Le professeur au département des sciences économiques et administratives de l’UQAC, Julien Bousquet, annonce la refonte du programme de marketing. Dès l’automne, des cours de marketing numérique et de marketing responsable seront ajoutés au cursus.

Une formation en marketing numérique et responsable

Le marketing, dans sa définition, n’a pas changé en dix ans. On parle toujours des actions qui contribuent à créer des produits qui satisfont les attentes des consommateurs et à assurer leur commercialisation dans les meilleures conditions de profit. Mais l’émergence du numérique a considérablement changé la donne, si bien que l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) a cru bon de revoir le contenu de son programme.

Dès l’automne, la spécialisation en marketing du baccalauréat en administration et le certificat du même nom seront bonifiés de deux nouveaux cours. Seront donc intégrés à l’actuel cursus «Marketing numérique et réseaux sociaux», de même que «Marketing responsable». 

Professeur au département des sciences économiques et administratives de l’UQAC, Julien Bousquet est responsable de la section marketing. Il explique que l’actualisation de la formation était devenue nécessaire, puisque le contenu n’avait pas été revu depuis une dizaine d’années.  

Pendant 18 mois, un comité a sondé les membres de la communauté étudiante et du corps professoral, de même que les entreprises partenaires du programme, pour jeter les bases de la nouvelle mouture.  

«On s’est inspiré de ce qui est offert ailleurs, mais on peut dire que mis à part les grandes universités, on est dans les premières à aller de l’avant avec une telle refonte. On a voulu revoir le contenu du programme de manière très objective pour offrir non pas ce qui est pertinent pour les professeurs ou les chercheurs, mais ce qui est pertinent pour les étudiants», note Julien Bousquet. 

Pour intégrer deux nouveaux cours, il fallait en éliminer autant. «Marketing de services» et «Commerce de détail», qui comptaient plusieurs éléments communs, ont donc été regroupés. Idem pour deux cours fondus en un seul pour donner un nouvel amalgame nommé «Représentation et gestion des ventes».

Numérique 

Bien entendu, le Web occupait déjà une place à même programme de marketing dispensé entre les murs de l’UQAC. Toutefois, cet aspect non négligeable du commerce en 2018 n’était abordé qu’en surface. À l’ère des réseaux sociaux, les plateformes comme Facebook, Twitter, Linked In et Instagram sont profusément utilisées par les entreprises et leurs clients. De ce fait, elles sont devenues des incontournables dans toute stratégie marketing qui se respecte. 

«On parlait du numérique, mais on saupoudrait, alors qu’il s’agit de compétences essentielles aujourd’hui. Nous avons développé une vision qui comporte deux approches : un volet stratégique du Web et numérique et un volet technique, pour que les étudiants aient accès à de véritables applications au cours de leur apprentissage», décline Julien Bousquet. Le professeur cite, en exemple, l’exploration et l’utilisation d’outils comme Google Analytics, un service gratuit d’analyse d’audience de sites Web ou d’applications utilisé par des millions d’internautes à travers le monde.

Julien Bousquet et l’étudiante en administration à l’UQAC Sarah-Aïda Diallo.

Marketing vert

À une époque où la protection de l’environnement et les principes qui forment le développement durable priment dans l’esprit de nombreux consommateurs, le marketing responsable a de plus en plus la cote. 

Mais qu’est-ce que ça mange en hiver, le marketing vert? 

Grosso modo, Julien Bousquet explique qu’il s’agit en fait de concilier marketing et conscience environnementale et sociale. Ceci passe nécessairement par la création de produits et de services dits responsables. Qu’il soit question de concevoir une brochure ou de déployer une campagne de promotion ou de communication, la société 2.0, particulièrement la jeune génération, est très sensible aux enjeux liés au marketing propre. Cette préoccupation est présente autant chez les consommateurs que chez les clients.

«Pour plusieurs, c’est encore peu connu et le marketing vert est souvent mal perçu. Tout de suite, on lui sort un drapeau rouge. Le marketing a souffert de cette image du vendeur d’assurances et de tous ces aspects péjoratifs et négatifs qui lui sont souvent associés. Les entreprises ne sont pas là que pour faire des ventes. Elles ont aussi des logiques sociétales et sociales», met en relief Julien Bousquet. Il ajoute que de plus en lus d’entreprises sont ouvertes à ce concept de responsabilité et planchent sur des éléments qui leur permettront, au final, de tirer profit de certains outils et de certaines valeurs. À titre d’exemples concrets pouvant illustrer le marketing responsable, le spécialiste nomme Kijiji, Air BNB et Uber.

«Kijiji est un bon exemple de marketing responsable qui permet de donner une deuxième vie à des objets et de stimuler le troc», fait-il valoir.

Julien Bousquet croit que la formation en marketing revue et corrigée est un heureux mariage d’ancien et de contemporain. 

«On arrive avec des cours très avant-gardistes et incontournables qui sont agencés à des cours fondamentaux qui forment la base du marketing et qui seront probablement encore là dans 50 ans», pointe-t-il.