Le métier d’opérateur de machines à coudre industrielles est enseigné à une nouvelle cohorte d’étudiants du CFP Jonquière.

Une nouvelle formation à Jonquière

La Commission scolaire De La Jonquière lance un tout nouveau programme de formation pour opérateurs de machines à coudre industrielles. En plus de donner un sérieux coup de pouce à l’industrie régionale du textile, aux prises avec un besoin criant de main-d’oeuvre, sa mise en place pourrait mettre la table à la relance de Confection sur mesure et retouches, interrompue il y a quelques années à la demande du ministère.

Une première cohorte formée d’une dizaine d’élèves a donné le coup d’envoi au cours à la mi-septembre au CFP Jonquière. Il s’agit principalement d’étudiants qui souhaitaient retourner sur le marché du travail dans un domaine d’intérêt et recelant de bonnes perspectives d’emploi. Le déploiement de la formation de 420 heures, qui culminera en l’obtention d’une attestation en formation professionnelle, a été rendu possible grâce à un partenariat impliquant le service aux entreprises de la Commission scolaire De La Jonquière et le Comité sectoriel de main-d’oeuvre (CSMO) de l’industrie du textile du Québec, situé à Drummondville. Quatre entreprises régionales sont associées au projet: Perséides 3D, SEFAR BDH, Polaire + et Altitude conception.

Les enseignants Guylaine Dessureault et Claude Bradet enseignent le métier d’opérateur de machines à coudre industrielles à une nouvelle cohorte d’étudiants du CFP Jonquière.

Pour être sélectionnés, les candidats devaient satisfaire aux exigences des entreprises partenaires, qui paient un salaire aux futurs opérateurs de machines à coudre industrielles, en plus de leur garantir un emploi une fois le diplôme décroché.

«Quand on donnait la formation professionnelle en Confection sur mesure et retouches, l’industrie nous appelait quand elle avait des besoins de main-d’oeuvre. Mais depuis que le ministère a interrompu le programme pour une éventuelle refonte, parce que ce domaine est en mutation, on ne pouvait plus envoyer personne. On continuait d’avoir des appels, ce qui nous a fait prendre conscience qu’il y avait de véritables besoins en région. On a fait appel au CSMO et on a décidé de s’allier. Tout ça est parti de chez nous parce que des entreprises de chez nous ont sonné la cloche», met en contexte Nathalie Larouche, agente de développement au Centre de formation professionnelle Jonquière et au Service aux entreprises.

Séduction réciproque

Nathalie Larouche explique que pour être admis, les étudiants, âgés de 19 à 60 ans, devaient réussir une entrevue de sélection et se faire embaucher par l’une des quatre entreprises associées au projet.

Il s’agissait d’un exercice de séduction réciproque puisque les candidats avaient un droit de regard sur le lieu de formation et leur futur employeur. Étant donné que chaque champ d’activité et environnement de travail est différent, et comme deux journées par semaine de formation se déroulent entre les murs de l’entreprise, il fallait un match parfait.

Tous les candidats ont trouvé chaussure à leurs pieds. Certains oeuvrent à la fabrication de vêtements spécialisés pour les policiers et pompiers, tandis que d’autres confectionnent des manteaux d’hiver ou des filtres industriels.

«On voulait des gens qui n’avaient pas d’expérience, mais qui avaient le goût d’aller en couture. Notre but était d’aller chercher des gens qui étaient un peu plus éloignés du marché du travail. On a fait de la publicité et on a utilisé Facebook pour annoncer la formation. On s’est aussi tournés vers le Centre local d’emploi. On s’est rendu compte que sur le territoire de Jonquière, il y avait environ 1400 personnes qui étaient aptes à l’emploi, mais qui ne travaillaient pas. On s’est dit ‘‘ils sont où ces gens-là?’’», poursuit Nathalie Larouche.

+ UNE ASSOCIATION LOGIQUE

Pour le CFP Jonquière, le projet est gagnant puisqu’il permet de dépoussiérer certains équipements spécialisés qui n’étaient plus utilisés. 

De plus, la mise à profit des enseignants Claude Bradet et Guylaine Dessureault, des as de la couture, a permis de développer un programme taillé sur mesure pour les besoins des étudiants et de l’industrie du textile.

«On espère que le ministère va débloquer la suspension de la formation en couture et on aimerait continuer de développer le programme d’opérateurs de machines à coudre industrielles. On a déjà les ateliers, les enseignants et les partenariats avec les entreprises», fait valoir Nathalie Larouche.

Elle précise que la totalité de la formation est payée par les partenaires du projet. Pendant les 150 premières heures, les trois quarts des coûts sont assumés par le Comité sectoriel de main-d’ouvre (CSMO) de l’industrie du textile du Québec, tandis que le quart est assumé par les entreprises. Pour les 150 heures suivantes, les frais sont partagés moitié-moitié. Enfin, pour la dernière portion de la formation, le ratio est de 25 pour cent CSMO et 75 pour cent employeur.