Christian Taillon, de la Ferme Taillon et fils, Mélanie Paul, présidente de Inukshuk Synergie, et Pascal Turcotte, directeur général de la Société de cogénération de Saint-Félicien, ont participé au panel animé par André Benoît, directeur de BioChar Borealis.
Christian Taillon, de la Ferme Taillon et fils, Mélanie Paul, présidente de Inukshuk Synergie, et Pascal Turcotte, directeur général de la Société de cogénération de Saint-Félicien, ont participé au panel animé par André Benoît, directeur de BioChar Borealis.

Transformer les déchets en ressources

Que ce soit pour réduire leur empreinte environnementale ou pour créer davantage de valeur, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à se tourner vers l’économie circulaire, c’est-à-dire transformer les rejets des uns en ressources pour les autres. Trois entrepreneurs de la MRC du Domaine-du-Roy ont partagé leur vision de ce concept en présentant des occasions d’affaires.

D’entrée de jeu, Nicolas Gagnon, directeur général du Centre québécois du développement durable, a tenu à présenter la définition du concept d’économie circulaire à la quarantaine d’acteurs économiques présents à l’Hôtel du Jardin, à la fin du mois de janvier, dans le cadre d’un déjeuner d’affaires organisé par la SADC Lac-Saint-Jean Ouest et le CLD Domaine-du-Roy. « L’économie circulaire, c’est un système de production, d’échange et de consommation visant à optimiser l’utilisation des ressources à toutes les étapes du cycle de vie d’un bien ou d’un service, dans une logique circulaire, tout en réduisant l’empreinte environnementale et en contribuant au bien-être des individus et des collectivités », a-t-il lancé, ajoutant que cette définition fait consensus au Québec.

Christian Taillon, de la Ferme Taillon et fils, Mélanie Paul, présidente de Inukshuk Synergie, et Pascal Turcotte, directeur général de la Société de cogénération de Saint-Félicien, ont participé au panel animé par André Benoît, directeur de BioChar Boréalis.

Comment cette logique peut-elle s’appliquer dans le monde des affaires ? Le cas de l’usine de cogénération est un bon exemple, estime Pascal Turcotte, directeur général de la Société de cogénération de Saint-Félicien. « L’usine de cogénération a été mise en place pour valoriser les écorces, qui étaient considérées comme étant un déchet à l’époque », dit-il. Depuis 2000, au lieu d’être enfouies dans le sol, les écorces sont valorisées pour produire de l’électricité. Une bonne partie de la vapeur produite est aussi mise en valeur pour sécher le bois de Produits forestiers Résolu.

Malgré tout, plus de la moitié de l’énergie disponible – assez pour chauffer toute la ville de Saint-Félicien – est rejetée dans l’air, sous forme de chaleur. Selon Pascal Turcotte, cette énergie gratuite pourrait être utilisée pour devenir un moteur de développement écoresponsable, car elle ne produit aucun gaz à effet de serre. L’énergie pourrait être utilisée pour chauffer des serres, des séchoirs multiusagers, pour la fermentation de bioproduits ou encore pour produire des extractibles, ajoute ce dernier. « C’est difficile de mettre de tels projets en place, parce que la mise en place d’un réseau thermique coûte plus cher que de brûler du gaz, dit-il. Ça va prendre plus d’incitatifs pour mettre en valeur les rejets thermiques. »

Une quarantaine d’acteurs économiques ont participé au déjeuner-conférence sur l’économie circulaire.

Autonomie énergétique

Le Québec produit 475 000 tonnes de granules de bois, alors que les Québécois en consomment 150 000 tonnes. La majorité de la production est exportée, alors que l’on importe des millions de litres de mazout. Une hérésie selon Mélanie Paul, vice-présidente de Granules LG et présidente d’Inukshuk Synergie, une entreprise de Mashteuiatsh, car on exporte notre énergie verte, produite avec les résidus des usines de sciage, au lieu de l’utiliser localement.

Pour renverser la vapeur, Inukshuk Synergie souhaite mettre en place des partenariats des systèmes énergétiques dans les communautés isolées du Québec et dans les minières pour remplacer le diesel et le propane. « On veut jouer le rôle d’intégrateur d’énergie, en travaillant avec les communautés autochtones, pour vendre l’énergie aux minières en créant le maximum de retombées sociales », dit-elle.

Nicolas Gagnon, directeur général du Centre québécois du développement durable

Une étude de préfaisabilité a été réalisée pour implanter des unités conteneurisées à la mine Raglan, près de Salluit, dans le Nord-du-Québec, démontrant que le chauffage à la granule peut être réalisé à un coût compétitif, remarque Mélanie Paul, qui est en pourparlers avec des minières pour implanter une unité de démonstration.

Christian Taillon, de la Ferme Taillon et fils, a également souligné tout le potentiel de l’économie circulaire en milieu agricole. L’homme, qui ne connaissait pas l’expression jusqu’à tout récemment, estime que les agriculteurs en font déjà beaucoup en retournant le fumier à la terre, par exemple, ou encore en épandant les boues municipales et papetières, ainsi que les cendres de l’usine de cogénération. Il estime que davantage de maillages doivent être faits pour créer davantage de valeur localement.

Une quarantaine d’acteurs économiques ont participé au déjeuner conférence sur l’économie circulaire.

Présent pour l’événement, Felipe Soto, agent régional du Fonds Écoleader, qui investira 18,5 millions de dollars d’ici 2023, a affirmé que son organisation peut subventionner les entreprises jusqu’à 30 000 $ pour l’implantation de pratiques écoresponsables et jusqu’à 50 000 $ pour l’accompagnement et pour la réalisation d’étude pour l’implantation de technologies propres.

+

UNE CARTE INTERACTIVE DES ENTREPRISES DANS LA MRC DU DOMAINE-DU-ROY

Le CLD Domaine-du-Roy a mis sur pied une carte interactive pour présenter les zones industrielles et favoriser les maillages sur le territoire. On y retrouve les caractéristiques clés dans tous les parcs industriels sur le territoire, précisant entre autres la disponibilité des terrains, leur prix, ainsi que la présence d’infrastructures clés, comme une desserte ferroviaire ou l’accès au gaz naturel. 

Ces données permettront aux investisseurs de cibler rapidement le meilleur endroit pour s’installer et pourraient même convaincre un investisseur majeur de s’implanter sur le territoire, estime Annie Fortin, directrice générale du CLD. 

De plus, on y retrouvera des informations sur 80 entreprises manufacturières, lesquelles ont été ciblées pour la première phase. Ces dernières devront fournir les données sur les bâtiments, les locaux et les équipements disponibles pour favoriser le partage de ressources. D’autres entreprises s’ajouteront à cette carte (carte.clddomaineduroy.qc.ca) interactive.

+

UNE MISSION INTERNATIONALE DE VALORISATION DES BIOPRODUITS

Serdex International, un organisme qui aide les PME à exporter à l’international, prépare une mission de valorisation des bioproduits en Suisse en mai prochain. Le but : maximiser le potentiel des écoproduits issus de la production et de la transformation des secteurs agricoles et agroforestiers. Les participants prendront notamment part à l’important événement nutraceutique Vitafoods et ils visiteront des installations qui utilisent de nouvelles technologies d’extraction des ingrédients actifs.