Le ministre des Finances, Eric Girard, a présenté sa mise à jour budgétaire, jeudi. Québec a annoncé un plan de relance de 1,8 G$ et a confirmé que le déficit atteindrait 15 G$ en 2020.
Le ministre des Finances, Eric Girard, a présenté sa mise à jour budgétaire, jeudi. Québec a annoncé un plan de relance de 1,8 G$ et a confirmé que le déficit atteindrait 15 G$ en 2020.

Un plan qui contribuera à la relance régionale, estime la Chambre de commerce

Myriam Gauthier
Myriam Gauthier
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
La Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord (CCISF) estime que le plan de relance de 1,8 G$ annoncé par Québec jeudi contribuera à accélérer la reprise économique régionale en misant sur l’aluminium et la requalification de la main-d’oeuvre.

Le plan de relance présenté par le ministre des Finances, Eric Girard, dans le cadre de sa mise à jour économique prévoit notamment des fonds pour soutenir « certains secteurs clés » jugés stratégiques et affectés par la crise sanitaire et économique, dont l’aluminium.

Québec accordera 166 M$ sur deux ans pour accélérer la reprise des activités dans ce secteur et dans ceux de l’aérospatiale et des sciences de la vie. Une enveloppe de 125 M$ contribuera également à la capitalisation des entreprises dans ces secteurs. Les détails liés à ces mesures seront annoncés ultérieurement, peut-on lire dans le document publié par Québec.

Il s’agit d’un « signal positif » envoyé par le gouvernement, aux yeux de Sandra Rossignol, directrice générale de la CCISF. « Les secteurs de l’aluminium ou encore le tourisme ont tous rencontré des défis importants, et l’aide prévue pour les deux prochaines années afin d’accélérer la reprise contribuera au développement économique du Saguenay-Lac-Saint-Jean », a-t-elle souligné, dans une déclaration transmise au Quotidien. Une somme de 60 M$ est également prévue pour le tourisme.

Mme Rossignol accueille également positivement les sommes dédiées à la requalification de la main-d’oeuvre, alors que les besoins de main-d’oeuvre demeurent le principal défi que l’organisme constate pour les entrepreneurs de la région. Un total de 459 M$ d’ici 2023 est prévu.

« La requalification de la main-d’oeuvre et le rehaussement des compétences sont apparus comme des leviers incontournables pour accélérer le retour en emploi du plus grand nombre, particulièrement les femmes et les jeunes qui ont été touchés par la pandémie », a-t-elle souligné.

Des mesures pour les régions, selon la FQM

La Fédération québécoise des municipalités du Québec (FQM) estime de son côté que plusieurs mesures du plan de relance annoncé par le ministre Girard permettront aux régions de « participer activement » à la relance économique.

« La crise causée par la pandémie de COVID-19 a fait très mal aux économies locales. À titre de porte-parole des régions, la FQM se réjouit de ces nouvelles mesures qui viendront contribuer au développement économique de l’ensemble du territoire », a déclaré le président la fédération, Jacques Demers, par voie de communiqué.

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LES MANUFACTURIERS DEMANDENT UN RÔLE ACCRU DANS LA RELANCE

Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEC) a pour sa part souligné que la mise à jour économique misait « sur les bonnes priorités », mais estime que le secteur manufacturier pourrait jouer un rôle accru dans la relance économique.

Dans ses attentes, MEC espérait notamment que Québec favorise les produits manufacturés québécois dans ses appels d’offres, annonce de nouvelles mesures fiscales pour soutenir les entreprises et soutienne la formation de la main-d’oeuvre en entreprise.

MEC estime que les mesures annoncées pour favoriser l’approvisionnement québécois en lien avec certains projets représentent un « manque d’ambition dans le contexte actuel ». « Le gouvernement du Québec se doit d’aller plus loin en se dotant d’une véritable politique publique visant à valoriser l’achat local au sein même des stratégies d’acquisition, des appels d’offres et de l’attribution des contrats publics », a déclaré Véronique Proulx, présidente-directrice générale de MEC, par voie de communiqué.

L’organisation s’inquiète par ailleurs de la baisse des exportations de 8,9 % attendue par Québec pour 2020.