Yves Laflamme

Une bonne année pour Résolu

« L’année 2018 a été très bonne. Les marchés nous ont supportés malgré la baisse du prix du bois d’œuvre au quatrième trimestre. Ce sont de très bonnes nouvelles pour la région et pour nos retraités et nos employés. »

Le président et chef de la direction de Produits forestiers Résolu, Yves Laflamme, complète la première année de son mandat à la tête de la multinationale. Il présentait, jeudi, les résultats du quatrième trimestre de 2018 ainsi que les résultats provisoires pour toute l’année.

En plus de terminer l’année avec un bénéfice net de 235 M$ US, la papetière a rayé une tranche importante de sa dette pour ainsi améliorer sa situation financière. Résolu a obtenu ces résultats malgré le dépôt auprès du gouvernement américain d’une somme de 103 M$ que l’entreprise a inscrite dans ses comptes à recevoir.

Au cours de l’entrevue qu’il accordait au Quotidien, le Jeannois est revenu sur le fait que les marchés du papier journal et des papiers spécialisés poursuivaient leur décroissance. Malgré cette réalité incontournable, il signale qu’aucune fermeture n’a été réalisée dans les usines du Québec et qu’une machine a été remise en production à Alma alors que Résolu doit gérer cette décroissance comme tous les producteurs.

Nonobstant ces baisses, Yves Laflamme salue le travail réalisé pendant sa première année. Les résultats financiers ont été au rendez-vous malgré la chute drastique du prix du bois et certains autres facteurs dans les usines américaines. « Nous avons enregistré une baisse de prix importante qui a varié de 200 $US à 300 $ US dans certains produits. On a également connu certains problèmes dans nos usines américaines », résume le patron de Résolu.

Yves Laflamme ne voit donc pas de changement majeur à très court terme pour les usines de sciage de la région. Ce qui ne signifie pas pour autant que l’environnement de l’industrie est stable. Le Régime forestier québécois adopté en 2016 afin de donner la valeur du marché au bois prélevé sur les terres publiques cause toujours des maux de tête aux transformateurs.

« On a adopté un nouveau régime forestier qui varie selon la fluctuation des prix et qui rapporte plus d’argent au gouvernement. Jusque là, c’est bien. Mais on constate que le système des enchères est beaucoup plus rapide pour suivre l’augmentation des prix en fonction des prix de vente du bois d’œuvre que lorsque nous sommes en situation où les prix diminuent. Nous sommes confrontés avec des prix du bois aux enchères beaucoup trop élevés et ça baisse trop lentement », ajoute Yves Laflamme.

La papetière devra aussi suivre l’évolution du marché des copeaux sur le territoire québécois. Selon Yves Laflamme, le marché était pratiquement en équilibre avant que les scieurs Barrette-Chapais et Chantier Chibougamau confirment deux projets majeurs de pâte Kraft et de granules qui vont « engloutir 80 000 tonnes de copeaux additionnels ». Les deux projets ont été confirmés par les promoteurs.

Selon lui, la loi du marché va s’appliquer et une augmentation du prix des copeaux provoquée par la rareté aura des conséquences. Les coûts de production des usines auront alors une grande importance. En l’espace de deux ans seulement, le marché des copeaux pourrait passer d’excédentaire à une pénurie.

Les machines à papier dans la région sont dédiées à des marchés de papier spécialisés. Dans ces marchés, la décroissance est de l’ordre de 7 % par année. Il n’est pas impossible qu’un autre producteur décide de changer la vocation d’une machine à papier pour tenter de réaliser des gains dans ce marché. Ce sont des contraintes pour lesquelles Résolu n’a aucun pouvoir et qui font partie de l’équation dans l’analyse de chacune des usines.

Classification

Le président et chef de la direction de Produits forestiers Résolu avait une autre raison de se réjouir pendant qu’il commentait les résultats financiers de l’entreprise.

L’organisme international CDP, qui émet chaque année une classification pour les investisseurs en lien avec les pratiques en matière de protection de l’environnement et de changement climatique, a reconnu une fois de plus le travail de la papetière.

CDP a ainsi accordé la cote A- à la papetière Résolu pour sa performance en foresterie en 2018. La papetière avait obtenu la même cote en 2017. La cote pour les changements climatiques est quant à elle passée de C à B.