Une croissance économique plus faible qu’ailleurs au Québec

Dans son étude annuelle, Desjardins prévoit que la croissance économique continuera à être beaucoup plus faible au Saguenay-Lac-Saint-Jean en 2019 et 2020 qu’ailleurs au Québec, après que les investissements aient baissé de 5 % en 2018. Toutefois, les prévisions pourraient être revues à la hausse si de grands projets se concrétisent.

C’est ce qui ressort de l’édition 2019 de l’étude régionale Survol et prévisions économiques pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean produite par Desjardins et publiée mercredi.

Alors que la croissance avait été très forte en 2017, avec une hausse de 4 % du PIB, après une faible augmentation de 1,2 % en 2016. Cette hausse a chuté à 3,2 % en 2018, puis devrait presque retrouver en 2020 le niveau plancher de 2016, avec 1,4 %.

Pendant ce temps au Québec, une baisse généralisée a aussi été observée, passant graduellement d’une hausse du PIB de 5,1 % en 2017 à 3 % pour 2020.

Toutefois, c’est en comparant les deux hausses en relation qu’on voit le ralentissement dans la région. À titre indicatif, la hausse de 2017 représentait à peu près 80 % de celle du Québec. Cette proportion (non scientifique) devrait passer à 71 %, 63 % et 47 % d’ici 2020.

De plus, selon les projections de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) rapportées par Desjardins, les investissements de la région ont diminué de 5,0 % en 2018.

« La région se retrouve un peu à la croisée des chemins présentement, on s’inscrit dans un certain ralentissement. Il faut voir aussi que l’économie au Québec va ralentir, mais vraiment ce qu’on retient c’est que l’économie (au Saguenay-Lac-Saint-Jean) va progresser de façon plus modeste que celle des autres régions », a indiqué lors d’un entretien téléphonique Chantal Routhier, économiste senior chez Desjardins.

Selon l’étude, le protectionnisme américain demeurera un important sujet de préoccupation, alors que les taxes sur l’aluminium et l’acier sont toujours en vigueur malgré la signature de l’accord commercial entre le Canada, les États‑Unis et le Mexique. De plus, le conflit sur le bois d’œuvre se poursuit.

« On est à l’aube aussi de voir se réaliser des projets importants (Arianne Phosphate, Métaux BlackRock et Énergie Saguenay), je ne les ai pas inclus d’entrée de jeu dans mes prévisions économiques. Ce sont des projets qu’on suit depuis plusieurs années, on semblerait peut-être capable d’en voir émerger un ou deux l’année prochaine, mais en même temps il y a toujours des délais et des études à déposer. Donc, ça pourrait être revu à la hausse si vraiment ça démarrait et que l’investissement se concrétisait l’année prochaine », a-t-elle dit aussi.

Desjardins annonce également un taux record pour le chômage à 5,4 % pour 2019 et 2020. Toutefois, ce bas niveau pourrait s’expliquer par la pénurie de main-d’œuvre et les défis démographiques persistants. Cette baisse jumelée à l’absence de nouveaux emplois placerait la région dans une situation particulière alors que 98 % des besoins en emplois se feront à la suite de départs à la retraite dans l’horizon 2017-2021. Il n’y a que le Bas-Saint-Laurent où la situation est pire. Dans la région de Laval, ce taux est inférieur à 70 %, et sous 80 % pour les régions de Montréal, Laurentides, Lanaudière, l’Outaouais et la Montérégie.