Paul Marchand et Catherine Blier, qui est originaire du Saguenay, s’apprêtent à mettre en production un nouveau gin de microdistillerie sous la marque Norkotié.

Un peu de Saguenay-Lac-Saint-Jean dans le gin Norkotié

Le Québec n’échappe pas à une vague de création de microdistilleries et c’est dans cette lancée qu’une fille de la région, Catherine Blier, essaime sur la Côte-Nord puisqu’elle est sur le point de lancer avec son associé Paul Blanchard la distillerie Vent du nord qui produit un gin, le Norkotié, aux arômes boréaux dans la ville de Baie-Comeau.

En entrevue, Mme Blier, une finissante en Techniques policières du Cégep d’Alma, explique qu’après ses études elle a décidé de quitter la région pour suivre son conjoint, lui-même policier, affecté à Baie-Comeau.

Oeuvrant dans le monde de la restauration, Mme Blier a constaté en marchant dans la forêt nord-côtière que la végétation était quelque peu différente de celle du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Chicouté, camerise noire, aronia et groseille noire poussent en abondance sur la Côte-Nord. « Je me suis dit qu’il serait intéressant de créer une distillerie en utilisant cette ressource. C’est comme ça qu’on a démarré notre distillerie », explique-t-elle.

Son projet, né il y a un an et demi, l’a amenée à entrer en contact avec Jean-Philippe Bouchard, de la Distillerie du fjord, celle qui produit le gin Km12, bien installée à Saint-David-de-Falardeau. « Ça a été très intéressant. Il m’a aidée. Ça a été une source d’inspiration pour nous. Eux travaillent avec le bleuet sauvage, le sapin baumier », précise Mme Blier.

Le travail d’élaboration du nouveau gin a demandé une année de recherche et développement en vue de la mise en marché d’un gin ayant 44 degrés d’alcool élaboré selon un procédé de macération unique.

Une fois la recette élaborée, il fallait organiser la mise en production avec l’achat d’un alambic et un site de production. « Notre intention était de travailler en synergie avec des producteurs locaux. C’est pourquoi on s’est installés aux côtés de la microbrasserie St-Pancrace ayant pignon sur le boulevard Comeau. »

Vent du nord prépare sa mise en marché et prévoit une première production de 30 000 bouteilles.

L’investissement requis pour le démarrage s’est élevé à 259 000 $, un financement obtenu auprès de Desjardins avec l’aide du CLD Manicouagan.

Après avoir traversé l’étape de l’élaboration du plan d’affaires étalé sur 44 pages, l’obtention des permis ou encore les inspections, Vent du nord prépare sa mise en marché. La veille de l’entrevue, la semaine dernière, Mme Blier venait tout juste de recevoir la nouvelle bouteille étiquetée à l’effigie du Norkotié. « Notre produit vient tout juste d’être accepté par la Société des alcools du Québec (SAQ). On doit soumettre notre produit aux tests chimiques ».

Les premières bouteilles de gin devraient apparaître sur les tablettes au mois de février prochain. « Selon notre plan d’affaires, on vise la production de 30 000 bouteilles la première année tout en se gardant la capacité de produire un plus grand volume. On s’est laissé une marge pour produire 70 000 bouteilles. »