Jean-Denis Boivin est copropriétaire de la Couquerie Marché local en compagnie de sa conjointe Nadine Fortin, en plus d’être le seul cuisinier à concocter les plats.

Un changement nécessaire et bénéfique pour la Couquerie

Au cours de la dernière année, la Couquerie restaurant de Chicoutimi est devenue la Couquerie Marché local. En raison d’une baisse du chiffre d’affaires? En raison de la fatigue des propriétaires? En raison de la fameuse pénurie de main-d’œuvre? Non, rien de tout ça. Simplement parce que la volonté de mettre de l’avant les produits locaux et les artisans a pris le dessus.

Il y a bientôt un an, les copropriétaires de la Couquerie, Nadine Fortin et Jean-Denis Boivin, qui forment également un couple, ont décidé d’effectuer un virage axé sur un service plus personnalisé. Fort d’une expérience d’une quinzaine d’années dans le monde de la restauration, Jean-Denis sentait qu’il était prêt pour ce nouveau départ.

Depuis près d’un an, la Couquerie a effectué un virage pour devenir un marché local où des mets cuisinés prêts à emporter sont offerts à la clientèle, en plus d’un grand éventail de produits du terroir.

«Je pense que c’est toujours ce que j’ai voulu faire, mais je ne pouvais pas le savoir tout de suite, observe le cuisinier. Après toutes ces belles années de restauration, on finit par savoir ce qu’on veut dans la vie. C’est la consécration de mon travail et je suis bien là-dedans à 110 pour cent. J’avais besoin de ça, sans le savoir.»

La Couquerie Marché local est passée d’un coin de rue à un autre dans le quartier du Bassin. Située auparavant dans la bâtisse de l’hôtel du Parc, elle est maintenant dans la Maison Price, au coin de la rue Price et du boulevard Saint-Paul.

Depuis près d’un an, la Couquerie a effectué un virage pour devenir un marché local où des mets cuisinés prêts à emporter sont offerts à la clientèle, en plus d’un grand éventail de produits du terroir.

«Le déclic s’est fait, particulièrement quand on est entrés ici, admet Jean-Denis Boivin. On a rencontré des gens super. Pour moi, c’est fou que je sois dans cette grande maison ancestrale.»

Le nouveau mode de vie n’est pas moins intense pour autant. La Couquerie Marché local offre maintenant des mets prêts à emporter, préparés chaque jour par le cuisinier, seul dans sa cuisine. Tous les plats sont préparés à partir d’ingrédients du Saguenay-Lac-Saint-Jean et Jean-Denis Boivin se fait un honneur de respecter cette philosophie.

Tablier à la taille, Jean-Denis Boivin cuisine les mets tous les jours de la semaine, y compris les week-ends.

«Si ce n’est pas un produit local, ça ne se retrouve pas dans ma cuisine», martèle-t-il, tout en s’engageant à offrir des produits frais du jour, sept fois par semaine.

«On a des heures d’ouverture, alors qu’au restaurant, je pouvais arriver à 7h et rester jusqu’à 2h le matin, ajoute l’entrepreneur. Le gros changement dans ma vie, c’est que si on ferme à 19h, je ferme la porte et je m’en vais chez nous. Toutefois, je veux absolument offrir la fraîcheur aux clients et je m’impose un horaire sur sept jours. J’aime mieux moins en faire, mais en faire tous les jours et offrir quelque chose de frais.»

De nombreux produits sont offerts à la Couquerie Marché local, située depuis près d’un an dans la Maison Price, à Chicoutimi.

Cette façon de faire n’est pas une corvée, assure Jean-Denis Boivin. «Il faut être présent chaque jour, mais en étant dans ma cuisine, je peux prendre le temps de parler aux clients, fait valoir M. Boivin. C’est l’fun d’expliquer les recettes aux gens. Tous les produits qui se retrouvent dans la boutique sont ceux que j’utilise pour cuisiner mes repas. C’est vraiment un complément que je ne pouvais pas avoir en restauration.»

Le dynamique homme d’affaires convient que le virage ne s’est pas effectué sans quelques embûches. Certaines personnes ont eu du mal à adhérer au nouveau concept. Et c’est toujours le cas, près d’un an après le changement, concrétisé le 14 février 2019. «Ç’a été dur de faire le changement, concède Jean-Denis Boivin. Je reçois encore des réservations pour le restaurant, mais il suffit de l’expliquer aux gens et outre le concept, rien n’a changé. C’est le même type de nourriture et ça demeure un restaurant cinq étoiles, mais pour emporter.

«On veut que les gens goûtent les produits régionaux à un prix inférieur à pratiquement tout ce que tu peux trouver ailleurs. Les plats sont généreux et les gens savent ce qu’ils mangent. On s’est toujours dit qu’on ne gonflera pas les prix. Et on ne changera jamais.»

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UN NOUVEAU POINT DE SERVICE À SHIPSHAW

Depuis le mois d’août, Jean-Denis Boivin et sa conjointe Nadine Fortin ont ouvert un nouveau lieu de service de la Couquerie à Shipshaw, «où il y avait vraiment un besoin», note le cuisinier.

Ouverte tôt le matin, la succursale offre des menus frais du jour, du déjeuner au souper, en passant par le dîner et la collation. L’idée en a valu le coup, d’autant plus que le secteur de Shipshaw se retrouvait dénué d’une telle offre de service.

«On vient offrir un produit qui profite aux gens de Shipshaw, mais aussi de Saint-Charles-de-Bourget et de Saint-Ambroise, expose Jean-Denis Boivin. Je considère que la routine matinale est celle qui est la plus difficile à changer et on est conscients que ça ne serait peut-être pas la même chose si on tentait le coup à Chicoutimi, mais à Shipshaw, la population ne bénéficiait pas de cette offre.»

Les succès enregistrés ont donné de nouvelles idées au couple d’entrepreneurs. Au cours des prochains mois, ils aimeraient ouvrir de nouveaux points de vente, à des endroits où l’offre est moins grande.

«On veut aller à des endroits qui sont moins desservis, où l’offre du centre-ville est plus loin. En allant à des endroits moins desservis, tu combles vraiment un besoin», estime Jean-Denis Boivin. 

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CONSOMMER LOCAL, UN MODE DE VIE

Jean-Denis Boivin est un grand fervent de l’achat local. En plus de cuisiner tous ses mets avec des produits du Saguenay-Lac-Saint-Jean, il offre une grande place aux artisans locaux.

«C’est toute ma grande famille qui est ici», souligne le copropriétaire en pointant les nombreux produits des artisans locaux mis en valeur à la Couquerie Marché local, à Chicoutimi. Il observe d’ailleurs que les gens veulent de plus en plus savoir ce qui se retrouve dans leur assiette et que ce mouvement n’est plus seulement qu’une mode, mais qu’il est devenu un mode de vie.

De nombreux artisans exposent librement leurs produits à l’intérieur du marché. Les propriétaires de la Couquerie veulent ainsi offrir une collaboration qui a parfois tendance à faire défaut, à une époque où la compétition est féroce.

«Je ne ferai pas une romance pour dire que c’est facile dans la région, mais justement, c’est le temps de s’aider, lance Jean-Denis Boivin. La mentalité de souhaiter que ton voisin crève doit cesser. Au contraire, je vais aller le voir, lui serrer la main et dire de quelle façon on peut s’aider.»

Convaincu de son message, le cuisinier a l’impression que le vent est en train de tourner.

«Il ne faut pas avoir peur de s’entraider. Je sens qu’on est en train de créer quelque chose. Il ne faut pas avoir peur de découvrir, d’essayer des choses», annonce-t-il.