Le directeur général du CEE-UQAC, Louis Dussault, le député de Lac-Saint-Jean, Richard Hébert, la rectrice, Nicole Bouchard, et le président du CEE-UQAC, Gilles Déry, voient dans le quatrième centre de transfert technologique un heureux mariage entre économie et écologie.

Un 4e centre de transfert technologique vert [VIDÉO]

Le quatrième centre de transfert technologique de l’UQAC se tourne vers les biotechnologies vertes.

Le Centre de transformation et de valorisation de bioproduits (CTVB) devrait commencer ses activités au printemps 2020 à la suite d’un investissement de 5,2 millions, dont 4 M$ proviendront d’une aide non remboursable du gouvernement fédéral, annoncée lundi par le député de Lac-Saint-Jean, Richard Hébert.

À cette fin, le Centre d’entrepreneuriat et d’essaimage (CEE) de l’UQAC a mis la main sur une technologie française unique au monde permettant d’extraire des composés actifs des plantes à l’aide d’enzymes, sans recourir aux solvants. Le procédé Biolie en fera un leader en valorisation de produits d’origine naturelle, car il en aura l’exclusivité pour le Canada et les États-Unis.

« Les applications sont nombreuses, explique le chercheur-entrepreneur André Pichette. Et puisque les extraits seront en suspension dans l’eau ou les huiles végétales, ils pourront être ajoutés à des produits certifiés bio. Que ce soit pour l’industrie pharmaceutique, des produits naturels, les cosmétiques, pour l’alimentation des humains ou même les suppléments alimentaires pour les animaux. »

Qu’on pense par exemple aux antibiotiques qu’on ajoute à l’alimentation des animaux d’élevage pour augmenter leur croissance, qui seraient la source de l’apparition de bactéries résistantes aux antibiotiques. Une pratique de plus en plus décriée, à l’échelle mondiale, comme une menace pour l’espèce humaine.

M. Pichette soutient que des chercheurs songent à les remplacer par des suppléments alimentaires extraits de céréales qui pourraient atteindre la norme bio grâce au procédé du CTVB.

Possibilités

Un centre de transfert technologique, comme son nom l’indique, abrite des chercheurs qui travaillent de concert avec des entrepreneurs en quête d’un savoir-faire. Il en est ainsi au Centre de transfert en extrusion d’Alma (14 M$), au Centre de soudage par friction-malaxage sur les terrains de l’UQAC (6 M$) et au petit Centre de développement technologique en jeux vidéo et en informatique (200 000 $).

Sans aller trop dans les détails, en raison de la confidentialité de certains projets, le président du CEE-UQAC, Gilles Déry, donne comme exemple le bleuet dont les résidus pourraient servir à extraire des colorants alimentaires. On peut donc croire que les gens de l’industrie pourraient se montrer intéressés à commanditer des recherches au CTVB.

L’UQAC est déjà un chef de file pour la valorisation d’extraits de plante à des fins médicales, avec son laboratoire LASEVE et l’entreprise Phytochemia qui en est issue. La perspective d’utiliser un procédé biologique pour obtenir ces substances actives est donc attrayante.

Le nouveau centre sera aménagé dans une bâtisse existante située à l’arrière du terrain synthétique de football que vient de lui céder le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.