Transport aérien en région: QS appuie le modèle coopératif

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Québec solidaire recommande au gouvernement du Québec de miser sur des projets comme celui de la coopérative de transport aérien Treq dans sa recherche de solutions pour doter les régions d’un service basé sur les besoins de la population au lieu d’encourager des grands transporteurs à réaliser des profits.

La formation politique profite de la tenue dans les prochaines heures d’une deuxième réunion du groupe d’intervention sur la relance des services aériens régionaux pour mettre en garde le gouvernement sur la répétition des erreurs du passé. Elle rappelle l’histoire récente de cette saga qui a vu Air Canada bénéficier d’un prêt de 788 M$ pour le maintien de services.

« Après avoir reçu au printemps un prêt de 788 M$ pour maintenir ses services, Air Canada n’a pas hésité une seconde à abandonner lâchement les régions du Québec en suspendant des lignes qui étaient pourtant essentielles à la mobilité de la population locale. Les Québécois ne peuvent plus compter sur Ottawa pour les défendre face à des entreprises privées qui agissent en ‘bum’ et qui ne respectent pas leurs engagements. Il est temps qu’on se dote de nos propres outils au Québec pour assurer une desserte aérienne digne de ce nom pour nos régions éloignées », a déclaré la députée solidaire Ruba Ghazal dans un communiqué émis mardi.

La formation politique met également en garde le gouvernement du Québec contre le modèle mis en place pour assurer les liaisons entre les villes du Québec par un système d’autocar privé.

« On le voit avec le transport par autocar, le modèle de régie publique qui octroie des monopoles à des transporteurs privés, c’est coûteux pour l’État et c’est inefficace pour les usagers parce que les services ne sont pas au rendez-vous. Au final, on se retrouve à payer collectivement pour les lignes non rentables pendant que les compagnies privées, elles, empochent les profits. Si on veut agir intelligemment en matière de transports aériens, il faut mettre de l’avant un modèle axé sur les services, pas sur les profits », ajoute Mme Ghazal.

Québec solidaire en arrive ainsi à la conclusion qu’il est temps d’identifier des solutions novatrices qui vont en premier lieu tenir compte des besoins de la population. C’est donc dans ce contexte que Québec solidaire préconise une formule coopérative que des investisseurs québécois, dont le Chicoutimien Éric Larouche, travaillent à mettre sur pied.

Éric Larouche

Joint mardi, le principal intéressé a confirmé que les démarches légales et administratives pour la création de la coopérative se poursuivent. Un conseil d’administration sera donc mis en place ainsi que la création officielle de la coopérative. Il s’agit des démarches habituelles pour la réalisation de ce genre de projet.

En parallèle avec ces travaux, les initiateurs du projet ont réussi à trouver des avions. Des discussions sont en cours pour la conclusion des ententes à long terme pour la mise en service d’appareils de type Q400 de 76 passagers qui permettront d’assurer les liaisons entre les régions québécoises et les aéroports de Québec et Montréal.

« Nous continuons de recueillir des appuis un peu partout dans les régions. Nous allons être en mesure de procéder au recrutement des membres dont le coût de la part sociale sera de 10 $. La personne qui sera membre aura droit à une tarification spéciale. C’est de cette façon que nous allons développer la culture de l’avion comme moyen de transport, pas uniquement pour le monde des affaires, mais aussi pour toute la population », explique Éric Larouche.

Le nouveau groupe de transport aérien coopératif travaille également à la conclusion d’ententes avec les aéroports de Québec et Montréal pour les infrastructures d’accueil. Le plan d’affaires a également été présenté aux institutions financières et ce plan comprend une part de financement en prêts remboursables des gouvernements.

Éric Larouche rappelle que l’objectif est de réaliser un premier vol le premier mai 2021, nonobstant les conditions sanitaires. La coopérative va s’adapter à ce nouvel environnement et prévoit compléter le déploiement de ses appareils assez rapidement après le premier vol.