staca sont à la recherche d’employés pour pourvoir de nombreux postes. « On a besoin de tout ! », admet la directrice générale, Yaëlle-Marion Morin Doré. 

Les entreprises comptent une quarantaine d’employés. « Nous recherchons des journaliers, des ingénieurs, des opérateurs, des mécaniciens, des électriciens et des techniciens. Nous avons des projets d’expansion, mais avec la pénurie de main-d’oeuvre, c’est plus difficile », soulignent les propriétaires. 

Pour les trois soeurs, l’esprit d’équipe et la collaboration sont des valeurs bien ancrées dans les entreprises. « Nous cherchons à nous distinguer avec les conditions de travail. C’est important que les employés se sentent bien ici, qu’ils se sentent comme dans une famille », ajoute Émilie Doré, précisant que la rétention de main-d’oeuvre est très bonne.