Avant les éléments hors gestion courante, la Société a enregistré un bénéfice net de 66 M $ pour le trimestre clos le 30 juin 2018.

Un trimestre record pour Produits forestiers Résolu

Les résultats financiers de la papetière Produits forestiers Résolu (PFR) n’ont jamais été aussi bons depuis la relance de l’entreprise après la restructuration financière. PFR a annoncé, jeudi, un bénéfice net de 72 M $ pour le deuxième trimestre de l’année. Une performance qui permet aux retraités de mieux dormir et à l’entreprise d’envisager des projets, tout en faisant face aux fluctuations traditionnelles de cette industrie.

« La hausse généralisée de nos prix et l’amélioration de notre performance opérationnelle nous ont permis d’enregistrer un trimestre record en termes de rentabilité. Grâce à nos solides résultats financiers, nous avons pu rembourser 105 M $ de la dette au cours du trimestre, améliorant considérablement notre bilan et notre levier financier », a précisé Yves Laflamme, président et chef de la direction de PFR, dans un communiqué officiel.

« Nous avons pratiquement complété le remboursement de notre dette à court terme, avec un versement de 105 M $, et on a une dette à long terme de 600M$, ce qui n’est pas énorme pour nous. C’est vrai que nous sommes satisfaits de nos résultats. C’est rassurant pour les retraités. Nous allons respecter nos engagements. C’est aussi intéressant pour nos employés et ceux qui vont prendre leur retraite », a ajouté Yves Laflamme, au terme de la présentation des états financiers du second trimestre de 2018.

En effet, avec le remboursement de 60 M $, plus les intérêts du Département du commerce américain, avec l’annulation de la surtaxe à l’exportation du papier surcalandré des usines de Kénogami et de Dolbeau, les liquidités de Résolu vont atteindre tout près de 600 M $. En plus de générer des liquidités, l’annulation de cette surtaxe permet à l’entreprise de mieux envisager l’avenir et de travailler à divers projets d’investissement.

« Nous sommes également ravis que l’ordonnance instituant des droits compensateurs sur les papiers surcalandrés ait récemment été révoquée, ce qui donnera lieu au remboursement, dans les prochains mois, des dépôts pour droits », a-t-il affirmé.

« Produits forestiers Résolu a annoncé un bénéfice net de 72 M $, soit 0,77 $ par action diluée, pour le trimestre clos le 30 juin 2018, contrairement à une perte nette de 74 M $, soit 0,82 $ par action, pour la période correspondante de 2017. Les ventes du trimestre ont atteint 976 M $, en hausse de 118 M $ par rapport à la période correspondante de l’exercice précédent », détaille le communiqué.

Avant les éléments hors gestion courante, la Société a enregistré un bénéfice net de 66 M $, soit 0,71 $ par action.

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Une performance qui est la bienvenue

Les chiffres de Résolu sont d’autant plus intéressants, puisqu’ils s’inscrivent dans une période où l’entreprise doit gérer la décroissance de la demande des papiers (journal et impression commerciale), qui est de l’ordre de 10 % par année.

« Les secteurs de la pâte et du papier tissu sont très intéressants. Nous avons investi dans le papier tissu. Nous sommes dans la bonne direction. Pour la pâte, les investissements sont très importants, ainsi que la disponibilité de la fibre », explique le patron de Résolu, Yves Laflamme.

Dans ce dernier secteur, la papetière doit aussi faire face à des problématiques particulières pour le Québec et l’Ontario. Yves Laflamme évoque l’importance pour l’entreprise d’avoir une plus grande certitude quant à la disponibilité à long terme de la fibre.

« Quand vous présentez au conseil d’administration un projet d’investissement de 100 ou 200 M $, la disponibilité de la ressource est un critère important. Pour faire de la pâte kraft, ça prend des copeaux, et on doit faire fonctionner des scieries. En ce moment, la disponibilité de la fibre fait en sorte que nous avons de la difficulté à exploiter les scieries à leur pleine capacité. Il est possible d’opérer des usines de sciage sur trois quarts de travail comme une usine de papier », reprend Yves Laflamme.

À titre d’exemple, Résolu investit un peu plus de 50 M $ dans son usine de pâte kraft de Saint-Félicien, pour une augmentation de production de 27 000 tonnes de pâte par année. Cet ajout nécessite un approvisionnement additionnel de 54 000 tonnes de copeaux de résineux provenant de la transformation primaire (scieries).

L’industrie forestière de l’est du Canada a largement bénéficié d’une hausse spectaculaire des prix du bois d’oeuvre au cours des derniers mois. Des sommets ont été atteints. Yves Laflamme a expliqué, jeudi, que cette situation était terminée alors que les ventes ont diminué dans les dernières semaines.

« J’ai toujours précisé que les prix sur le marché américain n’étaient pas attribuables à une forte demande du côté américain. Il y a eu des feux en Colombie-Britannique et des problèmes de wagons pour l’expédition du bois. Ces deux problèmes sont maintenant réglés, et le marché réagit », a conclu Yves Laflamme. 

Peu après la clôture du deuxième trimestre, une nouvelle convention collective de quatre ans couvrant 1000 employés a été ratifiée avec Unifor, le plus important syndicat canadien de l’entreprise, pour six de ses scieries. Plus tôt cette année, Résolu a conclu une nouvelle convention collective de quatre ans couvrant 1100 employés dans huit de ses usines de pâte et papier au Canada. Avec La Presse canadienne