En plus du miel, Valé O Miel dispose d’une gamme de trois hydromels, qui devraient être commercialisés fin 2018.

Une lune de miel alléchante

L’entreprise apicole Valé O Miel de La Baie a déjà acquis une expertise appétissante dans la production du vin de miel, mieux connu sous le nom d’hydromel. L’apiculteur-propriétaire Stéphane Bouchard s’est adjoint de deux mordus qui butinent depuis longtemps dans l’alcool et les spiritueux, Louis Côté et Martin Morency, afin de développer une boisson florale unique et accessible. Un produit prometteur dont les associés ont bon espoir qu’il piquera la curiosité des consommateurs.

La jeune entreprise baieriveraine jouit d’un nectar et d’un pollen aux saveurs boréales en raison de tourbières avoisinantes, précise Stéphane Bouchard. « Tous les miels régionaux disposent d’atouts uniques; le mien se caractérise par sa délicatesse nordique », confie celui qui a profité d’un legs de nucléis par son grand-père, mais qui s’est rapidement retrouvé à multiplier les ruchers par passion. Dorénavant, c’est d’une centaine de ruches dont il extrait le miel (en vente chez plusieurs détaillants) qui sert à produire le moût de miel, première étape dans la fabrication de l’hydromel. Produite de façon artisanale, la boisson devrait être commercialisée fin 2018. Un produit-vedette, très accessible, côtoiera deux autres boissons agrémentées de petits fruits, appelées à être modifiées au gré des saisons.

Un monde de possibilités
Les trois copains n’ont ni plus ni moins comme désir de «déstéréotyper» l’hydromel, et de casser le mythe que le vin de miel est un produit riche et trop sucré. Les associés avouent être surpris d’avoir dès maintenant un produit non filtré stable, délicieux et délicat, à maturité, selon eux, après seulement un an d’efforts. « On a un miel d’une excellente qualité, des personnalités complémentaires et les connaissances nécessaires pour produire un alcool épatant », avance Martin Morency, détenteur d’une formation en fermentation et macération et qui évolue dans le commerce de détail de l’alcool depuis 20 ans.

Trois phases sont à l’échéancier pour l’entreprise vraisemblablement destinée à se nommer Hydromel du Fjord: la première, qui a été réalisée par Stéphane Bouchard, consistait à opérer une miellerie, dont les ruches peuplées d’abeilles carnioliennes sont confectionnées par l’artisan, à partir du bois coupé sur ses terres. L’apiculteur de La Baie a été l’unique bailleur de fonds en recherche et développement de l’hydromel. La seconde est la construction de l’hydromellerie, destinée à être un arrêt du circuit touristique agroalimentaire régional. Déjà, les passionnés caressent le rêve d’ajouter aux installations une liquoristerie.

« On s’est donné comme mandat rigoureux de produire un excellent hydromel avec des produits de la Boréalie, et de mettre à jour son image gothique », avoue Louis Côté, qui s’est déplacé jusqu’en Suisse afin de parfaire sa curiosité envers la fabrication de bières, vins et spiritueux. Leur hydromel offre les combinaisons aromatiques du miel et a une apparence cristalline. Il a un goût raffiné et propose une teneur en alcool autour des 14%.

Déjà, des restaurateurs et chefs cuisiniers ont souhaité intégrer l’hydromel à la carte régionale.

Dans l’ordre habituel, Martin Morency et Louis Côté, spécialistes en alcools, présentent leurs futurs produits aux côtés de Stéphane Bouchard, apiculteur.

Pour le moment, seule l’entreprise Miel des ruisseaux d’Alma produit de l’hydromel au Saguenay‐Lac‐Saint‐Jean.

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ENTRE CHIMIE ET CRÉATION

La rencontre il y a quatre ans entre apiculteur et experts-conseils en vin et spiritueux s’avère, aux dires des principaux intéressés, très fructueuse. « Nos aptitudes communes sont très complémentaires: notre trio comprend des expertises en apiculture, de solides connaissances dans l’univers de l’alcool et aussi au niveau de la mise en marché de ce dernier » confirme Louis Côté. « On se retrouve aussi beaucoup dans la création et l’exploration, et lorsqu’on a expérimenté la création d’un alcool de miel, les résultats initiaux ont rapidement confirmé nos atomes crochus », s’enthousiasme Martin Morency.