Intercar et les autres transporteurs par autobus demandent l’aide du gouvernement provincial.
Intercar et les autres transporteurs par autobus demandent l’aide du gouvernement provincial.

Transport interurbain: Intercar demande l’aide de Québec

Intercar et les transporteurs par autobus du Québec s’impatientent et demandent l’aide de Québec pour recommencer à assurer des liaisons interurbaines. En raison de la COVID-19, le service n’est tout simplement plus rentable sans une contribution de l’État.

Depuis la fin du mois de mars, les terminus qui accueillaient les passagers des autobus qui voyageaient à travers les régions du Québec sont désertiques. L’annonce du confinement, doublée ensuite de l’ajout de contrôles sur les axes routiers dans certaines régions, a mis un terme à ce service.

La Fédération des transporteurs par autobus (FTA), dont l’entreprise saguenéenne Intercar est membre, est en pourparler avec le ministère des Transports du Québec (MTQ) pour trouver des solutions. On sait d’ores et déjà que les choses ne seront plus les mêmes et que la reprise sera difficile.

« Le fait de respecter la distanciation à la lettre, ça nous permettrait d’embarquer 14 passagers par autobus, sur une possibilité de 56 », raconte le président d’Intercar, Hugo Gilbert. Il qualifie cette situation « d’invivable » financièrement.

Si Hugo Gilbert affirme que les quelque 80 chauffeurs d’autobus qu’il emploie ont hâte de recommencer à travailler et sont prêts à mettre des masques pour qu’il soit possible d’augmenter la capacité des autobus, il émet des doutes sur la présence des passagers dans les prochaines semaines et dans les prochains mois.

Certains trajets d’autobus pourraient redémarrer cet été, dont celui entre Québec et Saguenay.

« Surtout en région, comme au Lac-Saint-Jean et à Chibougamau, où le nombre de passagers était même insuffisant avant l’arrêt, ça va être difficile. [...] Il faut être prudent avec la reprise et décoller au bon moment et être sûr qu’il va y avoir un minimum de clientèle pour faire tourner notre entreprise. »

Avec de l’aide du gouvernement, Intercar serait prête à recommencer ses liaisons, moyennant quelques jours pour remettre ses autobus en fonction. Sans aide publique, les autobus de l’entreprise pourraient recommencer à rouler sur les routes du Québec cet été en privilégiant seulement les trajets plus achalandés, comme celui entre Québec et Chicoutimi. Dans ce second scénario, les destinations du Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord pourraient ne pas être desservies avant la fin de 2020.

Le directeur général adjoint et directeurs des communications de la FTA, Martin Bureau, confirme que certains trajets d’autobus permettent de financer des destinations moins courues, qui sont déficitaires en temps normal.

« Les entreprises que nous représentons ne sont pas supportées de manière récurrente par le gouvernement. Elles ne peuvent pas se permettre de fonctionner à perte comme les sociétés de transport en commun », indique M. Bureau en entrevue téléphonique.

Santé publique

Si rien n’est encore coulé dans le béton pour éviter que les autobus deviennent des véhicules de propagation du coronavirus, plusieurs hypothèses sont étudiées pour assurer la sécurité de tous. Ces hypothèses mélangent des limites de passagers par véhicule avec le port d’équipement de protection. Les toilettes que l’on retrouve dans les autobus, par exemple, ne seront pas accessibles aux passagers.

Le terminus de la rue Racine est désertique depuis la fin de mars.

« On attend des signaux du MTQ et de la Santé publique. [...] En Allemagne, ils ont permis des autobus remplis à pleine capacité si le masque était porté », précise Hugo Gilbert.

Au moment de publier ce texte, le MTQ n’avait pas répondu à une demande d’information du Quotidien.