Pour plusieurs analystes, ce rapprochement entre Boeing et Embraer constitue une réponse directe à la prise de contrôle de la C Series par Airbus.

Turbulences dans le ciel de Bombardier

En plus de concurrencer plus férocement la CSeries, maintenant contrôlée par Airbus, le partenariat que Boeing et Embraer ont l’intention de conclure risque d’accroître la pression sur les avions régionaux construits par Bombardier, estiment des observateurs.

Le géant américain contrôlera 80 pour cent de la coentreprise, valorisée jeudi à 4,75 milliards $ US, tandis que l’avionneur brésilien détiendra les 20 pour cent restants.

Pour plusieurs analystes, ce rapprochement entre ces deux constructeurs constitue une réponse directe à la prise de contrôle de la CSeries — le plus important avion commercial réalisé par Bombardier — par Airbus.

Néanmoins, à la Bourse de Toronto, jeudi après-midi, le titre de la société québécoise prenait 3,79 pour cent, ou 19 cents, pour se négocier à 5,20 $.

Selon le directeur du groupe d’études en management des entreprises en aéronautique à l’UQAM, Mehran Ebrahimi, le ciel pourrait devenir plus turbulent pour des appareils régionaux comme le CRJ et le Q400 étant donné qu’Embraer sera épaulée par Boeing.

Walter Spracklin, de RBC Marchés des capitaux, a abondé dans le même sens, estimant, dans une note, que la multinationale brésilienne pourra profiter du réseau de son partenaire Boeing pour vendre ses avions.

Toutefois, Ernie Arvai, de la firme AirInsight, croit que Bombardier peut tirer son épingle du jeu tant que la clause limitant la taille des avions régionaux demeure en vigueur aux États-Unis. À son avis, cela procure notamment un avantage aux CRJ 700 et 900 par rapport aux E175 E2 d’Embraer.

Bien que Boeing constitue un partenaire aux reins solides, M. Arvai estime que le géant américain n’est pas aussi agile que Bombardier dans le marché des appareils régionaux.

Quant à lui, Richard Aboulafia, de la firme américaine Teal Groupe, estime qu’une alliance entre Boeing et Embraer viendra rétablir l’équilibre à la suite d’une transaction ayant permis à la CSeries de devenir beaucoup plus concurrentielle.

Afin de rivaliser avec la CSeries, l’analyste croit qu’Embraer devra améliorer la compétitivité de ses modèles 190 et 195 E2.