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Une nouvelle usine de Charl-Pol projetée au port de Grande-Anse
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Une nouvelle usine de Charl-Pol projetée au port de Grande-Anse
Le fabricant baieriverain Charl-Pol souhaite construire une usine sur la zone industrialo-portuaire du port de Grande-Anse, à Saguenay, afin de bénéficier des retombées attendues dans l’industrie de la construction maritime. Port de Saguenay compte profiter de ce projet pour positionner ses installations comme un pôle satellite en construction navale.
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Un projet d’usine pour Charl-Pol sur la ZIP du port de Grande-Anse

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Un projet d’usine pour Charl-Pol sur la ZIP du port de Grande-Anse

Myriam Gauthier
Myriam Gauthier
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Le fabricant d’équipements mécanosoudés Charl-Pol projette de construire une usine sur la zone industrialo-portuaire (ZIP) du port de Grande-Anse, à Saguenay, afin de répondre à la demande attendue au pays dans l’industrie de la construction navale. L’entreprise baieriveraine espère ainsi être la première à s’implanter sur le site industriel.

La nouvelle usine de fabrication, un projet d’investissement majeur pour l’équipementier, permettrait d’expédier plus efficacement par bateau des modules de coque de navires à partir de La Baie.

Le président-directeur général de Charl-Pol, Richard Tremblay, espère ainsi que l’entreprise soit prête à bénéficier des importantes retombées attendues dans les prochaines années en lien avec la construction et la réfection de traversiers, de frégates et de brise-glaces, notamment.

«Du côté canadien, avec la Stratégie nationale de construction navale, c’est des dizaines de milliards sur les 20 prochaines années qui vont être octroyés, dont la Davie devrait avoir une très, très belle part», souligne celui dont l’entreprise fait partie des fournisseurs du chantier maritime de Lévis.

«C’est la renaissance du secteur maritime, de la construction navale. C’est un nouveau pan de l’économie qui va créer de nouveaux emplois», estime-t-il.

Le président-directeur général fonde entre autres ses espoirs sur la qualification attendue de Chantier Davie comme troisième joueur désigné au sein de la stratégie nationale canadienne. En décembre, l’entreprise a atteint le stade de la préqualification.

Les retards et les dépassements de coûts de la stratégie nationale, du côté du chantier naval Seaspan de Vancouver ces dernières années, représentent aux yeux de l’homme d’affaires un argument supplémentaire en faveur de la désignation de Chantier Davie.

Faciliter la fabrication et l’expédition
Charl-Pol est un fournisseur de longue date de Chantier Davie. En 30 ans, le fabricant de pièces pour l’industrie lourde a obtenu en sous-traitance des contrats totalisant 40 M$ de la part du plus grand chantier maritime canadien.

En 2010, la fabrication de modules de coque de navires avait cependant demandé une importante logistique à l’entreprise. Ces imposantes pièces peuvent peser quelque 100 tonnes et dépasser les 50 pieds en longueur et en largeur.

Les pièces étaient conçues dans les installations baieriveraines, avant d’être transportées dans un entrepôt, au port de Grande-Anse, où elles étaient peintes et ensuite chargées sur une barge pour l’expédition, des opérations coûteuses. « C’était compliqué et difficile de transporter ça sur la route », souligne l’homme d’affaires, qui souhaite aussi profiter des opportunités liées à la Stratégie maritime du Québec, lancée en 2015.

Des « centaines d’emplois sur 20 ans »
L’usine, qui serait la première à voir le jour sur la ZIP de Grande-Anse, à proximité des installations du terminal maritime en eau profonde, serait la sixième usine de l’équipementier régional. Charl-Pol, en plus de son usine située sur le chemin Saint-Anicet, à La Baie, possède également des installations sur la Côte-Nord, à Baie-Comeau et à Sept-Îles, de même qu’à Kitimat, en Colombie-Britannique.

Richard Tremblay estime que des «centaines d’emplois sur 20 ans» pourraient être créés grâce à cette nouvelle usine. Il est cependant prématuré de préciser le montant de l’investissement, qui variera selon les annonces gouvernementales. Il assure cependant que le projet qu’il planifie depuis plusieurs années pourra voir le jour rapidement.

Malgré les impacts de la crise sanitaire et économique liés à la COVID-19, le président-directeur général a bon espoir qu’Ottawa poursuivra les investissements attendus, afin de soutenir la relance économique.

