C’est après avoir constater les bienfaits de la chambre hyperbare qu’elle utilisait pour sa fille que Maryse Delagrave (à droite) a voulu en faire bénéficier les autres. Son amie et partenaire d’affaires, Valérie Giroux, a immédiatement embarqué dans le projet.

Une première clinique hyperbare ouvre à Chicoutimi

Une toute première clinique thérapeutique hyperbare voit le jour au Saguenay–Lac-Saint-Jean. En effet, deux chambres hyperbare sont maintenant offertes au grand public, qui peut expérimenter à la séance ce service dit de bien-être.

Ce sont Maryse Delagrave et Valérie Giroux qui ont fondé la clinique Maeva (contraction des prénoms des deux femmes). La clinique, située au 138, rue Price Ouest à Chicoutimi, est ouverte à la population et offre des services à la séance depuis une semaine. C’est après avoir expérimenté la thérapie hyperbare que Maryse et Valérie ont eu l’idée d’offrir le service à tous.

«Ma fille souffre d’un retard de développement moteur et verbal. Elle est soignée et suivie en orthophonie et en physiothérapie, mais nous voulions mettre toutes les chances de son côté. Nous nous sommes donc procuré une chambre hyperbare. Vraiment, les bienfaits ont été énormes. Les spécialistes qui suivent ma fille ont rapidement vu les améliorations. Je dis souvent que la thérapie hyperbare a été le petit coup des ailes d’un papillon pour elle», explique Maryse Delagrave.

Soulignons d’entrée de jeu que la thérapie hyperbare par basse pression n’est pas encore reconnue par Santé Canada. Et les deux entrepreneures ne sont pas des professionnelles de la santé. «Il faut faire attention, on ne parle pas de traitements, mais vraiment de thérapies de bien-être. Une personne peut avoir une chambre hyperbare chez elle, et il est possible d’en faire profiter les autres. Il existe ce genre de cliniques ailleurs au Québec, mais pas ici, au Saguenay–Lac-Saint-Jean», explique Valérie Giroux.

Le client peut se détendre dans la chambre hyperbare. Le sol est matelassé et un jeu de lumières propose des ambiances différentes.

Par contre, la thérapie hyperbare de haute pression est reconnue par Santé Canada et est utilisée en milieu hospitalier seulement, notamment pour des cas d’accident de décompression en plongée.

Concernant la basse pression, on peut utiliser la chambre hyperbare pour améliorer la qualité de vie des personnes souffrant de paralysie cérébrale. Elle est aussi utilisée pour soulager les symptômes de la migraine, de l’anxiété ou des troubles de déficit d’attention, par exemple. Plusieurs sportifs ont également recours à une chambre pour accélérer la récupération après un effort intense ou pour encourager la guérison. D’autres personnes adoptent la thérapie simplement pour s’offrir un moment de détente et de bien-être.

«Personnellement, je l’ai utilisée avec ma fille et j’ai vraiment vu des améliorations sur ma concentration et mon énergie», a indiqué Maryse Delagrave.

La petite clinique offre deux chambres hyperbares. Les séances offertes sont d’une durée de 1h30 et coûtent 60$. Les chambres peuvent être utilisées individuellement, mais peuvent aussi accueillir deux adultes et un enfant.

Maryse Delagrave et Valérie Giroux ont ouvert le premier centre hyperbare de la région.

La personne peut aussi bien s’y endormir qu’y écouter un film.

«Ce n’est pas tout le monde qui peut se procurer une chambre hyperbare. On voit souvent des collectes de fonds pour des enfants malades, puisqu’une chambre coûte 20 000$ et plus. C’est d’ailleurs pour ça qu’on a pensé à ouvrir une clinique. Pour que tout le monde puisse en bénéficier», ont souligné les deux entrepreneures, qui sont amies et partenaires d’affaires. Elles sont derrière, notamment, le Salon de la femme du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Le but ultime de ce projet est de créer une fondation, afin que les familles puissent bénéficier de séances gratuites pour les enfants.

«C’est vraiment notre mission pour 2019», a souligné Maryse Delagrave.

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LA THÉRAPIE HYPERBARE, C'EST QUOI?

• Une séance en chambre hyperbare consiste à placer une personne dans un endroit hermétique (chambre hyperbare) dans lequel la pression de l’air est augmentée, par le biais de compresseurs, à un niveau plus élevé que la pression atmosphérique.

• L’intérêt pour la thérapie hyperbare vient du fait que la pression influence la quantité d’oxygène qui peut être transportée dans le sang. À pression normale, l’oxygène que nous respirons est principalement transporté par nos globules rouges dans notre organisme et une infime quantité d’oxygène est dissoute dans notre plasma. Lors d’une séance en chambre hyperbare, nos globules rouges se saturent en oxygène. Grâce à la pression obtenue dans la chambre hyperbare, une plus grande quantité d’oxygène se dissout et pénètre dans nos liquides corporels (le plasma sanguin, le liquide lymphatique et le liquide encéphalorachidien) ainsi que dans les tissus, les cellules et les organes de notre corps, donc plus profondément dans le sang. 

• Bien qu’il ne soit pas reconnu par Santé Canada, une dizaine de recherches scientifiques ont déjà démontré les effets positifs de ce traitement, qui peut accélérer de 25 à 40 fois l’évolution des enfants atteints de paralysie cérébrale. Parmi ces recherches figure une étude internationale publiée en 2014, à laquelle des chercheurs du CHU Sainte-Justine ont participé, dont le physiatre spécialisé en paralysie cérébrale, le Dr Pierre Marois. Les résultats d’une étude plus vaste sont attendus au printemps.