Le bénéfice de la division aluminium de Rio Tinto est en baisse de 15 % par rapport à l’année précédente.

Un profit de 1,3 milliard $ pour Rio Tinto Aluminium

Malgré un bénéfice de 1,3 milliard $ CAD enregistré pour l’exercice 2018 dans sa division aluminium, Rio Tinto juge que les contextes économique et réglementaire mondiaux ne se prêtent pas à des investissements majeurs pour l’expansion de son usine-pilote AP64 du Complexe Jonquière et de l’Usine Alma.

Gervais Jacques, directeur exécutif, Opérations Atlantique, Rio Tinto, a commenté mercredi les résultats de la dernière année qui font état d’un bénéfice en baisse de 15 % comparativement à 2017, soit 300 M$ de moins.

Le directeur a mentionné que la dernière année s’est déroulée en deux actes distincts. À partir de juillet, les coûts des intrants comme l’alumine, le coke et le braie ont grimpé pour une valeur d’un demi-milliard $. Le prix de l’alumine est passé de 330 $ la tonne pendant le premier semestre pour dépasser les 430 $ le reste de l’année.

Pendant la même période, le prix moyen mondial de la tonne d’aluminium a varié entre 1900 et 2000 $ pour s’établir cette semaine à 1870 $ USD.

Se sont ajoutés en juin les tarifs de 10 % imposés par le gouvernement américain sur l’importation d’aluminium ainsi que la renégociation de l’ALÉNA qui ont ajouté à l’incertitude.

À l’échelle mondiale, la production d’aluminium de Rio Tinto a connu une légère baisse de 3 % pour passer de 3 458 000 tonnes de métal gris comparativement à 3 551 000 tonnes en 2017. Cette baisse s’explique par le conflit de travail déclenché le 11 janvier 2018 à l’Aluminerie de Bécancour, dans laquelle Rio Tinto a une participation de 25 % ainsi que par l’interruption de production chez Aluminium Dunkerque, en France, au premier trimestre. N’eût été ces facteurs, la croissance de production aurait été de un pour cent.

En raison du contexte du marché, M. Jacques a mentionné qu’il ne faut pas s’attendre à une expansion des investissements dans l’ajout de capacité de production au Saguenay-Lac-Saint-Jean du côté de AP64 ou de l’aluminerie d’Alma. Le projet d’usine d’assèchement de la bauxite au Complexe Jonquière dans le cadre du projet Vaudreuil au-delà de 2022 nécessite encore 100 millions $ en investissement, en 2019, tandis que 200 millions $ s’ajoutent pour le prolongement de la durée de vie des cuves précuites au-delà de 2020. S’ajoutent les 300 millions $ nécessaires pour le maintien des actifs des alumineries régionales. « Pour le moment, on continue de travailler sur les projets puisqu’il sera important d’être prêt le moment venu, mais pour le moment, les conditions ne sont pas favorables », a-t-il commenté.

Taxation des barrages

Interrogé sur le dossier de la révision du régime de taxation des barrages hydroélectriques au Saguenay-Lac-Saint-Jean, M. Jacques a mentionné que Rio Tinto paie 125 millions $ annuellement en taxes et redevances, dont 77 millions $ reliés à la production d’électricité, affirmant que la société paie sa juste part.

M. Jacques a mentionné qu’au chapitre de la main-d’oeuvre, Rio Tinto fait face au vieillissement de la population avec l’embauche l’an dernier de 400 travailleurs dans ses installations.