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DES RETOMBÉES POUR D’AUTRES ENTREPRISES RÉGIONALES

Les «retombées majeures» attendues dans l’industrie de la construction navale auront également des impacts sur d’autres sous-traitants régionaux de Chantier Davie, avance Richard Tremblay, président-directeur général de Charl-Pol.

Le Comité des fournisseurs de Chantier Davie Canada au Saguenay-Lac-Saint-Jean, dont il assume la présidence, compte huit entreprises régionales.

Des entreprises comme Grimard, Acier MYK ou Hydrep font partie du comité régional, fondé au printemps 2019, qui est lié à l’Association nationale des fournisseurs du chantier maritime québécois.

«Pour construire un navire, on parle de tous les secteurs d’activité, rappelle M. Tremblay. C’est comme une petite ville.»

Faire du port de Grande-Anse un pôle satellite de la construction navale

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Faire du port de Grande-Anse un pôle satellite de la construction navale

Myriam Gauthier
Myriam Gauthier
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Port de Saguenay souhaite positionner le port de Grande-Anse, à La Baie, comme un pôle satellite de l’industrie de la construction navale au Québec. Le terminal maritime désire profiter de l’usine planifiée par Charl-Pol sur sa zone industrialo-portuaire (ZIP) pour propulser son projet d’agrandissement du quai Marcel-Dionne.

Le directeur général de Port de Saguenay, Carl Laberge, estime que les investissements majeurs attendus en lien avec la Stratégie nationale de construction navale d’Ottawa pourraient permettre au site baieriverain de se développer dans un secteur d’activité où les besoins s’annoncent importants à long terme.

«Ce qu’on veut, c’est positionner Saguenay au niveau du développement des chantiers navals, avec Charl-Pol en tête, qui en a déjà fait, et qui a une intention de se construire, pour avoir d’autres fournisseurs aussi. On veut devenir un pôle satellite de construction navale au Québec», exprime-t-il, lors d’une entrevue accordée aux bureaux administratifs de Port de Saguenay, à La Baie, en compagnie du président-directeur général de Charl-Pol, Richard Tremblay.

La ZIP du port de Grande-Anse dispose actuellement des services nécessaires pour accueillir des entreprises comme Charl-Pol, qui n’ont pas les mêmes besoins que les usines de grande transformation projetées sur le site, comme celles de traitement du minerai de Métaux BlackRock et de liquéfaction du gaz naturel de GNL Québec.

Cette affiche, retrouvée par les administrateurs de Port de Saguenay, rappelle les phases de développement projetées pour le port en eau profonde inauguré en 1985.

Le directeur général considère les projets de plus petite envergure comme étant complémentaires aux grands projets industriels, dans le but de développer la ZIP. La zone compte 25 hectares préparés sur un total de 1200 hectares disponibles, à proximité des installations du terminal maritime, inauguré en 1985.

Un besoin d’installations plus compétitives
Le projet d’agrandissement de 80 M$ du quai Marcel-Dionne demeure cependant nécessaire pour le port de Grande-Anse, afin d’offrir aux entreprises de ce pôle potentiel un gain en compétitivité grâce à des installations plus «flexibles» et «sur mesure», explique Carl Laberge.

«On le contextualise aussi dans le développement de la zone industrialo-portuaire, avec une augmentation de trafic anticipée, pas juste pour ces projets-là, mais pour d’autres projets aussi.»

Port de Saguenay termine actuellement l’étude d’impact environnemental du projet présenté l’an dernier. L’amélioration du quai Marcel-Dionne comprend notamment l’augmentation de la capacité maritime, afin d’accueillir plus d’un bateau à la fois, et la réalisation d’une rampe de chargement permettant un accès direct aux navires et le chargement de pièces plus grandes et plus lourdes.

Financement
Malgré les impacts de la crise sanitaire et économique, le directeur général de Port de Saguenay a toujours bon espoir de pouvoir obtenir un soutien des gouvernements pour financer la majorité du projet.

«Il y a une volonté, il y a un timing actuellement d’injecter de l’argent dans l’économie au niveau des infrastructures, constate-t-il. Ce qu’on entend, ce qui est recherché, c’est des infrastructures qui peuvent être mises en place à court terme, avoir des injections rapides lors de la construction et après ça qui vont avoir des effets de levier à long terme.»