Canada Goose a récemment ouvert des magasins à Pékin et à Hong Kong, ainsi qu’un bureau régional à Shanghai.

Une relation amour-haine

Le grand patron de Canada Goose affirme depuis des années que ses clients ne trouveront jamais de maillot de bain arborant le logo emblématique de sa société parce que ce genre de produit n’a aucun sens pour la marque de parkas de luxe, mais la contrefaçon l’a fait mentir.

Les forces de l’ordre et la société torontoise, connue pour ses manteaux qui se vendent à environ 1000 $, ont découvert des milliers de maillots de bain et d’autres articles que la marque n’a jamais vendus, notamment des tentes et des pantalons, tant en ligne que dans des magasins à l’étranger.

Comme la plupart des propriétaires d’entreprise, Dani Reiss préfère que ses produits ne soient pas usurpés. Il a consacré beaucoup de temps et d’argent à la lutte contre la contrefaçon de produits Canada Goose de la part des fabricants clandestins d’outre-mer. Ces produits se retrouvent sur divers marchés, où ils sont vendus au vu et au su de tous, ou sinon dans les coulisses.

« Le problème, c’est que lorsqu’on ferme une usine, une autre ouvre ailleurs, a expliqué M. Reiss. Il est difficile d’imaginer une fin à cette pratique. »

Malgré tout, M. Reiss entretient une relation amour-haine avec la contrefaçon puisqu’il admet qu’elle présente certains avantages, notamment en Asie. Canada Goose a récemment ouvert des magasins à Pékin et à Hong Kong, ainsi qu’un bureau régional à Shanghai.

« Cela nous a aidés à attirer l’attention (...) des gens qui ne savaient peut-être pas qui nous étions avant que nous soyons contrefaits », a observé M. Reiss, ajoutant que certains estiment que l’imitation est une forme de flatterie.

M. Reiss n’a jamais vu de produits Canada Goose contrefaits provenant d’autres pays que la Chine, mais il a vu ces produits vendus et distribués dans le monde entier, depuis que la marque a obtenu ses premiers succès en Europe, il y a plus de 10 ans. Des contrefaçons avaient alors surgi en Suède, en Norvège et au Danemark. Depuis, Canada Goose est fréquemment avisé de l’existence de produits contrefaits par les forces de l’ordre et les agences chargées d’éradiquer la contrefaçon, et la marque a découvert de nombreux vendeurs malicieux sur les plateformes numériques.

Rien que la saison dernière, Canada Goose a supprimé 30 000 fausses annonces en ligne et 1700 autres sites Web se présentant faussement comme le site officiel de la marque ou un vendeur autorisé de ses produits, a précisé M. Reiss. La société les a combattus grâce à un outil en ligne permettant aux clients de saisir n’importe quel lien pour savoir si les produits annoncés sur un site sont réels. Du côté des magasins physiques, M. Reiss a entendu parler de quelqu’un qui avait ouvert un faux magasin Canada Goose en Chine il y a des années et d’autres fournisseurs qui vendaient des versions contrefaites de ses produits dans les marchés aux puces en Thaïlande.

Canada Goose a même été impliquée dans un procès en 2012 contre cinq Suédois qui avaient vendu des milliers de manteaux Canada Goose contrefaits et d’autres produits pendant des années.

Entre-temps, les autorités chinoises ont effectué des perquisitions dans six sites de fabrication dans le pays, saisissant plus de 4000 produits contrefaits. Les autorités frontalières ont également trouvé de faux Canada Goose, dont 55 000 imitations de l’écusson de la société en Allemagne et en France, où elles avaient été livrées depuis l’Asie.