Peter Simons et le président de Rituels.ca, Michael Carpentier, ont fait cette annonce jeudi soir, à Québec.

Une première acquisition en 178 ans pour Simons

Un acheteur compulsif le clan Simons? Pas vraiment. Une seule acquisition en 178 années d’existence!

Il a fallu la publication d’un article de blogue du fondateur et président de Rituels.ca, Michael Carpentier, pour piquer la curiosité du pdg de La Maison Simons, Peter Simons, et éventuellement l’amener à réaliser l’acquisition de l’entreprise de Québec qui offre des produits et des accessoires de rasage et de soins personnels pour les hommes «qu’ils soient bûcherons ou actuaires», précise-t-on.

Jeudi, les deux hommes se sont serré la pince pour marquer l’occasion historique. L’événement se tenait dans la nouvelle boutique de Rituels.ca dans le quartier Petit Champlain.

L’histoire débute en janvier alors que Peter Simons annonçait la construction d’un nouveau centre de distribution de classe mondiale dans la capitale.

«J’ai écrit un article suggérant à Simons d’offrir de l’aide en matière de logistique aux petites entreprises en croissance comme la nôtre», explique Michael Carpentier au Soleil. «Quelques jours plus tard, je recevais une communication de Simons. On avait lu mon article et on voulait me parler.»

Michael Carpentier raconte qu’il y a eu une sorte de «coup de foudre» entre Simons et Rituels.ca.

«Au départ, moi, je ne cherchais pas à vendre mon entreprise. Simons, de son côté, n’est pas nécessairement une machine d’acquisitions. Mais, par-dessus tout, il y avait une volonté de part et d’autre de réaliser des choses ensemble. En concluant la transaction, nous avons concrétisé la chose de la manière la plus simple possible», signale M. Carpentier en soulignant que le montant de la transaction demeure confidentiel. Les sept employés de Rituels.ca joignent les rangs de Simons.

Peter Simons parle d’une «association naturelle» entre les deux entreprises.

«Rituels.ca a le même souci du détail que nous dans la sélection des produits offerts à ses clients, et fait tout pour forger des relations à long terme avec ceux-ci, notamment avec une expérience d’achat sans pareil. Nos entreprises s’adressent à des segments de marchés similaires, mais sous deux angles parfaitement complémentaires.»

«Michael Carpentier pourra mettre son leadership et son expertise en e-commerce à profit chez nous, notamment dans la conversion de l'ancien centre de distribution en accélérateur pour les créateurs et les petites et moyennes entreprises. J’ai pleinement confiance en lui», affirme Peter Simons.

Le marché des cosmétiques masculins est en pleine croissance. Selon les chiffres avancés par Simons et Rituels.ca, les dépenses mondiales en savons, shampoings, huiles et crèmes à barbe devraient dépasser les 60 milliards $ d’ici 2020.

«Simons avait le choix: développer sa marque et ses produits à l’interne ou mettre le grappin sur un joueur émergent détenant déjà une bonne notoriété dans le marché», résume Michael Carpentier.»

L’arrivée des produits distribués par Rituels se fera de façon graduelle au cours des prochains mois chez Simons, en boutique comme en ligne.

Frapper un mur

En 2011, Michael Carpentier investissait 5000 $ pour acheter des produits de rasage qu’il voulait vendre en ligne. «Je me disais que si ça ne marche pas, au moins, j’aurais des produits en masse pour me raser au cours des 25 prochaines années!» racontait-il au Soleil en février 2016.

Heureusement, le spécialiste en marketing numérique a rapidement écoulé son inventaire. Ses ventes ont grimpé en flèche. D’abord au Canada, puis aux États-Unis.

«Nous enregistrons un taux annuel de croissance de 40%», fait-il remarquer. Les produits de Rituels.ca sont disponibles en ligne, dans sa nouvelle boutique du quartier Petit Champlain — qui est aussi un salon de barbier — et dans une cinquantaine de boutiques au pays et chez nos voisins du sud.

Le détaillant est victime de son succès.

«La petite machine de Rituels.ca s’apprêtait à frapper un mur. Celui de la logistique. Nos espaces d’entreposage sont rendus trop petits. Le manque de capacités logistiques risquait de freiner sérieusement notre croissance. Nous nous demandions s’il ne fallait pas construire ou louer un entrepôt dans un parc industriel. Nous envisagions même de faire appel à Amazon Web Services. Veux veux pas, nous commencions à nous éloigner du coeur de notre entreprise. Évidemment, ça aurait nécessité des investissements importants. Entre vous et moi, je préfère investir en marketing et en développement de produits qu’en pieds carrés d’entrepôt.»